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S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor]

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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Lun 31 Mar - 9:35

    Le vaisseau l'attendait depuis maintenant trop longtemps et au fond, il l'avait manqué presque comme un frère vous manque après de longues vacances. Combien de temps Tirésias avait-il passé dans cette grosse machine, à parcourir la galaxie pour un ci ou un ça ? Derrière lui, une entrée qui donnait vers le Temple et déjà, il se souvenait de la première fois qu'il était venu ici. L'Ordre était rempli de gens intéressants mais la vie du shistavanéen n'était pas à cet endroit, il y avait tellement de joie dans ces murs malgré les récentes funérailles du Grand Maître, le chevalier avait vu des apprentis qui l'avaient rempli de confiance en l'avenir proche comme lointain et si lui faisait des bêtises inconsidérées, les petites têtes blondes pouvaient sauver la galaxie. Des vrais petits héros et bien qu'il n'avait rien dit pour qu'ils ne prennent pas la grosse tête, l'homme-loup espérait que les novices, les padawans, les autres chevaliers et même les maîtres savaient qu'ils étaient des modèles pour une masse de personnes, qu'ils étaient conscients de leurs grands pouvoirs mais plus encore de leurs responsabilités.

      « - Des responsabilités... Sont bien courageux. Comme s'il y avait encore de la place dans le Fidèle pour des devoirs en plus, héhé. »


    Rire de ça était méchant, stupide et irrespectueux mais le jedi ne se l’interdisait pas, souhaitant juste que personne ne lise dans ses pensées car il était facile de scandaliser une âme sensible et le mieux encore était de partir vite, limiter ainsi les risques de faire une gaffe.

    Un pied sur la première marche, le chevalier était appelé par un collègue qui se pressait de le retrouver, reprenant son souffle comme s'il avait couru autour des jardins toute la journée, c'était donc important. On lui voulait quoi maintenant ? Tirésias tendait la main, voulait croire à un cadeau quelconque pour lui porter chance dans ses prochains périples mais le chevalier en face de lui semblait perdu, incapable de réagir face à la gestuelle de son camarade qui restait blasé derrière le masque. Ça aurait été trop beau.

    ...

    Décidément, le Conseil aussi aimait rire. De marbre devant ses supérieurs, les mains cachées dans les manches, le chevalier ne savait pas comment répondre à l'ordre reçu, du moins le prenait-il ainsi au début avant de le relativiser. Alors comme ça, l'Ordre lui accordait une mission d'une si haute importance, à lui qui était juste de passage sur la planète pour une occasion qu'on n'espérait plus revoir avant longtemps ? L'avoir sous la main n'était pas une tâche simple mais à la moindre invitation de Tython, le jedi aurait accouru, ils n'étaient pas obligés de l'embarquer dans pareille histoire alors que toutes ses bagages étaient faites et que son cœur avait déjà décollé vers un lieu idyllique où il pourrait continuer ses études en solitaire, en bon ermite comme il était.

    Le maître Galore était là, ainsi que le maître Aldozatot et le chevalier Lanse. Tous les trois l'attendaient à la sortie pour se moquer, ayant eux aussi appris à quoi on avait assigné le chien. Salauds va. Les cent premiers pas étaient les plus compliqués, ensuite Tirésias parvenait à ne plus les entendre mis à part pour ce qui était quelques conseils ma foi fort judicieux. On l'avait longtemps entraîné, le Conseil l'avait nommé chevalier et cela voulait dire qu'il en avait la capacité, mais avait-il appris à apprendre ? Pouvait-il faire un bon maître lui qui doutait encore de ses capacités de temps à autre ? Un jedi plus vieux aurait été un meilleur choix. Face à une grande fenêtre qui montrait un soleil se coucher, c'était là une pensée sincère du chevalier qui soupirait alors qu'un sourire parvenait à se frayer un chemin jusqu'à sa truffe. Encore un petit rire, le Conseil savait rire, lui aussi et il espérait que l'inconnu dont on lui avait parlé avait un sens de l'humour bien placé. Là où ils iraient, la bonne humeur pouvait être une alliée aussi précieuse que la Force elle-même !

    ...

    Un pied sur la dernière marche, Tirésias se retrouvait devant les jardins dont les teintes avaient changées depuis le début de la journée. Le spectacle était beau mais il n'était pas là pour peindre une quelconque œuvre, il ne se sentait en réalité pas très artiste aujourd'hui mais peut-être que demain, sur le coin d'un tableau, le colosse se mettrait à reproduire ce qu'il avait vu. Qui sait ? Mais l'excuse de sa présence était une padawan qui ne devait pas être très loin, à moins qu'on l'ait menti et c'était rare qu'on lui mente, le chevalier pouvant être très convaincant lorsque la situation le demandait. Et s'il faisait demi-tour pour croquer le nain tracassin qui l'avait guidé jusqu'ici ? Non... Une présence dans la Force, c'était ce qu'il ressentait et en voyant la demoiselle, il la trouvait très bien intégrée dans le paysage. Un élément du tableau qu'il aurait bien dessiner s'il avait été artiste.

    Le shistavanéen dépassait le padawan de plus d'un demi-mètre, cette dernière était si fine qu'elle paraissait peser le poids d'une plume, un monde de différence avec celui qui restait figé avec ses centaines de kilos qui s'entassaient dans une musculature compressée contre du métal. Elle ressemblait à une enfant, Tirésias se sentait si vieux... A quoi pouvait-il ressembler à cet âge ? La balafre sur sa truffe cachée était déjà là mais c'était peut-être la seule trace caractéristique de son personnage alors que maintenant... Inutile d'être triste, ce n'était qu'une différence et au fond, le chevalier était bien heureux d'avoir progressé avec les ans, ne voulant pas retourner en arrière car après tout, ça aurait pu être pire.

    Elle... Son apprentie. Il se demandait si ce regard couleur miel avait rappelé au Conseil la couleur d'or des yeux de Tirésias lorsqu'il les montrait encore. Si cette gestuelle embarrassée par la tenue avait fait revenir à la surface les images de cet animal escaladant les murs avec arrogance et certitude sur Naboo. Déjà dans sa tête, le chevalier prévoyait une petite garde-robe car une fille, ça a bien besoin de ça, non ? ... Attendez. Mais c'est misogyne de penser ça ! La vérité était cependant là : celle que Tirésias connaissait sous le nom de Akane allait partager son navire spatial quelque fois et une chambre d'ami devait être aménagée. Il fallait aussi... Ranger. Oh m-....

    Bref. En s'approchant un peu plus, Tirésias distinguait l'arsenal de la padawan. Le sabre-laser bien sûr mais également une dague de petite taille, ou du moins d'une taille adaptée à l'enfant, elle-même accompagnée d'un blaster. Qu'avait-il sur lui ? Son sabre-laser caché dans le manche de son manteau brun, un canon portatif et un blaster collé à la cuisse, une dague à la ceinture. Le Conseil avait du percevoir quelques familiarités entre les deux jedis et le choix du maître semblait de plus en plus logique au fur et à mesure qu'il enchaînait les pas pour finir au niveau de la jeune dame vers laquelle il se penchait pour l'observer par les orifices mécaniques de son casque, comme un oiseau curieux alors qu'il était le plus drôle des deux. L'intérêt de la manœuvre était d'approcher ses mains de métal de celles de chaire de l'humaine, pour lui tendre un petit paquet qui laissait un certain fumet se dégager, de poisson fraîchement pêché et cuit, s'alliant parfaitement à l'odeur de pain qui était portée par la vapeur du fourrage de l'aliment.

      « - Vous avez peut-être faim ? »


    Le chevalier n'était pas doué pour entamer les discussions, asocial sur les bords mais déjà, il s'asseyait à côté d'Akane ou plutôt sur le banc le plus proche, comme n'importe quel vieux voulant discuter de choses sérieuses. Sur la place qui attendait la padawan, un sachet contenant des boulettes de céréale là pour se joindre au poisson encore chaud dont la graisse ne débordait pas, absorbée par le contenant. Ça tenait le plat chaud et c'était encore un des meilleurs trucs que l'homme connaissait dans les parages car le nouveau Grand Maître, Dante Garvan, était peut-être un modèle à suivre mais le loup trouvait ses préférences culinaires dès fois dégueulasses. 'Question de goût et de couleur' comme on dit et cette fois-là, il était prêt à entendre dire que les siens étaient mauvais.

    Le Conseil savait parfois bien rire.
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Lun 31 Mar - 19:04


Le Conseil sait bien rire parfois, en effet. Mais pas qu'eux, en fait. Quand j'y repense, cela me donnerait presque l'envie de rire toute seule comme une idiote, au delà du seul sourire enjoué que j'arbore. Et dire que quelques mois plus tôt, quelqu'un m'aurait dit que je ferais partie de l'Ordre Jedi, je lui aurais ricané en plein dans la face. Moi, une Jedi ? Impossible, tu m'imagines vraiment comme un de ces "sorciers" si frigides qu'on les penserait coincés du dos ou quelque chose du genre ? Tu déconnes, hein ? Ouais c'est ça, je me disais bien, c'était juste une blague… un peu vaseuse d'ailleurs, mon gars. Faudrait que tu progresses question sens de l'humour, t'as encore un looong chemin à faire mon grand ! Ces gens qui se croient, parfois, qu'ils savent tout sur tout et qu'ils ont toujours raison ? Non mon vieux, c'est pas pour moi ce genre de trucs ! Mais qu'est-ce que tu as fumé, franchement… c'est ça, tu devrais retourner dans ton plumard, tu vas te faire descendre plus vite que ton ombre si tu te mets à dormir debout ainsi. Ou peut-être que tu deviens sénile, mais c'est un peu inquiétant à ton âge, tu n'crois pas ? Non mais franchement… ce serait comme mettre un Seigneur du Crime à la place d'un type de la justice intergalactique. Ou, encore plus simplement, une renarde au beau milieu d'un chenil de cabots sur-entraînés et triés soigneusement sur le volet.


"Qui l'aurait cru ? C'est juste totalement pas possible, et pourtant…"


Et pourtant, me voici. Oui moi, les pieds sur une planète paumée quelque part dans le noyau, au beau milieu d'une jolie toile de trous noirs voraces, le derrière reposant sur un banc dans un cadre naturel à la fois sauvage et magnifique, dangereux et apaisant. Tython, qu'elle s'appelle, je crois. Les yeux marrons clairs dirigés vers le ciel bleu à peine moucheté de nuages blancs, plissant un peu des yeux devant le reste de luminosité d'une après-midi sur son achèvement, inspirant avec satisfaction la brise tiédissante qui frôle quelques fois mon visage et soulève mes courts cheveux bruns-clair ou blond foncé, comme vous voulez, peu m'importe. Ça me rappelle un peu les plaines de Dantooine… avec beaucoup plus d'arbres, et en un peu plus sauvage en fait. Même si j'avais surtout vécu en ville, je dois bien avoir un ou deux souvenirs d'enfance, de rares fin de semaines en famille. Mais détrompez-vous, je ne farniente pas et je reste attentive à mes alentours. Et devant moi… une espèce de grosse bâtisse majestueuse, avec des colonnes, des terrains d'entraînement extérieurs, et des jardins en lesquels je me trouve, soit une partie du périmètre sécurisé de la planète. Avec un porche pareil, ces colonnades et cette entrée, ça rappelle un peu un de ces lieux de cultes… un temple. Et c'est exactement ce que c'est, un temple grouillant de Jedi, des bambins aux vénérables doyens, toutes espèces confondues. Le Praexum Jedi, et du peu que je sache, le seul quartier général leur restant. Parait qu'ils en avaient deux du temps que je suis arrivée dans l'coin, un autre à l'autre bout de la galaxie. C'est un peu compliqué, mais lors des funérailles d'une ancienne grande patronne de la communauté, ils ont décidé avec son successeur de regrouper les deux entités en un seul lieu. Ça a été plutôt le bazar, avec les deux leaders qui se sont envolés dans la nature, mais ça recommence à se calmer dernièrement… enfin, autant que c'est possible en un temps de guerre plus ou moins ouverte, cela va de soit.

Je vais peut-être paraître un peu sans-coeur, mais je n'ai pas autant partagé la lourde et pesante atmosphère - déprimante - de cette cérémonie mortuaire sans corps. Sans doute parce que je n'étais pas arrivée depuis si longtemps que cela, que je n'ai pas vraiment connu cette personne, même si bien sûr je n'étais pas totalement de pierre non plus. Ne croyez pas que le "chagrin" des autres ne m'affecte pas un peu, je ne pouvais pas compatir simplement… sauf peut-être avec une des apprenties des lieux. Une gamine de dix-douze ans, avec son père sur les lieux… je crois que c'était la fille de la Jedi décédée. Là, encore, je peux comprendre partiellement. Après tout, mon père a été tué froidement sous mes yeux, et ma mère massacrée par mon… kriff, je déteste ce mot, mais le truc qui me servait de "propriétaire esclavagiste". C'est pas un point que j'ai forcément évoqué avec les Jedi, tant qu'ils me posent pas de questions avec le dos dans le mur, j'en parlerais pas. Ça ne les regarde pas, et c'est pas quelque chose dont j'aime me rappeler et encore moins en blablater trop longtemps. J'ai pas eu beaucoup d'affection pour mes parents, mais bon, c'étaient mes vieux quand même, aussi blâmables soient-ils. Après tout, c'est à cause du paternel que j'ai autant touché le fond, pendant presque un an et demi… J'ai jamais dit que mes géniteurs étaient des saints, pas plus que moi d'ailleurs, et j'assume. Cela peut paraître froid et brusque de ma part, on peut me jeter tous les regards noirs du monde, mais je refuse d'être hypocrite, c'est le fond de ma pensée.

Enfin, changement de sujet, j'ai pas envie de me déprimer là-dessus. Ça sert à rien, en plus. Le sourire aux lèvres, j'observe avec calme toute la populace qui fourmille dans les environs. Je me sens encore un peu étrangère à eux, mais p't'être qu'un jour ça sera plus le cas. On verra bien. C'est ça, l'assimilation à une culture qu'est pas la sienne à l'origine… voire même aux antipodes de celle dont on vient. Je m'adapte et je m'intègre encore lentement… mais sûrement, sans doute. Peut-être… qui sait ? Je fais ce que je peux en tout cas. C'est pas vraiment le genre de choses qui se font en un claquement de doigts, ou qui tombent toutes seules du ciel, surtout pour une relativement récente arrivante telle que moi. Je grommelle doucement en baissant les yeux sur ma tenue. Franchement… j'ai l'impression de flotter là-dedans, ça me rend trop sérieuse et coincée. Avec ce temple au devant, on pourrait presque croire que je vais devenir une moniale. Garder l'air grave et sérieux, un visage inexpressif et la sérénité… non mais sérieusement, comment ils font ? Doivent avoir des crampes à la longue, non ? Peut-être que je comprendrais, à la longue… mais pas encore. Au moins ils ont accepté que je prenne du brun, parce qu'en blanc, ça aurait pas du tout refléter ce que je suis : une sainte nitouche absolument parfaite et sans reproches. Heu… erreur sur la personne, vous avez fait un faux numéro si c'est le cas. Je suis certes pas fière de ce dont je reviens, mais je ne suis "pas" une madame-parfaite. Certains des élèves les plus disciplinés et savants me regardent avec des yeux ronds parfois, avec mon caractère, mon franc parlé, mon langage un peu populaire c'est vrai… et mon ignorance totale sur des trucs qu'ils jugent de "connaissance générale". Excusez-moi si je ne suis pas un singe savant, une intellectuelle ou une montagne de muscles. Je suis imparfaite, je sais, avec plein de trucs à travailler, je sais, un tempérament à surveiller, je sais… bla bla bla. Mais laissez moi le temps de m'adapter, vous voulez bien ?!

Sans pourtant rien perdre de mon sourire, je repense à la journée qui vient de se passer. En soit, plutôt bonne, c'est pour cela aussi que je suis de si bonne humeur malgré mes grommellements internes sur des sujets sensibles. C'est un peu le train train habituel : des exercices physiques, un peu d'escrime, des cours théoriques et culturels, du maniement de ce truc qu'on appelle la Force… sauf que je suis l'une des plus âgés du groupe des Initiés. Parait que c'est pas tous les jours que des gens pas bambins gagnent les rangs de leur Ordre. Enfin… les gamins sont doués, je dois l'admettre, au point que c'est parfois frustrant de se sentir à la traîne sur certains exercices. J'ai fait des efforts pour améliorer mes compétences balbutiantes, et si je suis encore un peu en retard, je me suis vachement rapproché de la moyenne quand on sait depuis quand je suis là. Je me débrouille pas trop mal au sabre, mais les gamins là depuis plus de temps me battent sur les aspects techniques du combat Jedi. Les exercices de Force, j'aime bien… quand j'arrive à les comprendre et qu'ils me résistent pas trop. En général je m'en sors bien du peu que je connaisse, mais je suis pas la plus patiente des élèves alors parfois ça me gonfle, je perds ma concentration et résultat je peux me planter sur des trucs un peu plus subtils. Ma patience, je sais, va falloir que je la travaille. Par contre… il y a un truc que franchement j'adore : la méditation ! Ça peut sembler bizarre, mais c'est génial ce truc une fois qu'on pige comment ça fonctionne ! Bon c'est un peu aléatoire parfois sur la durée et l'efficacité en ce qui me concerne, mais ça m'intrigue alors je l'améliore de jour en jour. Ça m'aide à rester calme… ou au moins un peu plus que d'ordinaire. Ces derniers mois j'ai pas mal avancé, jusqu'à avoir apparemment un niveau suffisamment correct pour passer à l'étape suivante sans me faire recaler. Enfin, ça je l'ai appris il y a quelques minutes à peine. C'est pourquoi je suis plantée là, figurez-vous. On m'a dit d'attendre quelqu'un ici, alors… j'attends. Très bêtement.


- Me demande qui va être "l'heureux élu" qui va s'occuper de mon cas. J'dois avouer que je m'y attendais pas des masses.


Je me demande en effet de quel bois il sera fait. J'ai déjà une idée des types de Jedi qui m'insupporteraient comme professeurs. Je dois admettre que j'ai pas forcément un caractère facile, et qu'ils sont prudents quand on sait de quoi je reviens. Puis bon, j'ai pas exactement le profil "type" intéressant de potentiel apprenti, alors j'ne serais pas si surpris que ça que l'on m'ait plus ou moins attribuée arbitrairement à un prof disponible. Même si je fais ce que je peux pour ne pas me faire trop remarquer, j'ai encore un peu de mal à me plier aux règlements. Depuis que je suis passée par l'étape "esclavage", suivie du pallier "vie dans les rues", j'ai un peu de mal avec tout ce qui est réglementation. J'ai mémorisé les grandes lignes du Code Jedi, sûr, mais c'est parfois un peu plus facile à dire et à retenir qu'à appliquer. Pas que je sois insolente, vraiment. Juste que j'ai moins de "self-control" ou de sang froid que mes semblables, j'apprends encore là-dessus, et ma personnalité ne m'aide pas. Et je n'aime pas rester enfermée trop longtemps à l'intérieur, pire encore dans une salle, sans rien faire "activement". Je peux passer quelques heures bien sûr pour étudier un peu, mais franchement l'érudition c'est pas mon fort. Pas que je sois bête, je suis même plutôt intelligente… juste pas encore très patiente, je suis une pile électrique débordante d'énergie à dépenser et qui ne tient pas en place si elle n'est pas évacuée suffisamment. Il faut que je m'occupe, physiquement au mieux. Spirituellement sinon, ou mentalement au pire, mais il faut que je fasse quelque chose. L'inactivité et l'ennui me répugnent… ça m'a poussée à faire des exercices solo hors cours comme je pouvais, ou aller un peu dehors dans mes temps libres. J'ai pas d'endurance, je suis pas très forte, mais j'ai besoin d'évacuer cette énergie.


"Je sais, la patience est une vertu, que je dois exercer et améliorer… mais quand même. Surtout que je sais absolument pas qui je dois attendre ici…"


J'ai du mal avec le couvre-feu parfois, quand je me suis pas assez dépensée dans la journée. La tentation est grande d'aller explorer, dans les ombres et au calme, cette immensité de couloirs ou respirer l'air frais du ciel nocturne. Surtout quand je suis rappelée à mes lacunes et ma méconnaissance de certaines choses connues galactiquement. C'est vrai, je m'attendais pas à ce qu'on puisse donner une deuxième chance de reconversion, à une ancienne voleuse des rues telle que moi, mais finalement je suis plutôt contente. Même si je reste méfiante par nature, mes nouveaux pairs ne sont pas si désagréables que ça… certains peuvent même être très cools. Non, vraiment. J'espère qu'avec un peu de bol celui qui va se charger de moi rentrera dans ce groupe. Force, je ne suis vraiment pas à l'aise dans ces vêtements, même après plusieurs mois. Mais c'est celle réglementaire au Temple, alors je m'y plie tant bien que mal. J'ai déjà réuni mes affaires dans un sac - j'ai juste le nécessaire au quotidien - que j'aurais juste à choper au vol, et j'ai pris sur moi les quelques possessions personnelles qu'il me reste… par exemple, surtout, mes armes d'ancienne profession. À savoir, outre le sabre-laser récent, mon pistolet-blaster DL-18 dans son holster usé, et une de mes deux dagues reposant sagement dans sa gaine. L'autre se trouve dans mon sac, avec le reste de mes maigres mais suffisantes affaires. Certains profs disent qu'il va falloir me cadrer, surtout, pour que je puisse progresser. Que j'ai du potentiel, mais encore à l'état brut et qu'il faut m'inculper la technique, la théorie et les connaissances qui me font encore défaut au fur et à mesure. Ah, et aussi travailler sur ma patience et mon caractère, mais ça vous le savez déjà… ils ont parlé d'un truc aussi sur le manque de diplomatie. Ah bon ? Étrange… je suis franche, pourtant, et très claire quand je dis quelque chose. Je dois manquer un truc, sans doute.

Enfin bref, je crois que va falloir revenir aux affaires et au présent. En effet, j'ai l'impression de sentir quelqu'un approcher, dans ce nouveau plan que j'apprends chaque jour à connaître mieux. Reposant mon regard brun vers l'horizon direct, je vois une imposante silhouette se porter dans ma direction. Et ben… c'est un géant, surtout que je ne suis pas bien grande non plus. Pourtant pas intimidée pour un sou, pas irrespectueuse pour autant bien que je reste sur mes gardes par réflexe, je porte mon regard presque ambré vers lui, vif et attentif. Bon, il porte la tenue habituelle, et au vu de sa présence ça peut être qu'un Jedi. Je ne sais pas encore bien distinguer les Maîtres des Chevaliers, mais si je devais faire une estimations grosso-modo de ce que je ressens, je pencherais plus vers le second cas. Enfin, je peux me planter, alors je vais essayer de faire gaffe à ce que je dis… essayer, je dis bien. Sa silhouette globale me rappelle bien cette race particulière des "hommes-loups" au nom un peu complexe, j'en avais vu parfois dans mon ancienne existence en des lieux et milieux pas recommandables. Il EST grand, rectification, presque moitié plus grand que moi, et il semble avoir plus le type "guerrier". Je sens son attention se porter sur moi, de même que je l'observe de mon côté sans ciller en dépit de son apparence. Oh… je m'attendais pas vraiment à ça, et c'est pas en mal au contraire. Un drôle de personnage, pour le drôle d'oiseau que je suis aussi. Ça pourrait bien être marrant. Je remarque qu'il semble bien armé aussi, et rentre dans la catégorie des cyborgs, êtres vivants avec des implants mécaniques. Parfois par choix personnel, parfois… parce que pas le choix pour rester debout et marcher encore un peu. Mm. Mais ça me regarde pas, juste ça surprend un peu. C'est pas courant, ces gens-là.

Alors qu'il s'approche - j'allais songer à me relever pour réduire l'écart de hauteur, autant éviter le torticolis tout en pouvant le regarder droit dans les yeux - je le surveille attentivement, chacun de ses gestes… avant qu'un petit paquet ne se retrouve entre mes mains, déposé par ses propres mains de métal. Un étrange fumet s'en dégage, pas désagréable pour autant… un truc pour sûr, y a un truc au poisson dedans. J'ai passé assez de temps en cuisines sur Dantooine chez le… enfin bref, vous savez qui, pour savoir distinguer les odeurs principales des épices et de pas mal d'ingrédients. Mm… ça sent les céréales aussi, une en particulière que j'ai déjà du sentir une fois ou deux… mais impossible de me rappeler de son nom sur le moment. Oh et puis zut, ça me reviendra plus tard, c'est pas important. Mon attention reste concentrée sur l'étrange personnage qui me fait face. On m'avait donné son nom, mais un peu rapidement alors faut que je m'en souvienne… Tirésias quelque chose. Kriff, c'est son nom dont je devrais me souvenir, sinon je vais encore passer pour l'impolie de service. Mm… vite… ah oui ! Liffey, voilà ! Et chevalier, je crois… enfin bref, il y a de fortes chances que ce soit lui qu'on ait choisi pour me former. Ok, alors je suis censée faire quoi avec cela ? Un pic-nic ? Bon, je dois admettre qu'il m'intrigue un peu, c'est pas commun ce genre de Jedi là. Ceux qui m'ont "coincée" dans les ruines de Dantooine - faisant sauter mon dernier contrat - et trimballée ici avec mon accord en tout cas étaient plus… comment dire… "classiques". Un peu fades et distants même je dirais, même s'ils n'étaient pas antipathiques pour autant. Juste… d'un monde différent du mien.


- Vous avez peut-être faim ?


Ok… j'avoue que c'est pas l'entrée en matière la plus généralissime que j'ai vu. Mais bon, je devrais me la fermer car les miennes ne sont pas forcément mieux avec ma franchise brusque. Une de mes plus belles "perles-boulettes" était lorsqu'un Initié un peu fermé d'esprit m'avait fait une remarque critique sur la gestion de mes émotions, en sous-entendu mon âge avancé et reproché d'être trop "vivante". J'avoue, j'étais et je reste un peu susceptible parfois, et je manque de subtilité. J'aurais du réfléchir un peu avant de lui répondre au tac-au-tac, le regard dur et un sourcil haussé. Ça m'est sorti avant même que je ne puisse y songer à deux fois, un truc dans les lignes de "Ah ? Je ne savais pas que l'Ordre recrutait uniquement des morts-vivants ou des droïdes. Il ne me semble pas, pourtant. Pas exclusivement, en tout cas." Diplomatie, zéro pointé, je sais. Enfin tout ça pour dire que ça me dérange pas plus que ça. Mm, l'heure est assez avancée, mon odorat m'indique que ça semble comestible et peut-être même correct, et je suppose que ça ne serait pas très cool de ma part de laisser ça en plan. Et même moi je sais que, tant que c'est pas un piège ou empoisonné, c'est franchement pas sympa de refuser un truc qu'on vous offre. Bon, je m'y attendais pas exactement, mais pourquoi pas. L'observant s'asseoir - comme un de ces vieux profs qui veulent mettre l'ambiance "discussion sérieuse", mon vieux faisait pareil et ma mère j'en parle pas - sans être intimidée pour un sou je gagne la place qui semble m'avoir été laissée, si ça peut aider à lancer la discussion. Parce que bon, on va pas attendre la tombée de la nuit pour lancer la discussion. J'essaye vraiment de rester sérieuse et de faire preuve d'un semblant de tact ou de parlé un peu "réglementaire", mais c'est pas évident. Et bah… ça a pas l'air d'un social, lui non-plus. Ouvrant le paquet avec un bref signe de tête de remerciement, sans le quitter des yeux et surveillant avec attention ses gestes. Vieux réflexe qui ne me quitterait pas de sitôt, je pense. Avec prudence, j'inspecte rapidement la nourriture du regard et de mon odorat, avant de me risquer à goûter une bouchée.

Bon c'est pas le plat le plus délicieux que j'ai jamais mangé - ma mère était assez bonne cuisto et je me débrouille bien moi-même - mais c'est mangeable et plutôt correct. Nettement meilleur en tout cas de ce que j'ai pu me rassasier du temps de ma servitude contrainte chez "l'autre guignol" ou plus encore dans les rues. Bon, je ne suis pas la plus loquace de nature, mais si personne prend le relai on va pas avancer. Et j'aimerais bien savoir un peu plus à quel type de personne j'ai affaire. Propre à mon naturel habituel, un léger sourire confiant en moi aux lèvres, je prends alors la parole d'une voix calme, assurée, avec cette "délicatesse" des miennes :


- Merci. Vous êtes sûr de ne pas vouloir partager ? Pas que ce soit mauvais, mais bon je demande au cas où. J'imagine que c'est à vous que le Conseil m'a assignée. Moi, c'est Akane. Enfin, Akane Edor. Enchantée. Commencez par le bout que vous voulez, ça me dérange pas. Et si vous avez des trucs à me demander, posez-les. Si y a des trucs que je dois savoir, pareil, hésitez pas.


Ça peut sembler un peu abrupte, mais je ne pense pas à mal. Je veux pas sembler irrespectueuse, juste que je suis franche et j'ai encore du mal à jouer avec les subtilités. Encore moins quand je connais quasiment pas la personne en face, j'en reviens toujours à mon réflexe de réponse directe… et parfois manquant de tact. J'ai envie de tester la température, juste pour savoir comment il fonctionne lui. Il a pas l'air d'être un type mauvais, mais je suis toujours prudente, s'il y a bien une chose que la vie m'a apprise, c'est cette leçon là. C'est peut-être un peu brusque comme entrée en matière, mais je verrais selon sa répartie et sa réaction comment ajuster le tir au besoin. Franchement, j'ai pas envie que cela se passe mal. Loin de là, juste que je veux être sincère et comme je disais, mon franc-parler, je l'assume. Et surtout, bon, fallait bien lancer la discussion, non ?
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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Mer 2 Avr - 6:55

    Le chevalier pensait trouver son apprentie sur les lieux parce qu'il s'agissait d'une habitude mais visiblement, elle était davantage embêtée qu'autre chose, probablement forcée de l'attendre et le fait d'arriver en retard transformait le grand chien argenté en petit lapin blanc gêné, souriant derrière son casque en l'inclinant, discret, pour signifier ses milles excuses de cette arrivée qu'il aurait du peut-être avancer en courant comme son confrère tout à l'heure qui s'était esquinté afin de rattraper à temps le shistavanéen qui au final ne lui avait pas rendu la politesse, voguant presque calmement d'un lieu à l'autre, lieux qu'on lui indiquait et qu'il prenait subitement comme destinations mais jamais, au grand jamais, en se pressant. Les gens pressés meurent vite, la vie se presse tout comme eux et en vue de son état, Tirésias devait croire secrètement que son train-train paresseux allait lui laisser quelques belles années supplémentaires devant lui. Souvent il entendait dire que certaines choses arrivaient en temps et en heure, il n'y avait plus qu'à espérer qu'Akane soit de ce genre bien que le doute était omniprésent sans être dérangeant, tout juste un aspect en plus à la padawan dont la personnalité prenait encore du relief pour le plus grand plaisir de la bête au pas lent et minutieux.

    Répondre dans l'ordre était le maître mot de Tirésias qui fixait quelques instants en face de lui, comme perplexe quant à ce qu'il devait dire. Tout ? Être honnête avec la demoiselle, tenter de la soumettre était une idée comme une autre et un conseil qu'il avait reçu pour contrer la mauvaise foi de l'humaine mais intimement, n'importe qui l'ayant vu savait que c'était peine perdue ou du moins, qu'il y avait mieux à en tirer autrement. Un plan où les deux avaient à gagner, pas moins certainement qu'avec les idées de Galore, et de meilleures chances pour une relation amicale future. Le chevalier savait comme il était dur d'être esclave, sa propre famille avait fuie ses contrées d'origine pour cela et maintenant, le descendant des Liffey devinait que sa nouvelle partenaire avait ce point commun également avec lui. Sa petite méfiance, encore une de ces choses qui faisait bien rire intérieurement le jedi. Pour ce qui était de la politesse et du tact, le temps n'était pas pressant et la leçon pouvait encore être reportée, pour l'instant seules les présentations comptaient et bien entendu, l'humaine faisait le premier réel pas, dévoilant sans le vouloir une pile électrique.

    Trop pressée, vraiment trop pressée...

      « - Tes pensées te trahissent, jeune padawan, mais sache que j'apprécie cette fraîcheur présente dans ton esprit. Ici et dans n'importe quel lieu où nous pouvons croiser des membres de l'Ordre ou ses alliées, je te propose de m'appeler 'Maître' pour respecter le protocole et en toute circonstance, tutoie-moi. »


    Trop brusque quant à lui, sûrement trop brusque si on considérait l'histoire d'Akane mais dans les paroles du chevalier, aucune méchanceté, juste un code à respecter qui paraissait même l'embêter autant que sa nouvelle protégée. Du coin de son œil cybernétique, Tirésias semblait avouer une certaine gêne facilement compréhensible qui ne transformait dans un même temps la phrase qu'il venait d'annoncer en une autre plus semblable à ceci : Nomme-moi 'Maître' que si tu y es obligée mais autrement, évite un maximum. C'était la même réaction qu'un homme qui voulait éviter les 'monsieur' par-ci et les 'monsieur' par-là, la réaction normale d'un homme se voulant à tous les coups plus jeune que ce qu'il était vraiment.

    Plus tôt, Tirésias avait parlé des pensées de l'humaine et en somme, l’entraînement avait commencé sans même qu'elle soit prévenue. Il était d'une importance capitale qu'elle puisse contrôler son flux intérieur, exercice nécessaire à la télépathie qu'elle manipulait déjà, du moins c'est ce que pensait le loup qui admirait la tendresse après le manque de confiance. A manger ? Encore une bonne occasion d'inspecter ses capacités sans lui dire !

      « - Moi, manger ? Tu penses que j'en suis capable ? »


    Effectivement : aucune interstice pour enfoncer de la bouffe dans la gueule du maître qui ne voulait pas déjà dévoiler son visage. Si elle parvenait à lui dire qu'il mentait et qu'il en était capable contrairement à ce qu'il insinuait, ou si elle avait la présence d'esprit de se souvenir de la cérémonie qui s'était déroulée plus tôt dans la journée où elle avait peut-être aperçu l'homme, le professeur pouvait la récompenser simplement en acceptant de partager ce repas bien qu'il avait déjà mangé un peu avant d'arriver. Sa boulette de pain et de poisson à lui, il l'avait gobé afin de pouvoir rester sans visage face à la petite, réservant précieusement cette surprise.

    Tic-tac-tic-tac... Dix secondes encore. Coïncidence ?

      « - Tu as dû entendre mon nom : je me nomme Tirésias Liffey et j'ai été élève du maître Galore et du maître Aldozatot. Je suis vieux autant que tu es jeune, je suis un homme autant que tu peux te considérer comme une femme. J'ai un père et une mère. Mon père était impatient et nerveux, un homme d'affaire remarquable mais féroce, et ma mère était une femme aimante aussi loin que je m'en rappelle. J'ai surtout hérité de mon père à la base je dirais. »


    Tirésias racontait sa vie, oui c'est vrai, mais au moins la demoiselle n'allait pas se poser des questions là-dessus ou s'imaginer qu'il était fils de pirates ou fils de morts comme beaucoup d'autres de ses frères. La guerre était sale et longue, certes, mais elle épargnait certains foyers, c'était immoral et c'était comme ça. A qui la faute ? La grande Mort a toujours été assez vigilante, inutile de lui tenir la faux, un jour le chevalier lui-aussi pourrait dire qu'il a pleuré sur ses géniteurs disparus mais déjà que ce n'était pas dans les habitudes des Liffey à la famille éparpillée, Tirésias relativisait toujours assez vite au point d'en devenir macabre lorsqu'il discutait à propos de ses camarades tombés, la normalité dans le décès dans ses discours en titillant plus d'un.

    Était-ce utile de lui dire qu'il était né dans un vaisseau et que son lieu de naissance était plus proche de l’Abîme que de la lune d'Endor comme le disaient les dossiers ? Là n'était pas un mensonge, le crash du véhicule familial avait probablement donné un coup de pouce à la louve à expulser l'enfant qui s'en était bien sorti si on voyait les circonstances. Planète presque primitive, loin de tout, un vaisseau en feu comme abri pour un enfant, tout ça... Non non, le shistavanéen était quelqu'un de réellement chanceux, on pouvait dire tout ce qu'on voulait, c'était son point de vue et il continuait à le maintenir en prolongeant son histoire après dix secondes de pause.

      « - J'avais 14 ans quand le maître Galore m'a retiré de ma planète et je me suis collé à lui pendant trois ans avant de changer de partenaire il me semble. Le temps pour le Soleil Noir, cette bande d'esclavagiste, de disparaître pour de bon, non ? C'est comme ça que j'ai intégré l'Ordre. »


    Ah oui, c'est vrai, Akane n'avait pas une excellente culture générale alors les événements devaient lui être inconnus. Dommage ! Ça aurait pu lui servir à devenir l'âge de son maître qui levait un peu les yeux au ciel, enfin si on pouvait nommer ça yeux, comptant mentalement une fois encore la dizaine de seconde habituelle. Assez pour réfléchir, assez pour tenter de répondre, pas assez pour le faire.

      « - Ils ont eu du mal au début d'après mon maître. Je ne restais pas sur place, je fuguais la nuit presque et je n'en faisais qu'à ma tête. Avec mes quelques bêtises, ma cleptomanie devait être ce qui exaspéra le plus Galore à l'époque, héhé. »


    Le mot était mal choisi, ce n'était pas une maladie mentale réellement, ni même un besoin compulsif de voler mais juste celui d'emprunter des choses pour les étudier par la suite et bien souvent, le chien les rendait ! Quoiqu'à presque trente ans, il gardait dans son sabre un cristal qu'il avait volé et un manteau qui lui servait plus jeune de couverture, le vêtement de l'humain qui l'avait éduqué dans l'Ordre. Cela devait expliquer le côté un peu rafistolé de la chose, donnant des airs de bien-heureux au maître de la padawan assise qui se décidait enfin de lui accorder un regard. Tirésias ne faisait que parler de lui, mais elle lui avait donné l'autorisation d'avoir quelques informations alors pourquoi pas ? Ça pouvait être tout aussi intéressant et l'impolitesse était de consulter un dossier, habitude du loup qui n'en avait pas eu la marge car la réunion avec le Conseil et puis l'élève était trop rapprochées. Le cyborg pouvait consulter à distance si l'envie le prenait mais étrangement, il s'y refusait. Comme c'était la première fois que le Conseil lui mettait quelqu'un entre les pattes, il ne savait pas comment réagir alors cela l'amadouait, le calmait dans sa hargne et l'honnêteté entre eux-deux, entre le maître et l'élève, était un point tout à fait intéressant car après ces premiers essais, l'homme n'était pas plus gêné qu'avant ou plus énervé d'avoir raté son vol. La vérité devait adoucir ses mœurs...

    Bien bien bien... L'humaine n'avait pas l'air très diplomate et ce genre de personne était généralement renfermé, c'était le moment de vérifier ce cliché et Tirésias cherchait déjà un moyen d'évoquer le passé de la fille maintenant, profitant du temps où elle mangeait et n'était pas trop énervée d'être bloquée, assise là avec l'imbécile heureux qu'il était. L'observant manger comme un visiteur d'un zoo intergalactique observant une drôle de bestiole dévorant un drôle de fruit, les indicateurs de l'emmerdeur lui indiquait un rappel : les dix secondes étaient passées.

      « - Et toi, dis-moi ce que tu voudrais que je sache à ton sujet. »


    Tirésias insinuait qu'il savait déjà quelques points du personnage mais ne développait pas plus. Bien entendu, on ne pouvait pas parler d'une montagne d'informations mais lorsqu'on lui avait dit qu'il aurait une élève, l'assemblée avait eu la gentillesse de préciser certaines éléments essentiels, le nom et le reste en gros. Un peu comme si on lui avait confié une carte d'identité à partir de laquelle il devait tout deviner mais faire un bluff et faire semblant de tout savoir pouvait aussi rendre la belle plus bavarde, espérons-le.

    Tic-tac-tic-tac... Seulement quatre secondes, pour la prendre à la gorge métaphoriquement bien entendu.

      « - Mais surtout dis-moi comment tu vois ton passé aujourd'hui et comment tu imagines ton futur. »


    Le futur... Un sujet compliqué qu'il aurait préféré éviter mais on ne peut pas tout avoir dans la vie ! La plus grande balafre dans son esprit en cet après-midi était l'idée du départ mais plus pour elle que pour lui. Avait-elle des camarades auxquels elle tenait comme n'importe quel élève du Temple de son âge ? N'y avait-il pas un seul grain de peur dans sa caboche quant à un exode dans la galaxie, d'un bout à l'autre de celle-ci surtout que l'apparence du chien indiquait à quelques uns une vérité vraie, celle qui disait qu'il se baladait souvent à la frontière connue de la Bordure Extérieur là où on a tendance à se retrouver facilement dans la mouise.

    Au pire, elle était encore une gentille petite élève alors elle pouvait trembler, ça l'arrangeait. D'un côté, il avait une leçon toute prête pour ce sentiment un peu dérangeant et de l'autre, sa paresse l'invitait à rester au sol et à profiter un peu des lieux. Déjà, Tirésias tentait de s'imaginer un jour ou deux en sursis ici, à embêter Maître Vulu avec des disputes sur l'Art ou encore avec des cours privés de musique où le poilu allait encore faire exprès de l'embêter avec une gestuelle incongrue. Il fallait être patient, toujours, et même si ça agaçait l'humaine d'avoir préparé toutes ses affaires, tant mieux, cette troisième leçon n'en serait que plus intéressante.
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Jeu 3 Avr - 13:03

(HJ Par avance, pardon encore pour la longueur. J'ai essayé de couper, mais je ne vois pas où tronquer… bonne lecture et MP si je dois éditer un truc HJ)


Pour être franche, je n'étais pas aussi vive et impatiente que cela, avant. Peut-être un peu, c'est vrai, mais pas à ce point là. J'avais plus de patience, il a bien fallu que je supporte les longues heures des cours du cursus scolaire basique de tout citoyen galactique alpha. Ce sont des années que ma mémoire a en parti occulté de ma pleine volonté - pour ne pas rouvrir de vieilles et profondes blessures, de ces choses que je ne pourrais jamais retrouver - mais il me semble que j'étais bonne élève. Je ne travaillais pas beaucoup, mon intelligence me suffisait pour retenir les grandes lignes capitales sur le long terme, et les détails ornementaux sur le court terme. Cela me suffisait à obtenir des notes respectables pour passer les examens réguliers. Si j'avais un peu forcé à l'étude, j'aurais pu me retrouver parmi les premiers de promotion, mais ce n'était pas ce que je souhaitais, contrairement à ma soeur aînée Onis. Je voulais vivre et profiter de ma vie de jeune fille, m'amuser autant que possible en compagnie de mes amies et amis, avoir un petit ami… années si douces, pleines d'innocence et totalement peu intéressées aux faits de guerre qui se déroulaient sur nos têtes, jusqu'à ce qu'ils nous tombent dessus. Je ne prenais pas tout mon temps, mais je ne me pressais pas non plus, j'étais juste une fille comme les autres qui ne se préoccupait pas de son avenir. Je vivais au présent, et je jetais de temps à autres un petit coup d'oeil sur le futur qui m'attendait à bras ouverts, avec un peu d'efforts de ma part. Mon regard n'allait ni vers le court, ni vers le long terme, il ne s'intéressait qu'à mes alentours stricts. Avec la moi de maintenant ? Presque le jour et la nuit. J'étais beaucoup plus disciplinée et savante en ces temps là, avant que ne viennent l'esclavage et la vie dans la rue. J'ai du désapprendre beaucoup de points théoriques sur le monde et la galaxie, pour en apprendre d'autres comme la survie. J'ai cessé de réfléchir, le jour où mon père a été descendu. J'ai commencé à agir par instinct, celui où les esclaves se sont rebellés contre notre propriétaire, après la mise à mort de ma mère et la disparition de mon frère cadet.

Et devinez-quoi ? Je ne regrette rien. Absolument rien. Ce qui a été fait, est fait, point barre. Bien sûr, je ne peux pas dire que je ne garde pas un peu de rancoeur envers l'Empire, et un brin de ressentiment envers notre esclavagiste de bourreau, sur Dantooine. Mais il faut aller de l'avant, c'est une autre chose que j'ai appris dans la rue. Ne jamais cesser d'avancer, ne jamais s'arrêter… et ne pas trop tarder, non plus. Celui qui tarde trop, risquerait de perdre une opportunité en or en ce monde, dans lequel elles sont particulièrement rares. Qui se montre trop paresseux et inattentif prendra de satanés risques d'être descendu et plombé sur place, à moins d'être très bien équipé ou de disposer de connaissances, ou d'une réputation suffisantes pour dissuader les éventuels envieux et autres ennemis. J'ai perdu nombre de connaissances, et quelques compétences, depuis mes seize ans, mais pour en acquérir d'autres ou commencer à me porter vers d'autres. Tout ce que je sais, c'est qu'au moins je suis encore vivante, libre qui plus est, et que j'ai une chance de remonter la pente. Et je suis tout à fait partante pour la tenter, cette chance, on verra bien où elle me mènera, cette "Force". Espérons juste que ce ne soit pas en bateau. Je suis étonnée de le voir incliner sa tête comme pour s'excuser. Il me faut bien deux minutes pour faire le lien du pourquoi de ce geste, avant d'être surprise de ce fait même. Je ne suis pas encore habituée à ce que les gens s'excusent - sincèrement qui plus est - envers moi, surtout quand c'est en partie à cause de ma propre impatience. Sans rien n'en montrer sur mon visage garder calme, ouvert et souriant, je me recentre sur ses propos comme il reprend :


- Tes pensées te trahissent, jeune padawan, mais sache que j'apprécie cette fraîcheur présente dans ton esprit. Ici et dans n'importe quel lieu où nous pouvons croiser des membres de l'Ordre ou ses alliés, je te propose de m'appeler 'Maître' pour respecter le protocole et en toute circonstance, tutoie-moi.


Mes pensées ? Oh Kriff… j'oubliais. Je ne suis pas encore exactement habituée à ce… plan des choses. Mais avant que je ne puisse réellement tiquer sur ce point, un autre prend le dessus en importance dans mon esprit : cette fichue convention d'appeler ses supérieurs des Maîtres… oh que cela avait pu me faire grincer des dents les premiers temps que je suis arrivée sur les lieux. Je sais que c'est dans la réglementation, mais j'ai du mal avec ce point. Les profs ont bien pu insisté que là c'était à comprendre dans le sens d'instructeurs et de discipline à ces derniers… dans ma tête je restais braquée sur le sens premier du mot, celui de propriétaire… donc d'esclavagiste, et moi d'infériorité à eux. Je n'avais pas envie de me sentir à nouveau en un rapport d'infériorité et supériorité. Je sais qu'il y a des hiérarchies à respecter, je le ferais, mais le mot "Maître" me fait tiquer. Force, même quand j'étais gamine, c'était à l'école primaire que j'appelais mes profs "Maître" ou "Maîtresse" ! Ça me fait un peu bizarre, même en ce sens, de devoir m'en resservir mais soit… je vais devoir m'y résoudre, on dirait. Je promets pas que je le fasse de bon coeur dans l'immédiat par contre. Cela dit, la suite de ses propos m'apaise un peu plus, outre ce que j'arrive à voir en l'observant dans son attitude en dépit de sa façade neutre. Ça n'a pas l'air de lui plaire plus qu'à moi, pour une raison que j'ignore encore. En plus, il me concède le tutoiement… je pense que c'est un compromis sur lequel je peux m'arrêter, effectivement. Même si le protocole me hérisse un peu le poil, je dois le respecter si je veux avoir une place ici, alors je m'y plierais du mieux que je puisse. Le tutoiement me fera un peu bizarre, mais c'est pas désagréable et ça je peux m'y habituer, je pense. Je répond alors avec simplicité :


- Compris. Je garderais ça en tête… Maître Liffey.


Maintenant, la question de mes pensées…. qu'est-ce qu'ils avaient dit, déjà dans les cours de maniement de la Force ? Ah oui, veiller à ne pas laisser son esprit trop ouvert. Comment on fait ? C'était quoi la représentation mentale que je m'étais faite pour mieux comprendre le principe assez complexe pour moi qui, avant, n'avait jamais eu à m'en préoccuper ? Ah oui ! Merci mes vieux cours restés, de manière éparse et incomplète, ici et là dans des recoins de mon esprit. Mes yeux ambrés se font distants pendant quelques secondes, alors que je me figure mentalement des murs entourant mon esprit, essayant de les rendre aussi solides que je le puisse à mon niveau et de les garder constants comme tels… pas si simple, surtout que je sais que ça doit devenir du machinal, inconscient au final. Je finis par reporter mon attention vers lui, tout en veillant à préserver ces "boucliers" autant que possible pour filtrer mes pensées. Je fronce légèrement mes sourcils alors que je l'observe avec minutie. Sa tête m'est un peu familière, mais pas exactement comme telle. Où est-ce que je l'ai déjà vu… ?


- Moi, manger ? Tu penses que j'en suis capable ?


Mm, intéressant. C'est vrai, au vu de ce masque sans orifice qu'il semble porter, la tâche semblerait impossible. Ce problème sans solution m'intrigue, surtout que mon intuition ne semble pas invalider ma propre hypothèse. En dépit de cette apparente rebuffade, je ne perds rien de mon assurance et me fait juste plus attentive et réflexive… pour changer. Ah mais oui, je sais où je l'ai vu de loin : à cette cérémonie de funérailles. Ne connaissant pas particulièrement la victime dont on honorait la mémoire, j'admets que j'ai pas mal passé le temps à observer ceux qui m'entouraient et étaient présents à l'occasion. Et ça me revient… il était parmi eux, mais pas avec la même tête exactement. Et ce truc là qu'il porte, maintenant que j'y prête un peu plus attention, je suis certaine qu'il reposait à sa ceinture lors des faits. C'est pour ça que je ne l'ai pas reconnu, aussi, je ne m'étais pas concentrée sur ces détails que j'avais auparavant observés… en gros, j'ai répondu avant de réfléchir clairement. Ça me ressemble tellement… un léger sourire aux lèvres, et une lueur vive dans mon regard, je reprends une petite bouchée du plat de poisson, et une fois bien mâchée et avalée, je réponds d'une voix calme et sûre :


- Oui, je le pense. En enlevant le masque que tu portes sur ton visage, comme tu l'avais fait lors des funérailles de l'ancienne grande patronne de l'Ordre. Sinon effectivement, cela risque d'être un peu compliqué je pense. Je me trompe ?


Et puis, même sans cela, c'est déjà suspect qu'il m'ait tourné cela en question plutôt qu'en affirmation stricte et simple. Puis même à son attitude - et sa gestuelle, en attendant de pouvoir lire ses expressions par dessous le masque - cela n'a pas vendu la mèche mais c'était suffisant pour se poser la question. Après, je ne pense pas faire erreur à moins qu'il ne se nourrisse que par intraveineuses, ce serait bien moche. Mais dans ce cas, il ne serait pas logique qu'il n'ait pas perdu la main en cuisine, non ? Même pour des bases, à quoi bon garder une compétence dont on n'est plus capable de se servir, ou si on est plus en état pour le faire ? À moi en tout cas, ça me semble sain comme raisonnement. Et si je me plante, et bien tant pis je me serais plantée, et il me corrigera auquel cas. Je dormirais, dans tous les cas, moins bête ce soir. Alors ça sert à rien de me poser trente six mille question avant d'écouter sa propre réponse sur mes termes. On verra bien si mon intuition est juste ou pas.


- Tu as dû entendre mon nom : je me nomme Tirésias Liffey et j'ai été élève du maître Galore et du maître Aldozatot. Je suis vieux autant que tu es jeune, je suis un homme autant que tu peux te considérer comme une femme. J'ai un père et une mère. Mon père était impatient et nerveux, un homme d'affaire remarquable mais féroce, et ma mère était une femme aimante aussi loin que je m'en rappelle. J'ai surtout hérité de mon père à la base je dirais. […] J'avais 14 ans quand le maître Galore m'a retiré de ma planète et je me suis collé à lui pendant trois ans avant de changer de partenaire il me semble. Le temps pour le Soleil Noir, cette bande d'esclavagiste, de disparaître pour de bon, non ? C'est comme ça que j'ai intégré l'Ordre.


Et il s'était mis à me parler de lui et raconter sa vie, avant même que je ne pose la question. Bon, ça confirme que j'ai bien entendu pour ses prénom et nom, c'est une bonne chose. Les Maîtres qu'il énonce ne me disent absolument rien, alors cela ne m'arrache aucune expression de surprise ou une quelconque réaction sur mon visage, alors que je reste seulement attentive. Il ne me précise pas son âge précis, mais cela me donne déjà quelques indications utiles à savoir… ou d'autres de l'évidence même. Qu'il soit un homme, par exemple, je m'en serais doutée à sa voix et son apparence globale. Ou qu'il ait une père et une mère, ça aussi, tout le monde en a des parents, morts ou vifs restent la seule question. Son père, un homme d'affaire ? Marrant, je m'en serais pas doutée par contre de ça, bon à connaître. Ah, si seulement le mien de vieux avait pu en prendre exemple, au lieu de plomber les économies de la famille et nous foutre dans le fumier de bantha… et de se faire tuer, au passage. Mais ce n'est "qu'un" détail. Quant à la vieille… aimante, mouais, dans notre tendre enfance peut-être, après ça passe aux oubliettes de l'indifférence et du cocuage du paternel, je suppose. Le Soleil Noir ? Un bref instant j'ai l'air plus songeuse, alors que je me creuse en vain le cerveau. Le nom est familier, j'ai déjà du lire ça quelque part… oh et puis, ça importe pas. Si je ne m'en suis pas souvenue, c'est que cela ne doit pas être une connaissance des plus urgentes à me rappeler. L'histoire ne m'a jamais vraiment passionnée, de toute manière. Mais en ce cas, ça confirme qu'il soit pas tout jeune… pour que je ne m'en souvienne pas, ça ne doit pas remonter à hier cette organisation-là…


- Ils ont eu du mal au début d'après mon maître. Je ne restais pas sur place, je fuguais la nuit presque et je n'en faisais qu'à ma tête. Avec mes quelques bêtises, ma cleptomanie devait être ce qui exaspéra le plus Galore à l'époque, héhé.


Toujours ces dix secondes d'intervalle… c'est un tic ou quoi ? Mais depuis tout à l'heure, il suit ce curieux rythme, j'ai pu constater. Est-ce volontaire, inconscient ou bien par manque de choix ? Aucun moyen de savoir si cela retourne de sa philosophie personnelle, d'une obligation autre ou je ne sais encore quelle raison, ça doit sans doute ne pas me regarder. Peut-être que je le saurais, plus tard. Alors apparemment lui-aussi n'a pas été pris comme tout-gamin au Temple, bien que plus jeune que moi ? Et pas de manière très conventionnelle non plus… intéressant. Mon sourire devient un peu plus amusé à la mention de la kleptomanie et de la difficulté de se montrer discipliné aux règlements. Là je retrouve quelques points familiers… mais je ne m'en serais pas doutée en l'observant. Il a l'air d'être honnête, alors je me demande comment il en arrivé à tel qu'il est maintenant, mentalement et spirituellement parlant. Disons que je n'en fais pas exactement qu'à ma tête. Juste que quand un exercice m'énerve, et me résiste un peu trop, je laisse tomber au bout d'un moment… pour le reprendre plus tard. Et que quand y a des règles qui me semblent insensées… j'ai plus de mal à les respecter. Même si dans son cas, c'est du revirement à 180° pour nombre de points qu'il m'évoque. Comment c'est possible, ça ? Même avec du temps, ça me semble fou comme changement. Pas sûre que j'y parvienne de mon côté, même si je ferais des efforts en ce sens. Kleptomanie… le mot est un peu fort en effet, en ce qui me concerne. Je n'ai pas besoin compulsif à chaparder quelque chose à quelqu'un. C'était pour assurer ma survie surtout dans la rue, apparemment j'étais bonne là-dedans donc instinctivement j'ai continué. Pour des contrats, et assurer ma pitance dans un cas ou un autre, démunie de tout que j'étais quand je me suis rebellée, avec les autres esclaves contre notre… propriétaire. Peu avant que les Jedi ne me coincent et ne me trouvent, j'avais changé ma politique : ne voler si possible que des nantis, que si des contrats spécifiques me le demandent, et ne tuer que si je n'ai pas le choix en dehors des créatures sauvages locales. Ou pour, certes, parfois donner une bonne leçon à des gens mauvais ou méprisants… par nécessité, pas par compulsion.


- Et toi, dis-moi ce que tu voudrais que je sache à ton sujet. Mais surtout dis-moi comment tu vois ton passé aujourd'hui et comment tu imagines ton futur.


Je dois avouer qu'il m'a surprise là, en passant brusquement de dix secondes d'intervalles à seulement quatre entre les deux temps de ses propos. Je lui accorderais ce point, même si je m'oblige à me ressaisir au plus vite. J'étais à peine en train d'accuser sa première question, qu'il enchaîne sur la suivante. Oh là, merci de me prévenir la prochaine fois du changement de rythme ! Pourquoi il me pose cette question ? Je suppose que les autres patrons ont du lui dire ce qu'ils savaient sur moi, alors pourquoi lui faire une répétition ? Je l'observe avec un regard surpris et méfiant, dans la tournure de sa première question et ses sous-entendus, avant que la deuxième question me force à devoir réfléchir avant de répondre è mon tour. Les questions philosophiques de ce genre n'ont jamais été mon fort, avec ma tête plutôt pratique et directe. Je dois bien prendre trois bonnes minutes pour traiter les choses dans l'ordre - je n'y suis pas habituée - avant d'organiser ma réponse en ces termes :


- Ça risque pas d'être un peu répétitif ? Mais soit. Née sur Dantooine. Troisième d'une fratrie de quatre, une soeur et un frère aînés, et un cadet. Je pense qu'ils sont toujours en vie. Le paternel était dans les "affaires" aussi, sauf qu'il a fait banque-route à mes seize ans, et s'est fait descendre pour des dettes non épongées. On a été "donnés" à l'un des créanciers, à l'exception des aînés partis de la maison. La vieille a été tuée peu après. Puis j'ai fini par réussir à me tirer de ce trou, sans mon cadet hélas. Je me suis retrouvée à la rue. Je suis devenue une voleuse, j'ai suivi des contrats pour gagner ma pitance pour vivre. L'un d'entre eux m'a conduite dans des vieilles ruines abandonnées, dans les plaines, pour y récupérer un vieux bloc de données. Sur place, je l'ai bien trouvé, mais les Jedi m'ont devancée. Après m'être pris la plus belle et rapide raclée de mon existence contre les Jedi, j'ai rendu l'objet. J'pensais partir illico-presto, mais ils m'ont offert une chance, j'ai passé le barda habituel, j'ai suivi les cours d'initiation jusque là, et me voilà.


Résumé très synthétique me concernant, mais non pas moins franc et condensé. Je ne précise juste pas des détails tels que le nom de l'esclavagiste, les circonstances de ma libération par rébellion. Pas plus que ma mère a été tuée par caprice, comme il estimait qu'elle ne servait plus assez bien ses besoins méprisables. C'est là que je suis contente de ne pas avoir hérité des formes généreuses de cette dernière. Même si je trouve sa fin des plus ironiques - comme elle cocufiait mon père depuis un bail et me faisait la morale ensuite - elle méritait pas cette mort là. Je ne me suis pas attardée sur ma presque année d'esclavage non plus, je refuse la pitié d'autrui. Pour la suite, je n'avais rien à cacher qui ne soit connu des Jedi, ils ont un peu enquêté sur mes antécédents, heureusement rien de grave à mon dossier sinon des vols… que j'ai assumé et justifié avec franchise. D'abord avec un léger rire d'ironie, je reprends ensuite pour répondre succinctement à sa deuxième question, sans le perdre des yeux :


- En même temps, une simple voleuse avec deux dagues de métal contre deux sabres-laser de Jedi formés, je ne m'attendais à pas grand chose d'autre. Après… mon passé, pour être franche je le vois comme un éboulement. Le présent, une pente ardue pour remonter. Et le futur… faire quelque chose d'utile de moi ? Devenir une meilleure personne ? Une Jedi ? Je sais pas… on verra. Dans l'immédiat, ça dépend des trucs que tu aurais à faire ou que tu veux me faire faire. Si c'est un truc dans le coin, soit. Si c'est une mission je-ne-sais-où dans la galaxie, pareil. Ça, je ne peux pas le deviner par moi-même.


Tout ce que j'espère c'est que ce soit un truc d'utile et de ne pas trop attendre avant d'être fixée. Je ne suis pas pessimiste de nature, pas après ce dont je reviens, alors me rendre dans un coin un peu brûlant de la galaxie ne me dérange pas vraiment. La peur, ça fait longtemps que je l'ai laissée derrière moi ou que j'ai pris à la tenir en bride. Dans la rue, si tu as peur, tu n'iras pas loin souvent. Si tu es intimidé facilement, idem, tu t'en sortiras pas dans la vie, au mieux comme sbire d'un gang, sinon comme un cadavre parmi tant d'autres. Donc non, la petite fille effrayée, très peu pour moi. Je reste humaine, mais il en faut beaucoup pour me foutre la frousse, aussi vrai que je ne tienne pas en place, sois un peu brusque et hyperactive. Attendant sa réponse, sans le perdre totalement des yeux, je me concentre un peu plus sur cet étrange flux, clair et chaleureux, mystérieux et incompréhensible que j'apprends toujours à connaître depuis que j'ai réalisé son existence, six mois de cela environ. Cette "Force" qui aurait bien pu être celle qui m'a poussée à me rendre dans les ruines en dépit du danger, ou même à ne pas me retourner et survivre seule dans un monde pas des plus gentils qu'il soit. Qui m'a poussée à croire ces Jedi, anciennement "sorciers" pour moi… et portée vers cette deuxième chance. J'attends avec plus ou moins de patience, attentive, sa réponse, me demandant ce qu'il va bien me réserver cette fois, ce Jedi pas exactement comme les autres. Je reste toujours méfiante à son égard, comme les autres, mais il a le mérite d'avoir gagné mon attention. Je dois admettre que je serais contente de me dégourdir un peu les jambes tout à l'heure, ou l'esprit au moins, mais j'essaye de prendre mon impatience en patience difficile malgré tout. On ne me changera pas en un jour.
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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Sam 5 Avr - 7:45

[Non non. Tout est parfait, ne t'excuse pas de faire un joli texte! Pareil pour toi, MP si jamais tu vois un problème dans ce post.]

    Blessures ? Vous avez dit blessures ? Encore une fois, Tirésias y voyait un excellent exercice à pratiquer un jour ou l'autre car même s'il était trompeur par moment, véritable démon coquin lorsqu'il s'y mettait réellement pour faire miroiter une vérité toute autre, l'importance de la vérité n'était pas à occulter et celle-ci restait un droit chemin qu'il appréciait, la cachant dans un coin de son esprit par moment pour le faire dans le dos de tous. N'était-ce pas là une drôle de manière d'être ? Vouloir se faire passer pour un plaisantin et en réalité, être tout l'inverse. C'était la même chose pour certains et la perversité, ils faisaient semblant d'être de réels obsédés afin que ce personnage devienne 'eux' et ainsi, on en prenait tout doucement peur et on n'osait plus réellement abordé la question car ils semblaient déjà tout savoir, surtout sur les sujets les plus troublants et les plus pervers d'une galaxie qui était malgré tout infinie aux yeux d'une seule entité aussi petite que le jedi. Infinie malgré que des êtres parvenaient à venir de son extérieur, une drôle de philosophie de laquelle le maître pouvait parler longtemps pour apprendre les points de vue de son élève, sans tenter de la convaincre mais peut-être simplement de se convaincre lui-même. Encore un point à éclaircir afin d'apaiser les tensions à venir et être clairs sur cela mais le temps n'était pas encore à l'évocation d'un problème supplémentaire. Pour l'instant, comme un enfant écoutant un conte merveilleux, le shistavanéen croyait aux histoires d'Akane, un sourire fixé aux babines.

    Elle agissait correctement et bien qu'elle n'appréciait pas tout ce que le chevalier disait, elle acceptait. A vrai dire, la demoiselle n'était qu'un soleil de plus dans une journée qui s'était assombrie avec le temps et comme Tirésias l'appelait, cette 'fraîcheur d'esprit' lui procurait un grand bien en plus d'évacuer les pensées sombres. Le mot Maître n'enjouait aucun parti et le moment était présent pour qu'il puisse se rendre compte une fois de plus qu'il allait sans aucun doute apprendre autant que l'humaine. Comme un professeur patient, il décelait le potentiel et la sagesse éventuelle de son élève, se frottant le menton intérieurement, seulement intérieurement car il ne voulait pas que sa réflexion soit visible. N'y avait-il pas là un bel avenir ? Cacher des secrets relevait presque de l'impossible dans cet Ordre et certains apprenaient à mentir exprès pour se moquer d'eux, comme le shistavanéen qui y arrivait avec le poids des années mais pour Akane... Il fallait patienter et sonder ses possibilités. Une grande intelligence, une possibilité pour elle de suivre son maître et sa culture étendue, de l'absorber sans en être trop rapidement dégoûtée. Le Conseil avait peut-être fait un bon choix en alliant ces deux-là et il était du devoir de Tirésias de s'en rendre compte en premier, de voire au court comme au long terme pour l'équipe qu'il formait à présent avec cette ancienne voleuse à la vie quelque fois si similaire à la sienne. Qu'est-ce qu'il offrait à elle ? Si ce n'est une nouvelle vue sur ses propres compétences qu'elle ne percevait pas encore ? Le temps lui dirait, il n'était pas pressé et riait du regard en concédant qu'il était bien le seul à profiter de la vie pour cela contrairement à Akane qui en profitait mais davantage comme un grand enfant, une adolescente, comme une fille de son âge, entre la civile et le jedi rigoureux. Un bel équilibre à préserver, en sommes !

    L'humaine réfléchissait, prise entre deux efforts : consolider son esprit violée et répondre à la question du chevalier. Comment la déranger dans ce cas-ci ? Très simple. Tirésias tentait de pénétrer ses souvenirs une fois encore, ne s'en cachant à peine pour qu'elle sente comme des vers formés par son pouvoir supérieur lui chatouiller le cervelet, pour que l'élève puisse se forcer en voyant où elle était attaquée, voyant comment elle était mangée. Ainsi, la différence de pouvoirs était vaguement esquissée : elle n'avait pas à dépasser la puissance de son supérieur, juste à la comprendre et à en trouver les faiblesses ou s'en servir pour trouver des forces de son propre côté. Il y avait tellement de choix à faire que Tirésias ne devait pas l'aider, la padawan y parviendrait toute seule et que ça soit maintenant ou après n'avait aucune importance. Elle y arriverait haut les mains un jour et ce sera ce jour-là où elle en aura besoin. Présentement, le sujet n'était pas ses défenses extrasensorielles mais tout juste la discussion qui se menait, totalement anodine pour un regard extérieur peu expérimenté. En parlant d'expérience, Akane en gagnait et se souvenait des funérailles pour parodier enfin une sorte de détective certain d'avoir coincé le vil criminel et c'était après une bouchée qu'elle annonçait enfin sa victoire, l’œil brillant... Une bonne mémoire, les doutes du shistavanéen se confirmaient à la même occasion qu'il ôtait son casque, finalement, laissant paraître son sourire éternellement tendre, ses oreilles tombantes et son petit air fatigué. Cette bouille de gamin satisfait d'autant plus qu'il plongeait ses doigts dans le plat de l'autre pour en voler un bout et le gober tout rond, les babines un peu plus retroussées encore après la bouchée offerte. Encore ce sourire.

      « - Bien sûr que non mais je te prierai de ne pas dire 'grande patronne'. L'Ordre n'est pas une entreprise ou du moins, si elle en est, c'est bien la plus étrange que j'ai pu croiser. Dans ton enseignement, tu devras fixer beaucoup de noms, que ça soit pour des rapports ou pour toi-même alors retiens celui-ci : Eleanor Yunstar. »


    N'allez pas croire qu'il se vanterait de savoir qui elle était, ce n'était pas le cas. Le règne de la dame avait été en soi très court et pendant la majeure partie de celui-ci, le chevalier s'était quelque peu éloigné de l'Ordre tout en restant à disposition. Les plaisirs du pèlerinage après l'accident qui excusait l'horrible truffe mécanisée qu'il se payait maintenant. D'un doigt vindicte, le chien rappelait son élève à l'ordre : « - Concentre-toi sur ce nom, pas sur mon faciès, ma très jeune apprentie » disait son regard fait d'or et de rubis, reste de son visage et renaissance d'un autre, son âme électrique filtrant par la lentille infrarouge qui remplaçait un œil sur deux.

    Ce même regard restait moqueur pour une raison fort étrange encore probablement pour l'enfant mais le cyborg s'amusait sans cesse. L'humaine pensait qu'il ne se nourrissait pas par intraveineuses ? Sur le Fidèle, elle allait voire que le lit du chevalier ressemblait à une chambre d’hôpital à lui-seul où de nombreux câbles servaient à surveiller sans interruption son état, son alimentation et rechargeaient ses batteries tout le long de ses nuits sans rêve car oui, comme toute machine, il y avait une autonomie qui faisait en plus assez souvent défaut à Tirésias qui tombait en panne bêtement n'importe où. Un peu comme un vieillard qui a besoin de son banc à mi-chemin de sa longue balade matinale, oubliant comme chaque début de journée qu'il n'a plus vraiment vingt ans -A moins que notre jedi ait vingt ans depuis maintenant presque dix ans?-. Tirésias faisait semblant de ne pas avoir entendu la pensée de son élève concernant son âge. Pas tout jeune ? Pas tout vieux non plus, jeune insolente. Quelqu'un allait se prendre quelques coups de canne un jour, promis.

    Bien, le fait que la padawan remarque enfin la règle des dix secondes l'aidait à se faire pardonner par l'homme-loup qui cachait cette réflexion personnelle. Ils étaient tous les deux amusés de ce qui se disait, de leurs ressemblances aussi, et c'était très bien comme ça. Plus qu'à espérer que ça continue dans le même sens, n'est-ce pas ? Et avec ça, Akane prouvait qu'elle avait des capacités, parvenant à répondre malgré les intervalles serrés que lui offrait l'imbécile heureux, heureux doublement à cause de ce que certains voyaient comme un échec de sa part. Prochaine fois, descendre directement à la moitié du même chronomètre ? Non, la nécessité ne se faisait pas, cela pouvait devenir un jeu pour agacer la petite mais en dehors de toute cette histoire, l'intérêt avait disparu. Quel était-il ? La rendre plus bavarde et avec un rire voilé dans un soufflement de truffe, le chien écoutait le compte rendu donné quelques minutes plus tard. Savoir se préparer à l'imprévu, Akane allait revivre la même expérience mais cette fois en plein combat et attendre plus d'un couple de secondes pour répondre devenait dangereux. Tirésiés s'en voulait déjà d'appliquer ses cours si vite mais vue qu'elle apprenait elle-même très bien, pourquoi pas ? Par contre, ce n'était pas sur cet homme qu'il fallait compte pour faire une pause ou espérer abandonner un exercice avant de l'avoir fini ! Lui, il était comme ça, même s'il n'y parvenait pas avant la fin de la leçon, il se privait de sommeil gamin pour réussir et si le talent était absent dans sa chair, le louveteau qu'il avait été avait toujours compensé par un moyen ou un autre. Maintenant à Akane de se donner les outils pour se faire.

    Ça ne risque pas d'être répétitif ? Si mais c'est en répétant qu'on fait des erreurs et qu'on en dit trop. Elle tombait encore dans les pièges simples aujourd'hui, les maîtres du Temple ne devaient pas tout lui avoir appris et profiter était un bon plan car bientôt, le maître-emmerdeur qu'était Tirésias ne pourrait plus le faire.

      « - Deviens qui tu veux, je suis là pour t'aider dans ce sens également. Bien sûr, tu seras quelque fois tentée par des voies plus mauvaises mais ce ne sera que mon avis et si tu y vas en ton âme en conscience, je te laisserai faire mais je suis là aussi pour te protéger et te conseiller, ne l'oublie pas. Faisons de toi une jedi pour l'instant, cela me semble une bonne chose à dire lors de nos rapports, ça leur en mettra plein les yeux et je pourrais t'apprendre des choses à côté si tu le souhaites. »


    Ce que Tirésias avait aimé dans ce petit monologue ? La franchise, le côté direct même s'il s'était fait attendre. La belle ne pouvait pas se vanter d'avoir de belles formes mais avec un animal comme partenaire, c'était sûrement mieux et elle faisait pencher la balance de son côté avec son aspect plus humble. Alors comme ça, la padawan n'était pas certaine de son futur ? Le maître souriait, l'index posé sur son menton velu et semblait réfléchir, les yeux un peu plissés comme s'il s'énervait à remuer ses méninges. Un vieux plus conservateur lui aurait botté les fesses mais personne ne devait les observer à une heure pareille alors rien n'empêchait l'honnêteté d'entrer en jeu après tout !

    Akane ne semblait rien regretter, ne rien craindre. La peur... Les questions sur ce domaine étaient légions dans l'esprit du shistavanéen qui parvenait encore à se demander ce qu'elle voyait dans ces mots abstraits. Ce n'était pas une mauvaise chose, comme la colère et tous les sentiments que l'Ordre rejetait mais c'était un risque, effectivement. L'instinct restait cependant une peur instinctive, proche du pouvoir d'anticipation des envoyés de la Force et se voiler la face n'était d'aucune utilité. Oui, encore une discussion en vue mais pour un autre jour. Ce n'était pas en quelques mots qu'un maître faisait de son élève un maître à son tour, il ne fallait pas être pressé et cela, celui qui était aujourd'hui le maître n'allait probablement jamais cesser de le dire. Fier d'être paresseux, intelligent de l'être. Vous comprendrez.

    Le 'sorcier' regardait en face de lui peut-être une minute à son tour avant de se retourner et sursauter légèrement en voyant l'élève encore là. Encore une réaction de vieux sénile mais ne lui dites pas, sinon il vous enverrait vous faire mettre sans la moindre once de politesse. Un dernier mot ? Oui. Ils n'allaient pas partir ce soir, c'était certain et le moment était venu de l'annoncer car cela allait dériver sur un autre échange qui allait assurer le confort d'Akane à travers la galaxie dans un vaisseau rempli de métal et de vies pour la plupart artificielles ou bizarres. En posant sa question, le jedi pensait déjà 'emprunter' quelques plantes du jardin où ils se trouvaient, l'histoire de faire une serre dans le Fidèle qui allait faire sa joie, celle de ses camarades à boulots et espérons-le, celle de l'humaine qui faisait l'effort d'être patiente à côté de Papy Zizi -Zizi étant le diminutif honteux de Tirésias depuis que ce nom au sens infâme parcourt l'Univers-.

      « - Nous ne partons pas ce soir, ma jeune apprentie. Sûrement que nos premiers entraînements se dérouleront sur cette planète, sauf si tu es pressée de partir. Je dois d'abord vérifier ton dossier médical pour adapter mon vaisseau et aussi te consulter, toi et tes anciens professeurs, pour avoir une idée de ce qu'on pourrait bien faire lors des prochaines semaines et ce qu'il serait bon de me procurer pour le voyage. As-tu des allergies ? Des préférences culinaires ? Quelque chose que tu souhaiterais voire dans ton futur 'Temple' volant ? »


    Bienvenue. La compagnie Tirérias&Co. Galaxy vous souhaite bon voyage.
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Jeu 10 Avr - 13:54


Ce n'est pas si évident, vous savez, quand ça fait pas depuis si longtemps que cela que vous vous trouver unité aux moeurs, coutumes et compétences des disciples de la Force, dans un camps comme dans un autre. C'est comme si vous viviez dans une salle totalement noire, sans la moindre source de lumière, et que tout à coup quelqu'un venait éclairer tout cela en vous mettant une lampe-torche juste sous votre nez. Non seulement ça vous brûle la rétine un bon bout de temps, mais surtout vous aurez besoin d'un temps de réadaptation pour apprendre à vous repérer et observer le monde sous… un oeil nouveau, merci le jeu de mots foireux, je sais. Mais p't'être ben que cela vous donnera une petite idée de ce que j'ai ressenti moi, en arrivant au beau milieu de tout ce petit monde habillés comme des moines et des moniales pour la plupart, leurs visages souvent bien neutres, presque comme gravés dans de la pierre, et toutes espèces confondues. Une fourmilière, disais-je, de races, d'âges, et derrière les idées généralement retenues par la populace sur les Jedi et autres "sorciers" ou "charlatans" du genre… bah pourtant, ils sont capables de vous surprendre, par dessous les capuches de leurs manteaux de bure. Si si, je vous l'assure bien.

Il y a toujours des choses qui me surprennent, et sur lesquelles je peux me faire avoir comparé aux initiés et apprentis présents sur les lieux, et dans la formation, depuis bien plus longtemps que moi. Ou aussi sans doute, bien plus doués que moi, et ce même s'il parait que j'ai du potentiel. Tout ce qui a trait au mental, aux domaines de l'esprit et l'utilisation de la Force sont encore bien nouveaux pour moi, et ce en dépit du fait que cela fait quelques mois à peine que je suis là… environ cinq-six mois, je dirais. Je suis assez intuitive en ce qui concerne manier la Force, mais il y a des choses sur lesquelles je ne fais pas encore assez attention. Défendre perpétuellement les barrières de mon esprit, par exemples. J'ai beau avoir de la force de caractère à revendre, être une entêtée de service, je ne suis pas encore si habituée que cela à vivre au milieu de télépathes… et aussi à me dire que mes ennemis risqueraient d'être tout autant des télépathes. Les Sith… j'avoue que je n'étais pas une criminelle assez connue ou vétéran pour avoir eu affaire, de près comme de loin, à eux. Tout ce que je savais d'eux, c'est que c'étaient plus ou moins les potes des impériaux, de fait des alliés de mes ennemis, et les adversaires de mes nouveaux alliés, en conséquence…. mes ennemis. Des dangereux individus, de ce que l'on dit, pour certains des messagers de chaos, qui sèment la mort dans leur sillage et fauchent la vie de leurs lames pourpres d'énergie. Oui comme vous le voyez, l'imaginaire populaire est très riche concernant les images et autres métaphores concernant les Sith… et les Jedi. En même temps, de ce que je me rappelle plus ou moins son histoire locale, ma planète a vachement été liée aux Jedi et Sith et leurs conflits… comme ces ruines dont j'avais violé le sanctuaire en mon ancienne vie.


Je fronce des sourcils alors que je sens quelque chose titiller et rogner désagréablement les murailles que je viens fraîchement d'établir dans mon esprit, ayant un peu de mal je dois dire à garder le rythme avec le délai très court qu'il m'accorde entre ses différentes questions, et les réponses à la chaîne que je dois lui fournir. Ça fait travailler mon esprit intellectuellement parlant, mais question des défenses mentales, je suis un peu en retard sur ce point. Quelques longues secondes j'essaye d'y faire front comme un chêne sous une tempête tropicale, mais force m'est de réaliser que je ne vais pas tenir à ce rythme-là. Donc, ce ne doit pas être la bonne méthode contre quelqu'un de plus fort que soi, qui essaye de forcer la serrure de votre esprit et de vos souvenirs. J'ai rien contre lui, mais pas question qu'on pénètre l'espace de mon esprit et surtout de ma mémoire sans mon autorisation au préalable. Ma vie privée, j'aimerais bien qu'on la respecte un minimum, et je n'aime pas du tout le voyeurisme, même si je me doute là que c'est pour m'exercer, c'est une réaction réflexe. Seulement, comme elle se montre inefficace. Ah, mes souvenirs donc ? Et je ne peux pas résister de front ? D'accord, on va essayer autre chose alors… avec un effort supplémentaire, je focalise mon esprit sur un souvenir - bateau - unique comme barrière. Un cours particulièrement ennuyeux d'histoire galactique et de ses systèmes politiques, avec le visage particulièrement somnifère du professeur dans mon école de Dantooine. Un des rares qu'il me soit resté. On n'y entend pas ce que raconte le prof, juste sa voix soporifique, ses cheveux grisés par l'âge, ses innombrables rides d'humain et ses bruns passionnés… par ce sujet particulièrement inintéressant. Je le revois passer dans ma rangée, son hololivre en main… tiens, c'était quoi son nom déjà ? Aucune idée. Apparemment, il ne m'a pas laissé un souvenir aussi impérissable que cela, hein. Pourquoi pas tenter, au lieu de se tuer à vouloir le bloquer, détourner le courant intrus vers un souvenir sans grand intérêt pour préserver les autres ? Aucune idée ne me vient sur le moment, alors tentons donc celle ci. Rien à perdre. On verra bien ce que cela donne.


- Bien sûr que non mais je te prierai de ne pas dire 'grande patronne'. L'Ordre n'est pas une entreprise ou du moins, si elle en est, c'est bien la plus étrange que j'ai pu croiser. Dans ton enseignement, tu devras fixer beaucoup de noms, que ça soit pour des rapports ou pour toi-même alors retiens celui-ci : Eleanor Yunstar.


Alors là, je dois m'avouer que je m'attendais pas spécialement à ce genre de tête-là… presque ce que certains revenants de guerre appelleraient une "gueule cassée", même si je dois avouer que ça aurait pu être bien pire. Après tout on dit souvent que les Jedi se retrouvent coltinés avec des missions casse-cous au possible, avec leurs capacités leur étant prêtées par ce flux appelé "la Force". Je dois dire, avant que je ne sois moi-même introduite et comprise dans le milieu, je pensais que c'était une sorte de culte de personnes peut-être pas très nettes dans leur tête, bien que l'on ne puisse nier leurs capacités absolument pas normales. Si ça peut les rassurer, je pensais la même chose en pire en ce qui concerne les Sith… en ajoutant par exemple les mentions de "bouchers sanguinaires" et de "fous à lier". Comment cela, j'avais des idées très arrêtées sur les choses ? Oui, très limitées, c'est vrai, mais que voulez-vous, avant que mon père fasse l'imprudent de service j'aurais jamais du devoir les croiser un jour, les uns comme les autres. Voyant son doigt vindicte pour me rappeler à l'ordre concernant mon attention alors rivée sur sa tête plus que ses paroles, je retourne ma concentration un peu plus sur ses propos que ses traits. Après…. c'est marrant, je l'imaginais plus vieux qu'il n'en donne alors l'air. Peut-être que la guerre donne plus rapidement des cheveux gris ou blancs aux gens… au second degré de l'expression, bien entendu. Sa tête le rend assurément plus jeune que ses paroles n'en donnent l'impression, aussi abîmée et réparée soit-elle. Oh kriff : moi aussi je vais finir par raisonner comme deux fois mon âge ? Mais… j'aime bien son sourire, ça change un peu des "visages de pierre" de certains Jedi que j'ai pu rencontrer depuis les quelques mois que je me trouve dans les parages. Faudraient qu'ils sourient un peu plus, les bougres… doucement, bien sûr, faudrait éviter les crampes. Vous saviez que le fait de sourire est l'un des gestes mettant le plus de muscles - minuscules - en action ?

De bonne grâce - après tout je le lui avais proposé et je ne reviens jamais sur une parole que je donne - je le laisse chiper une portion du repas qu'il m'a offert, sans jamais perdre de mon habituel sourire assuré et dynamique. Juste, par réflexe, mon regard se porte vers le geste que je surveille du coin de l'oeil. J'ai beau savoir que ce n'était pas pour me nuire mais… les habitudes sont dures à perdre une fois enracinées, vous savez. Un instant j'ai cru qu'il allait se mettre à me faire la morale pour utiliser ce mot si honni à mon coeur - Maître - que j'évite par ce synonyme, mais non, il me fournit une raison autre… et pas inintéressante. La suite de ses propos, en dépit du devoir de me rappeler du nom d'une défunte, m'empêche de lever les yeux et plutôt mue mon attitude vers un franc éclat de rire, bref mais clair concernant la comparaison de l'Ordre avec une entreprise. D'accord, je comprendrais peut-être plus tard l'intérêt de retenir le nom d'une personne morte, mais il ne me demande pas tant de choses que ça, alors je vais faire un effort autant que je le puisse. Tout en reprenant quelques bouchées, que je prends le temps de mâcher lentement - vieille habitude pour rentabiliser le peu de nourriture que j'avais avant - un large sourire amusé reste perché sur mes lèvres, alors que je songe en mon fort intérieur cette pensée que j'essaye de murer :


"Une bien étrange entreprise, c'est vrai. Mais plus philanthrope que d'autres de ma connaissance, si on zappe l'enseignement spécifique qu'on reçoit. Vous en connaissez beaucoup des lieux qui forment à la fois des guerriers, des diplomates, des érudits, des sages, des ombres et j'en passe ?"


Eleanor Yunstar… ça va, ça a pas l'air trop compliqué à retenir, pas comme les noms de certains hommes politiques qui ont des noms compliqués, à rallonge et cumulant les matricules. Ne me demandez pas un exemple, c'est quelque chose que j'avais tôt fait d'évacuer de ma mémoire inconsciemment. Je me rappelle vaguement d'elle, je crois qu'elle était parmi cette assemblée de gens qui m'avaient mise à l'épreuve à mon arrivée… donc de ceux qui m'ont offert cette seconde chance, cette possibilité de "rédemption" concernant mon ancienne vie. Une femme, une humaine, assez grande, peut-être proche de l'âge de ma soeur aînée Onis… ou un peu plus vieille qu'elle, sans doute. Vous imaginez bien dans une fratrie de quatre, les écarts d'âge entre les enfants peuvent être assez conséquents. Elle avait des longs cheveux sombres, aussi, et un regard aussi sombre… après, elle dégageait comme les autres une aura pas malveillante, mais une du genre à me rendre un peu plus disciplinée bien malgré moi et encline à tendre l'oreille. Je ne saurais pas encore vous expliquer ce ressenti, mais ça m'a pas empêché de le sentir. Pas jusqu'à me rendre docile comme un mouton, mais une présence me poussant à me mettre à carreau, un peu plus tout du moins…. et aussi à me rendre très, très méfiante. Le genre de personnes à ne pas sous-estimer.


- Deviens qui tu veux, je suis là pour t'aider dans ce sens également. Bien sûr, tu seras quelque fois tentée par des voies plus mauvaises mais ce ne sera que mon avis et si tu y vas en ton âme et conscience, je te laisserai faire mais je suis là aussi pour te protéger et te conseiller, ne l'oublie pas. Faisons de toi une jedi pour l'instant, cela me semble une bonne chose à dire lors de nos rapports, ça leur en mettra plein les yeux et je pourrais t'apprendre des choses à côté si tu le souhaites.


Bon point pour lui, il ne me force pas à rentrer dans tel ou tel moule. Vraiment, très bon point, mais voyons comment il s'en sort pour la suite. Pas un de ces sermonneurs à vous faire une leçon sur les notions de "Bien" et de "Mal", de sacralisation du côté clair de la Force et de critique vindicte de sa face sombre, sans même considérer la possible existence d'une zone plus grise et mitigée. Ce genre de dogmatiques m'ont toujours fait haussé un sourcil dubitatif avec leurs âneries : hey, c'est bien gentil les cocos, mais vous savez, le monde il est pas tout blanc, et il est pas tout noir non plus. Puis, ce que les uns peuvent considérer comme un bien, bah parfois, c'est pas pareil pour d'autres et ça en devient même un mal plus vil que le reste. Il n'y a pas d'un côté les gentils, contre de l'autre les méchants de service avec le ou les maîtres démons au pouvoir. Même un gamin de dix ans le sait, alors des vieux boucs de cinquante ans ou plus, c'est pas un peu la honte d'avoir un esprit aussi limité ? Personne n'est tout pur, ni tout mauvais, et ça tout le sait ou devrait le savoir, c'est une question de bon sens ! Mais bon, ne nous éternisons pas dessus comme c'est pas le cas, en ce moment. Il ne fait pas cette bourde, et sauf rares exceptions, le commun des Jedi ne le fait pas. Peut-être encore quelques initiés, ou des apprentis et encore. Mm, on verra bien pour le "protéger", je ne compte pas rester en arrière ligne mais je pourrais accepter sans trop de mal un coup de main si la situation se présente. Une fois que je saurais me débrouiller comme une grande, je souhaite être vraiment comme une coéquipière plus qu'une simple équipière. J'ai pas l'habitude d'accepter l'aide des autres, j'ai assuré ma protection seule pendant presqu'un an, je ne pouvais compter que sur moi-même pour éviter les traîtres et les embuscades possibles. Il faudra encore un peu de temps pour dépasser cette habitude prise, sans doute. Idem pour le "conseiller", mais bon, je lui fais confiance pour savoir doser le conseil des leçons intempestives. Je sais, ça devrait d'hab n'être que dans un sens, mais là c'est en double-sens concernant la surveillance d'autrui. Je le tiendrais à l'oeil et je resterais sur mes gardes encore un petit moment en dépit de mon sourire perpétuel et de mon enthousiasme extraverti. Ma confiance ne se gagne pas dans une pochette surprise, il faut la conquérir et surtout la mériter. Je garderais ça dans un coin de ma tête cependant… j'approuve d'un signe de tête déterminé et ajoute :


- Ça me semble être un bon plan, en effet. Pour les choses à apprendre en plus, pourquoi pas. Je suis pas vraiment du genre bûcheuse ou rat de bibliothèque, mais ça veut pas dire mauvaise élève non plus.


Non, ce n'est pas de l'arrogance, c'est la vérité. Je sais pertinemment que j'ai des capacités intellectuelles - la preuve, dans les matières qui m'intéressent j'avais aucun mal à me retrouver dans le top cinq des majors de promotion - mais je souffre malheureusement d'une tare : c'est pas facile de captiver mon intérêt. Et sans ce dernier, et ben… vous pouvez faire tout ce que je vous voulez, j'irais jamais au delà du strict minima et du minimum syndical pour rester passable dans les matières que j'exècre le plus. En revanche, un prof qui s'y prend intelligemment et aura réussi à piquer ma curiosité et mon attention sera sûr que je peux aller loin, voire très loin. Je donnerais tout ce que j'ai pour maîtriser le sujet ou la compétence, alors qu'un qui au contraire m'ennuie… bah disons qu'il gagnerait plus à essayer d'enseigner à un hutt la notion d'humanisme et d'altruisme. Je ne fais jamais les choses à moitié, alors la balle est totalement de son côté et certains des enseignants du Temple l'ont vite compris… preuve en est de mes progrès, et de mon maniement plutôt bon de la Force ou de la méditation… quand mon impatience ne me rattrape pas trop vite et que l'exercice ne m'échappe pas trop longtemps. Je dois laisser le mérite à un prof du coin, qui a su gagner un peu mon intérêt pour les rudiments d'exercices télépathiques et télékinétiques. Mais en dépit de mes paroles, une lueur vive et intriguée erre quelque part dans mon regard perpétuellement attentif et amusé. Je ne lui en dirais pas plus, je pense qu'il est assez futé pour faire le lien et je verrais ainsi de quel bois il fait, lui aussi, avec un peu de temps. Non, ce n'est ni de l'arrogance ni de l'insolence, juste un souhait de juger à qui j'ai affaire, et peser avec soin le pour et le contre pour décider de comment je dois me comporter avec cette dernière personne : attirera-t-il davantage la mule impatiente et tête brûlée, ou parviendra-t-il à mettre au jour l'élève déterminée à donner le meilleur d'elle-même et daignant coopérer sans trop de difficulté ? Tout dépendra de lui, en fait. De toute façon, ce ne serait ni juste ni marrant s'il était le seul à pouvoir me mettre à l'épreuve, mais croyez-moi il a tout à gagner. Et je dois reconnaître qu'il part avec de très bonnes cartes en main, à voir donc comment il mènera la partie.


Alors qu'il semble prendre tout son temps pour réfléchir, une main posée pensivement sur son menton et les cils plissés de concentration, je termine le repas généreusement proposé en guettant sa réponse avec intérêt, ou de voir comment il enchaînerait la discussion. J'avoue, me demande bien ce qu'il va me réserver comme entraînements pour les heures, les jours et peut-être les années à venir. Comme ça commence à faire un petit bout de temps qu'on est là à rester assis sur ce banc, je pose avec soin le paquet vide et me remets sur mes pieds, sentant autant des fourmis dans mes jambes que mon hyperactivité habituelle qui recommence à me titiller le coin de mon esprit. Mais je patiente encore un peu, m'approchant un peu en l'observant droit dans les yeux, avec un éclat malicieux dans mon regard. Je résiste à la tentation de faire un geste pour le faire sursauter, et j'attends, tant bien que mal. Mais en voyant le résultat, ça en valait la peine. Avec un léger rire, je reprends ma place d'avant, puis en attendant une possible indication contraire, j'en profite pour étirer délicatement mes jambes et mes bras, le geste me faisant un bien vraiment fou. Puis je me retourne vers lui qui est toujours assis, les mains jointes derrière mon dos et les yeux d'ambre nuancés de miel portés dans sa direction. Mon sac n'est pas très loin, mais je sais que ce serait abrupte de ma part de le prendre alors j'essaye tant bien que mal de rester disciplinée. La pile électrique que je suis a fini de recharger ses batteries depuis un bout de temps, et est presque en surplus d'énergie à dépenser même si j'essaye de ne pas trop le montrer derrière ma jovialité et mon assurance habituelles.


- Nous ne partons pas ce soir, ma jeune apprentie. Sûrement que nos premiers entraînements se dérouleront sur cette planète, sauf si tu es pressée de partir. Je dois d'abord vérifier ton dossier médical pour adapter mon vaisseau et aussi te consulter, toi et tes anciens professeurs, pour avoir une idée de ce qu'on pourrait bien faire lors des prochaines semaines et ce qu'il serait bon de me procurer pour le voyage. As-tu des allergies ? Des préférences culinaires ? Quelque chose que tu souhaiterais voir dans ton futur 'Temple' volant ? »


Pour la mention de "pressée de partir", je me contente d'hausser brièvement les épaules pour marquer ma non-préférence sur ce point. Décoller d'ici ou pas, ça m'importe pas, je souhaite juste me dégourdir un peu les jambes ou l'esprit, en fait. Puis bon, je suis censée avoir dix-huit ans et des poussières, alors je vais pas faire la gamine difficile pour un point aussi ridicule que ça. Mm, ça prend autant de temps ces vérifications et formalités ? Je pensais pas… j'espère juste que je vais pas encore devoir faire une visite de contrôle dans l'aile des guérisseurs. Le lieu en soit me dérange pas, juste que je suis impatiente, donc devoir rester le derrière assis sur une chaise ou un lit pendant plusieurs minutes parfois longues ne me ravit pas forcément. Mon dossier médical ? Ça va être vite fait, je me suis pas mal retapée depuis mon arrivée au Temple même si bien sûr, y a un peu de boulot sur certains points. Mes parents ont au moins fait ça de bien que j'ai une santé plutôt solide, avec ça j'ai tenu une année très difficile avec des ressources plus que restreintes. Après… pas de préférences sur les travaux, enfin pas avant que j'ai une idée de ce qui peut m'attendre. Mm… vont sûrement lui dire de travailler ma patience, mais ça il doit s'en douter. Après… me faire bouffer de la théorie et de la technique, sans doute exercer mon endurance encore un peu fragile aussi. Puis d'autres trucs encore qui ne doivent pas traverser mon esprit sur le moment. Pour les allergies, je réfléchis deux secondes avant de ne pas tarder à répondre d'une voix enthousiaste, absolument pas préoccupée pour un crédit :


- Rien à signaler pour les allergies. Du côté de la cuisine, tant que c'est comestible et avec un minimum de goût, je prendrais sans souci. Au besoin, je me débrouille correctement aux fourneaux. Après… peu m'importe, juste de quoi m'occuper et améliorer mes compétences, je suppose. Pourquoi pas un brin de verdure, si les voyages sont aussi longs que certains le prétendent. Après franchement, j'ai pas de préférences.


J'ai mon caractère et mes défauts, mais il y a des points sur lesquels je suis facile à vivre. La vie dans la rue m'a rendue très peu difficile sur nombre de points, tant que j'ai de quoi me dépenser et m'occuper corps et esprit, ça m'ira très bien. Tant que je ne me sens pas inutile ou inoccupée, ça m'ira bien, tant que ce n'est pas trop répétitif et ennuyeux non plus. Ça évitera de réveiller mon sentiment d'étouffement en des lieux clos - ou pire encore, aussi obscurs - tant qu'on me garde occupée à faire quelque chose. Peut-être que cela ne l'aide pas beaucoup, mais j'y peux rien, j'ai beau creuser il y a vraiment rien qui me vienne en tête là tout de suite.
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Tirésias G. Liffey
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Sam 12 Avr - 9:14

    Qui pouvait encore surprendre cet homme ? Même la Force, si brillante et incompréhensible pour Akane, ne parvenait qu'à étirer légèrement les lèvres du shistavanéen dans un sourire à la fois doux et compréhensif sans qu'il n'ait à en souffrir. Dire qu'il survivait grâce à celle-ci était faux ou plutôt, partait d'une mauvaise interprétation presque vexante. Tirésias dans ses nombreuses recherches à travers les holocrons et les diverses légendes jedis -et autres- avait acquis certains savoirs peu académiques comme celui d'une Force différente, une Force Vivante qui ne l'obligeait pas pour autant à marcher entre lumières et ombres mais qui lui offrait tout juste une vue différente d'un tout trop schématisé par les institutions. Comme beaucoup de textes sacrés, les prendre au pied de la lettre était trop souvent dangereux et les traductions personnelles restaient le meilleur travail : une réflexion profonde venant de soi et pas d'un quelconque bouquin. Amateur de bricolage, Tirésias avait démonté mille et une choses pour mieux les comprendre et pouvoir les réparer par la suite, il faisait donc de même avec les textes qu'il croisait ; tout d'abord une lecture et puis un recul nécessaire pour chercher le début de l'essai, découvrir le plan et les intentions que l'auteur cachait dès fois maladroitement dans ses lignes. A croire qu'entre gens peu doués, on se comprenait et comme le chevalier ne pensait pas qu'un être absolu existait, ces paroles-ci pouvaient être réinterprétées également en une arrogance toute nouvelle. Effectivement, derrière ses airs d'idiot fini, le chien comprenait davantage que le reste d'une plèbe autosuffisance pour ne pas dire tout -attention, je rappelle que ceci est impossible-, toujours à vouloir un meilleur car un parent lui avait apprit un précepte simpliste : le mieux est l'ennemi du bien. Ensuite, il y avait la vue de scientifique où ce 'bien' pouvait être un cauchemar et encore une fois, le chevalier donnait l'impression de marcher sur un fil et c'était le devoir de sa nouvelle élève de le découvrir peu à peu, de saisir ses énigmes aussi nombreuses que discrètes... Pauvre Akane qui avait un maître des plus cachottiers par moment, un vrai gamin.

    Des exercices par centaines, voilà ce qui attendaient la padawan. Au début, son supérieur hiérarchique essayait tout juste de pénétrer son esprit avant d'avoir la joie de la voire dévier comme il fallait son attaque. En second point, il aurait bien voulu parler de sa méfiante excessive que lui pouvait ressentir et pas seulement à travers ses ondes mentales mais aussi à cause de ses nombreuses mimiques qui parlaient tout aussi bien que sa bouche. Ne jamais oublier que cet homme restait un animal aux sens développés et de fait, ses voies étaient quelque fois différentes. Évidemment, si maintenant son élève lui ramenait de la pâté le matin et lui donnait des surnoms débiles en lui tapotant la tête, on parlait d'exagération mais était-ce le genre de la belle ? Comme un doute sur la question.

      « - Compare ta situation à un équivalent dans la nature... Tu as vu que le courant était trop fort pour juste le bloquer alors tu l'as dévié, usant de l'élan de celui-ci avec intelligence. Par le passé, des peuples ont dompté des forces de la sorte pour irriguer les cultures, pour protéger leurs maisons de la foudre en l'attirant sur des structures archaïques mais efficaces et bien sûr, j'en passe. Tu te doutes que les allégories sont nombreuses. »


    Ce n'était pas tout à fait une parabole et Tirésias aurait pu quoique l'idée de perdre son temps à tenter de faire une belle histoire le rebutait un peu sans même qu'il n'y ait à penser. L'humaine était une personne intelligente, le chevalier le certifiait sans la moindre once d'hésitation et en conséquence, n'allait pas plus loin de l'explication qui devait être aussi limpide que de l'eau de roche dans un esprit enfin libéré de l'emprise des assauts répétés.

    L’intérêt de ce souvenir inutile ? Le chevalier se demandait s'il ne devait pas la forcer à continuer la méditation sur ces images-ci, pour se souvenir des moindres détails car pour y être allé, il savait qu'elle avait été sur les lieux, que ce n'était pas une fabrication, mais que des détails restaient voilés. Dans la Force, elle pouvait manipuler ce passage du passé dans sa tête pour tromper l'ennemi tout comme elle pouvait s'aider des sortilèges qu'elle avait apprit pour revoir la scène sous un autre angle où son inconscient ferait remonter des tas de petites choses très intéressantes. On pouvait parler de mémoire de la Force mais le terme devait être autre, Tirésias qui n'était pas très attentif en cours lors de son enfance ne s'en souvenait pas vraiment, ne savait même pas s'il n'apprenait pas ces tours-ci dans les bibliothèques lors de ses pauses plutôt qu'avec un professeur. Oooh ? Qui c'est qui allait s'exercer plus tard avant d'imposer ça à l'humaine ? C'était bibi.

    Et c'était encore bibi qui se retenait de donner une tape à la petite lorsqu'elle semblait se moquer de la comparaison faite avec la Force et une entreprise, comparaison dont son maître était fier malgré tout. Au moins, Akane prenait bien la chose et n'était pas une élève trop coincée d'esprit, donc pas un espion de l'infâme Dante là pour s'assurer que Tirésias ne fasse pas trop de bêtise dans le Cercle Extérieur. En y pensant, le chien allait aussi nettoyer un peu sa grande loge et les pièces de son vaisseau afin qu'aucun élément compromettant ne tombe sous la main de la demoiselle. Que devrait-il répondre si elle tombait sur les restes de sous-vêtement féminins près du lit ? Penserait-elle qu'il était un monstre assoiffé de sang ou bien un être lubrique au dernier degré ? Reporter le départ n'était au final pas une si mauvaise idée, elle était même pratique à souhait, et l'homme visualisait son engin volant par son œil infrarouge, établissant déjà son petit planning pour un nettoyage de printemps optimal en un minimum de temps.

    Alors que la partie mécanique de l'intéressé se concentrait sur sa tâche, l'autre moitié du chien se reportait sur Akane qui lui posait une question, peut-être un peu trop vite car une fraction de seconde plus tard, le chevalier semblait avoir ses réponses, affichant un sourire à la fois moqueur et vainqueur, pour narguer l'impatiente.

      « - Les États en général, non ? »


    Réponse joker sûrement mais réponse quand même.

    Si le shistavanéen lisait dans les pensées de la personne près de lui, il se serait dit probablement à voix basse qu'elle était amusante. Elle, une quo-équipière ? Rien du tout, une fois qu'Akane serait assez expérimentée pour ne plus rester en arrière lors des missions un peu plus périlleuses, un seul jedi allait partir sur le terrain pendant que l'autre s'occuperait du jardin car oui, avec la vision de toutes ses plantes si bien entretenues autour de lui, Tirésias s'était décidé à installer une serre dans son navire, se questionnant juste sur ce qu'il allait prendre. Quelque chose d'assez visible pour énerver les autres mais sans être précieux, cela se résumait à une plaisanterie enfantine et nulle plus qu'à un racket végétal cruel. Le chevalier, sans être pur, était et restait un sale gosse qui donnait l'illusion d'un homme sage seulement par ses paroles et si Akane avait pensé cela ne fusse qu'une seconde, les jours en cohabitation lui porteraient des nouvelles aux yeux et aux oreilles : son maître pouvait être puéril et très con et même souvent.

    Une preuve très simple de cette affirmation, la manière dont Tirésias comptait enseigner à son élève. Si son attention était importante, le chevalier espérait l'avoir en temps voulu et son accord n'était pas une priorité pour ce genre de moment. Si Akane devenait une tête de mule, le maître allait juste taper sur le clou jusqu'à ce que ça rentre ou bien ferait comme elle quand elle s'était protégée de son attaque mentale, il se servirait de ses propres armes contre elle. Est-ce qu'il fallait lui apprendre à manipuler les autres ? C'était là un bien vilain mot dont chacun avait une signification et ils attendaient déjà un trop plein de toute façon. Parfois nécessaire, la métaphore des cartes revenait, Tirésias était ainsi, il trichait souvent au début pour faire baisser la garde, pour évaluer et à la fin, le vainqueur était le cyborg canin. Le Conseil y pensait peut-être à la seconde même et le duo que formait le chevalier et la padawan trouvait des raisons d'être de plus évidentes à toutes phrases sorties lors du dialogue ou interrogatoire, comme vous voulez.

      « - Bien... Bien... »


    Un bâillement discret, une légère larme à l’œil encore vrai et le chien s'étendait légèrement à son tour, comme inspiré par le geste de son apprentie. Une chose qu'elle devait savoir aussi sur lui, en plus de tous ses autres défauts, il y avait cette paresse qui allait à l'encontre totale du côté pile électrique d'Akane qui sautillait presque sur place alors que son maître piquait du nez, faisant juste des petits oui de la tête pour dire qu'il était d'accord avec ce qu'elle pouvait dire, bien qu'aucun son supplémentaire ne sortait des babines du grand canin qui fondait sur le banc tel un vieillard pris de somnolence. Si elle lisait son dossier, par simple curiosité qui sait, elle allait savoir que son maître avait un dysfonctionnement organique depuis son accident sur Etti IV, celui même qui l'avait transformé en cyborg. Ce problème ? Des fluides déséquilibrés dont un antidouleur généré par l'organisme de Tirésias et qui l'aidait à dormir un peu près n'importe où et n'importe quand mais la truffe vers le bas ainsi, un léger ronflement métallique qui raisonnait derrière, son aura survivait étrangement et certains se doutaient de quelque chose, s'arrêtant au loin pour observer le chevalier qui luttait pour préserver un soupçon de conscience.

      « - Va... Voire les guérisseurs, c'est là ta première et dernière mission pour aujourd'hui. Moi je vais... Ouaaaahh... Profiter encore un peu du paysage... »


    Ça y est, le lion est mort ce soir. Tirésias envoyait sa tête en arrière dans un geste inconscient et présentait sa gueule à moitié ouverte où on pouvait presque imaginer un filet de bave et d'huile. Et oui, les moments magiques comme ça avec son maître allaient être nombreux et avec son caractère, la petite Akane allait en souffrir d'autant plus que ce dernier avait fui la possible et imminente confrontation. Elle ne voulait pas perdre du temps dans une infirmerie ? Il fallait le dire plus vite car le chevalier s'était envolé vers le pays des songes, limite en montrant son majeur et ses fesses pour dire qu'elle ne le rattraperait plus, ceci étant une métaphore je vous le rappelle.

    Les jedis qui observaient le shistavanéen commençaient doucement à reprendre leur train-train habituel et discutaient entre eux de l'étrange personnage qu'était Liffey. Les mots couvraient à peine un autre bruit, celui d'une dalle qu'on raie et cela venait de derrière une haie où le haut d'une petite plante était visible, accrochée à son tuteur. Qui pouvait croire qu'elle se déplaçait toute seule ? Et pourtant... D'un pas presque joyeux et chantant, l'évadé couleur émeraude évitait du mieux qu'il pouvait les contacts avec le sol, touchant quelque fois à un autre pot qui s'élevait à son tour pour le suivre mais pour où ? Ce n'était pas très discret mais sur un balcon, on pouvait distinguer le vaisseau du chevalier dont la porte s'ouvrait pour laisser sortir quelques droïdes qui espionnaient sans être invisibles, tout juste ridicules lorsqu'ils attrapaient les premières plantes pour courir les cacher. Tous des spécimens communs sur Tython mais dont le départ laissait des trous dans les structures peaufinées par les jardiniers, juste pour faire chier.

    Tirésias ne dormait pas, c'était l'évidence même car peu de gens maîtrisait ainsi la Force de la sorte. Les plans des bâtiments dans son ordinateur interne, il se dirigeait à travers la broussaille organisée, aidé par la retransmission du panorama distingué par un des voleurs mécaniques plus haut qui paraissait mouvoir les larcins à distance avec de amples gestes de main en réalité là pour orienter le chevalier cleptomane qui se corrigeait une fois la moindre erreur observée...
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor] Lun 14 Avr - 8:42

(HJ C'est court mais c'est pour conclure comme convenu Wink Merci du rp HJ)


J'hallucine. Franchement, j'hallucine simplement. J'avais bien compris qu'il n'était pas du genre pressé pour un crédit, mais là quand même ça dépasse franchement mes expectatives ! J'en ronchonne encore légèrement, mi-amusée mi-agacée, alors que je parcoure les couloirs du temple en direction de l'aile des guérisseurs, bras croisés sur mon torse sans vraiment me préoccuper du monde qui m'entoure, me contentant simplement de surveiller leurs faits et gestes. Leurs discussions ne m'intéressent pas, mes pensées sont toutes tournées vers cette énigme vivante incarnée par mon Maître nouvellement instauré à cette fonction par le Conseil. Je repense encore à ses paroles, tantôt respectueuses de la sagesse supposément attendue d'un Jedi en bonne et due forme comme là :


« Compare ta situation à un équivalent dans la nature... Tu as vu que le courant était trop fort pour juste le bloquer alors tu l'as dévié, usant de l'élan de celui-ci avec intelligence. Par le passé, des peuples ont dompté des forces de la sorte pour irriguer les cultures, pour protéger leurs maisons de la foudre en l'attirant sur des structures archaïques mais efficaces et bien sûr, j'en passe. Tu te doutes que les allégories sont nombreuses. »


Bien sûr que je m'en doute ! Même moi et mon esprit à moitié vide le sait, c'est dire ! Mais le compliment a cependant bien été reçu et apprécié, je dois le dire. Visiblement c'était la bonne chose à faire… pour le moment tout du moins. Je compte bien un jour bâtir des barrières mentales suffisamment solides pour ne pas avoir à employer de méthodes alternatives comme celle-ci ! Un jour, quand je serais assez formée et forte pour savoir comment établir de telles murailles psychiques, ils n'auront même pas la grâce de voir un souvenir des plus inutiles et vains au possible de ma mémoire capricieuse, pleine de capacités mais un peu sélective sur ce qu'elle estime bon et intéressant à retenir dans ses entrailles cognitives. Mes défenses sont encore archaïques, mais j'espère et je compte bien à rattraper ce retard aussi vite que possible ! Je n'aime pas me sentir à la traîne…


« - Les États en général, non ? »


Je ne me retiens absolument pas de lever les yeux au ciel en resongeant à cette réplique inattendue, alors qu'il affichait un sourire clairement vainqueurs… et moqueur sur sa tête de shivastéen retapé suite à un fâcheux accident… je veux dire par là, la moitié de face naturelle qu'il lui reste, celle avec l'oeil à la prunelle dorée et non celle de rubis de l'autre bord. Autre preuve que je doive absolument contrôler mon flux de pensée, et filtrer avec soin qui peut avoir accès à quoi à l'aide d'un réseau de murs mentaux… ou tout bonnement barrer entièrement mon esprit en attendant d'être capable de parvenir à cette alternative. Je vais y travailler, assurément… si ma patience toute relative me le permet bien entendu. Et je ne lui avais même pas demandé son avis, d'abord ! Augmentant l'amplitude de ma foulée presque jusqu'à l'amble, je songe en secouant brièvement ma tête :


"C'est une évidence, du coup pas intéressant. J'l'entendais dans le sens d'un lieu de formation, pas d'une institution… franchement je vous jure, qu'est-ce qu'il faut pas entendre…"


Et après il s'est mis à piquer du nez, doucement mais sûrement. Ça fait vachement bizarre de voir la grande silhouette trapue du chevalier mi-lupin mi-homme, avachie comme celle d'un petit vieux qui prendrait sa sieste de l'aprem sur un vieux banc dans ses jardins. En outre de cet espèce de liquide s'écoulant de ses yeux comme des larmes… mais un fluide ne devant pas seulement être ça, j'en suis sûre. Après tout, j'ai bien affaire à un cyborg alors on sait jamais, il doit bien y avoir deux ou trois trucs qui tournent curieusement. Bah, après tout j'aurais tout le temps nécessaire pour étudier l'animal à qui l'on a confié ma formation, on dirait bien qu'on va faire transport commun pendant un bout de temps. Je sens bien que ça va coincer ou clasher sur certains points, mais bon, on fera avec je suppose. Je suis sérieuse sur mon projet de rédemption, et éventuellement devenir une bonne Jedi, si on m'en donne les moyens et le laps de temps d'adaptation nécessaire… et que l'on ne me braque pas trop, bien entendu. En dépit de ma bonne volonté, je ne suis pas toute blanche et il est bien ardu de quitter la zone grise, voire d'une nuance argentée bien sombre, une fois que l'on a mis un pied dedans pendant un moment… et tellement facile de rechuter, également. C'est pas ce que je souhaite, bien sûr, mais je n'en suis pas moins consciente.


« Bien… Bien. Va... Voir les guérisseurs, c'est là ta première et dernière mission pour aujourd'hui. Moi je vais... Ouaaaahh... Profiter encore un peu du paysage... »


Ou comment se faire congédier en beauté, je dois le dire. Je n'étais pas forcément des plus ravies, les mains posées sur mes hanches alors que je l'avais observé avec incrédulité quelques secondes - une oscillation, fissure, hésitation sur mon perpétuel sourire confiant - avant de, n'ayant pas de réponse, faire volte-face et prendre mon bonhomme de chemin sans la moindre hésitation ou remord à lui tourner le dos. Sans non plus lui donner la grâce d'une réponse vocale ou même mentale. Un léger soupir mi amusé mi exaspéré aux lèvres, et je m'en suis retournée vers le Praexum Jedi dans lequel je circule présentement jusqu'aux ailes de guérison. J'aurais peut-être du lui préciser le point me fâchant concernant la tâche qu'il m'a donnée, mais le bougre a bien fait preuve de ses dons télépathiques supérieurs aux miens, alors il a du bien lire la pensée concernée, non ? Secouant ma tête, je renforce un peu plus mes encore jeunes et fragiles barrières mentales. Cependant, en dépit de mon visage calme et serein, souriant et de mes pensées amusées - agacées, une once d'amusement hante mon esprit alors que je me rappelle bien avoir vu des plantes s'échapper mutinement de leurs trous jusqu'à une destination inconnue… ou pas. Son vaisseau… j'en connais des jardiniers qui vont râler plus tard, mais je ne les plains pas, ça m'amuse en fait. Par contre, qu'il compte pas sur moi pour rester immobile à patienter bien gentiment qu'il se réveille et se bouge le derrière une fois revenue de l'infirmerie. S'il ne s'est pas activé d'ici là, je trouverais bien quelque chose à faire dans le secteur en solo en attendant que monsieur mon prof daigne bien émerger à nouveau. Par exemple… pourquoi pas méditer un brin dehors ? Je pourrais faire le point sur la situation ainsi, avec toutes ces nouveautés. Ou alors peaufiner mes katas, seule je peux bien le faire et ça me défoulera. On verra bien, une fois sortie de là, ce que Jedi Lissey aura derrière la tête. Mais il peut prendre son temps, je suis pressée mais je peux trouver de quoi m'occuper. On verra bien, patientons en attendant de voir de quel bois il est fait, et ce qui m'attend de pied ferme.



[Fin du RP]
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MessageSujet: Re: S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor]

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S'inventer un autre chemin [Pv Akane Edor]

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