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Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS]

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MessageSujet: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Dim 15 Jan - 11:21

La salle de briefing était bondée. Tous les sièges étaient pris. De nombreux pilotes étaient assis sur les marches descendant vers le milieu de l'amphithéâtre ou s'étaient installés au fond de la salle, contre les murs. Ahsio rejoignit quelques connaissances et après les avoir salué, il s'adossa à la cloison. On l'avait convoqué afin de participer à un entraînement à grande échelle sur simulateurs. Il sortit son datapad et le consulta. Il n'avait pas encore pris le temps de s'informer sur son rôle. Il lut les grandes lignes : il serait aux commandes d'un Predator et devrait couvrir l'avancée d'un destroyer de classe Pellaeon afin que celui-ci se mette en position de tir orbital. Ce rôle lui convenait à la perfection. Ayant été formé à l'académie impériale, il était plus que qualifié pour piloter un Predator. Il en connaissait toutes les exigences et savait également en tirer le meilleur.
Il leva les yeux et regarda les pilotes installés dans la salle. On trouvait de tout : des hommes, des femmes, des humains, des non-humains, des grands, des petits... Certaines espèces lui étaient même inconnues. Il constata que la majorité des personnes présentes dans la salle étaient des recrues fraîchement sorties de l'académie républicaine. Il y avait également des vétérans, pour la plupart reconnaissables à leur air négligé, contrastant avec les tenues impeccables des nouveaux.
Deux hommes entrèrent dans la salle : un amiral et un chef tacticien. Le silence se fit lorsqu'ils firent apparaître l'hologramme d'une planète autour de laquelle tournait un anneau d'astéroïdes. Ils commencèrent les explications.
La mission pour les républicains était de défendre la planète face à deux croiseur et un destroyer impérial de classe Pellaeon, le fleuron de la flotte impériale. La planète étant située dans la bordure Extérieure possédait peu d'équipements défensifs : seul un bouclier avait été installé afin d'éviter les météorites. C'était donc aux escadrons républicains en garnison d'assurer à eux seul la défense de la planète. Une tâche plutôt difficile, mais pas irréalisable. Les chasseurs impériaux quand à eux, devraient protéger l'avancée des croiseurs et surtout du destroyer afin que celui-ci se mette à portée de tir orbital. Une fois les explications finies, les pilotes sortirent en direction des hangars où se situaient les simulateurs.


Ahsio arriva du côté des simulateurs d'appareils impériaux, il enfila son casque et s'installa à bord. Il alluma les systèmes et chargea les données de la mission. L'écran s'alluma et Ahsio se retrouva plongé au milieu du vide spatial. Il était maintenant à bord d'un chasseur Predator et son but était de donner du fil à retordre aux républicains, ce qu'il allait s'appliquer à faire.
Il lança son chasseur dans une grande boucle ascendante sur la gauche afin de se retrouver au dessus du destroyer. Il jeta un œil à ses senseurs. Plusieurs lumières vertes symbolisant les chasseurs alliés apparurent sur l'écran. Mais il n'y avait pour le moment aucune trace des adversaires. Il activa la fréquence de l'escadron :


-Escadron Cimeterre : en formation, on va leur faire manger la poussière !

Les autres chasseurs s'alignèrent en formation dite de meute de loup, cette formation viendrait très vite à se casser au profit d'une autre lorsqu'ils seraient face à l'ennemi, mais elle était très pratique en début d'engagement. Une fois en formation, il se dirigèrent vers la planète tandis que les deux autres escadrons resteraient près du destroyer et des croiseurs. L'escadron Cimeterre serait le premier obstacle pour les défenseurs.
Ils progressèrent pendant quelques minutes en direction de la planète, puis traversèrent l'anneau d'astéroïdes sans problèmes. Apparemment, les compagnons d'Ahsio avaient déjà une certaine expérience. Une fois sorti de la ceinture, il jeta à nouveau son regard en direction de son radar : des petites lueurs rouges venaient d'apparaître, elles étaient en train de se rapprocher. Elles seraient bientôt à portée de tir. Il activa ses boucliers et réduisit sa vitesse, autant les laisser approcher...

Il attendit quelques secondes avant de les avoir en visuel. Ses pilotes s'étaient préparés et attendaient eux aussi. Trois chasseurs ennemis étaient en avance sur les autres. Ahsio en verrouilla un et attendit qu'il se rapproche... 1...2...3. Ses doigts enfoncèrent le bouton de tir. Les canons crachèrent leur feu et les lasers s'écrasèrent sur le bouclier de l'aile E qui venait de se dégager, laissant place au reste de son escadron. La bataille commença.

Les ennemis tirèrent de tous leurs lasers, abattant deux Predators. Les chasseurs impériaux ne se laissèrent pas faire et ripostèrent, descendant à leur tour des chasseurs ennemis. Deux d'entre eux prirent Ahsio en chasse. Il se lança dans une demi-boucle suivie d'un demi-tonneau pour se retrouver face à eux. Il bascula tous ses boucliers sur l'avant et tira sur le chasseur de droite qui s'embrasa puis explosa. Son camarade évita l'explosion en faisant une embardée sur la gauche. Ahsio en profita pour tirer à nouveau : il toucha les moteurs et le chasseur explosa.


*Deux de moins...*

La bataille faisait rage, mais ses camarades s'en sortaient bien mais ils étaient largement inférieurs en nombre. Et cela irait en empirant, étant donné que tous les escadrons ennemis n'étaient pas encore arrivés. Ahsio se concentra à nouveau, il devait tenir sa réputation de capitaine d'escadron d'élite. Il ne pouvait se reposer sur ses compétences, et il devait montrer aux petits nouveaux, que bien qu'ils avaient réussi leur formation, il leur restait beaucoup à apprendre. Se faire abattre en simulation constituait généralement une bonne leçon d'humilité. Il savait également qu'il n'y avait pas que des nouvelles recrues parmi les adversaire, et que certains vétérans étaient de son niveau, voire meilleurs.

-Merde ! J'ai été eu ! Ils sont dangereux en fait.
-Quatre, vous êtes mort ?
-Oui chef.
-Alors taisez-vous !


Ahsio se dirigea vers les combats. Son petit jeu avec les deux ailes E l'avait beaucoup éloigné du groupe. Il regarda l'état de ses systèmes, pour le moment tout allait bien, n'ayant pas été touché. Son écran indiqua un ennemi à environ trois klick de là. Lorsqu'il fut à deux cliks, un cadre jaune s'afficha autour de la cible. Il passa au vert lorsque le système de visée verrouilla la cible, Ahsio tira une salve de lasers sur la cible. La ratant de peu...

Il n'eut pas le temps de réessayer que son chasseur fut secoué par un tir de lasers jumelés. Heureusement ses boucliers absorbèrent la majeure partie des dégâts. Il avait juste perdu un peu de vitesse. Le chasseur qui l'avait touché n'était pas très loin derrière lui. Ahsio diminua très légèrement sa vitesse tout en basculant la puissance sur ses boucliers arrières. Il paria sur le fait que l'adversaire attendrait d'être le plus proche possible pour être certain de l'avoir cette fois-ci. Mauvais calcul. Ahsio attendit jusqu'à ce qu'il estime que la distance soit suffisante pour que l'adversaire ne puisse réagir assez vite. Il coupa brusquement ses répulseurs et son adversaire le dépassa. Ahsio réactiva ses répulseurs et se prépara à tirer. Mais l'adversaire eut la vivacité d'esprit de se lancer dans une manoeuvre d'esquive et les tirs d'Ahsio partirent se perdre dans le vide. Ce pilote était fort, il devait le reconnaître...


Dernière édition par Ahsio Nes le Sam 24 Mar - 4:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Lun 16 Jan - 7:44

Pour une fois, il n'était pas question d'arriver en retard. J'avais mis mon réveil et tout pour en être sûre. C'est pourquoi j'arrivais bien vingt minutes avant tous les autres, et je me mis à attendre. Ce que je déteste faire. Je ne pouvais même m'assoir tranquillement, la salle n'étant toujours pas ouverte. Ça m'apprendra. La prochaine fois, je me lèverais comme d'habitude et puis tant pis si j'arrivais en retard. Je sortis les informations relatives au briefing de mon datapad pour les relire, faute de mieux.

Une mission de défense planétaire... Contre deux croiseurs et un destroyer. Super. Encore moi qui me tapes la défense. Bon, ça aurait pu être pire, genre me demander de piloter un chasseur ennemi, mais bon, je voyais difficilement plus ennuyeux. Lorsque les portes s'ouvrirent enfin, je rentrais la première, devant deux bleus à l'air stressé. Ça devait être leur premier entraînement majeur, et je me rappelais avec un sourire en coin le mien. Je m'installais sur un siège confortable et fermais les yeux en attendant que le monde arrive.

Et que de monde ! En quelques instants, la salle fut remplie, et certains durent même s'assoir sur les marches. Du coup, je me félicitais d'être arrivée en avance. Je saluais Kyle, bien que je sache qu'il ne serait pas mon Leader pour cet entraînement. Cette fois, on me donnait mon propre escadron, composé totalement d'inconnus. Je n'aimais pas trop la situation, parce que j'aimais connaître mes gars avant une mission, mais bon faudrait faire avec.

Le silence se fit à l'arrivée des conférenciers, et j'écoutais d'une oreille distraite leurs explications, en connaissant déjà l'essentiel. En gros, mon but était d'éliminer tous les chasseurs ennemis pour s'attaquer au croiseur. Une fois que l'amiral dit "Pilote, à vos cockpit!", je me levais avec précipitation, ayant hâte de bouger mes muscles ankylosés. Je me dirigeais vers les simulateurs de la République, et prit place dans le cockpit d'un E-Wing. Certes, ce n'était pas mon petit intercepteur, mais j'y avais déjà volé et je l'avais fortement apprécié. Il compensait les défauts de l'A-Wing avec des boucliers et un meilleur blindage, tout en gardant une bonne maniabilité.

J'enfile mon casque d'entraînement et active le système. D'abord, le noir. Puis les images défilent, et me voilà au-dessus d'une planète gazeuse, avec pas mal d'échos alliés se dispersant pour rejoindre leurs formations d'attaches. Les miens clignotent, m'indiquant qu'ils se sont calés sur mon signal et ma vitesse.

- O.K. les Pumas, on y va. Formation en V, restez bien derrière moi. On s'attaque au gros, alors préparez-vous à de sérieux ennuis en perspective !


Les indicateurs clignotent deux fois, m'indiquant que le message est passé. Je réduis mes boucliers pour augmenter ma vitesse et on est parti. L'excitation cède la place à ma concentration habituelle, il est pas question de se laisser avoir. Comme à chaque entraînement, j'agis comme si c'était pour de vrai. Deux chasseurs me rattrapent, et, à trois, on forme l'avant-garde du reste de l'escadrille. C'est la position la plus dangereuse, qu'on pourrait même qualifier d'inconsciente, mais c'est celle qui va forcer les ennemis à rompre leur formation, pour que mes gars aient une chance raisonnable de les affronter en dogfight. Mon ailier droit se fait arroser et rompt l'engagement. Je plonge aussi pour que ceux derrière moi tirent à tout va.

- Pumas, rompez la formation et engagez le combat ! Soutenez-vous les uns les autres, je veux pas en voir un tout seul !


Deux cibles abattues déjà, et ça n'est que le début. Après avoir plongé, je remonte en chandelle en arrosant un Predator, qui s'éloigne en fumant. Je le suis en ne souhaitant pas laisser un adversaire touché mais toujours mortel derrière nous. Il prend conscience de ma présence et accélère brutalement en partant dans l'autre sens, me forçant à faire une embardée pour l'éviter. Je fais un virage et le suit. Je regrette l'absence de mes missiles modifiés et tire deux salves courtes. La première le rate, mais c'était fait exprès. En cherchant à l'éviter, il se prend la deuxième, et il est hors-jeu.

Nayeli, Nayeli, tu ne suis jamais tes propres ordres... Je suis seule, et un peu loin du centre de la mêlée. Ça ne serait pas très grave, si seulement je ne voyais pas un allié se faire charger par un hostile. Je décide de ne pas relever la présence seule du chasseur dans les parages, ce qui serait un comble, je dois bien l'admettre. Il évite souplement une charge de lasers adverses, et je tire par représailles dans l'arrière du bandit. Il s'en sort secoué, mais pas assez pour le renvoyer chez lui. A ma défense, je tire d'assez loin et la précision n'est donc pas exemplaire.

J'intime au type de dégager et de rejoindre les autres, pendant que je m'occupe de celui-là. Je me rapproche afin de pallier le type d'erreurs que je viens de commettre, mais l'adverse coupe ses moteurs et je le dépasse en trombe. J'en aurais hurlé de rage. Je me suis faite avoir comme une bleue. Enfin, je ne suis pas encore morte, et je compte bien lui donner du fil à retordre. J'esquive ses tirs, en me fiant uniquement à mes réflexes et à ma chance, et ça paie.

J'effectue une chandelle et je fonce vers le centre des combats. A plusieurs, ce type n'a aucune chance. Et de plus, je n'ai pas le temps de faire un combat aérien dans les règles, la mission passe d'abord. Ce qui n'empêche pas l'hostile de me suivre. Je tire sur un Predator en arrivant, et le détruit, et demande l'assistance des deux pilotes qui suivaient cette cible de m'aider à me débarrasser du chasseur ennemi. J'accélère brutalement et casse d'un coup ma vitesse en infligeant à mon appareil une torsion. Durant un bref instant, je vois son chasseur me dépasser, le mien étant à la verticale. Ce qui a pour conséquence de me retrouver derrière lui. Je n'hésite pas et l'arrose de tirs, tandis que mes deux ailiers me suivent, prêts à engager l'adversaire si il rompt l'engagement.

Ma situation semble assurée. En revanche, le destroyer est presque à sa position, et on a froutrement intérêt à l'en empêcher...
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Mer 18 Jan - 9:22

Ahsio venait de se faire avoir. Sa cible lui avait fait quasiment le même coup que celui qu'il lui avait fait quelques secondes auparavant. Quel comble ! Se faire avoir par son propre tour ! Ahsio était désormais pourchassé par trois chasseurs, son ancienne cible en tête, les deux autres en retrait afin d'abattre Ahsio s'il tentait de se retirer. Il ne leur ferait pas ce plaisir. Il diminua sa vitesse afin de basculer le plus de puissance possible sur ses boucliers arrières. Il était clairement dans une situation difficile.
Il prit quelques précieuses secondes afin de consulter la position de ses pilotes. Ils subissaient de lourdes pertes, l'arrivée de nouveaux chasseurs républicains y étant certainement pour quelque chose. Il était conscient qu'ils ne tiendraient plus très longtemps, et il n'était pas du genre à sacrifier ses hommes, même en simulation. Il savait quand il fallait se retirer et il n'hésitait pas à le faire si le besoin s'en faisait sentir. Or dans ce cas, ils seraient plus utiles auprès des croiseurs. Il activa la fréquence commune :


-Escadron, on se replie. Soyez prudents.

Il reçut confirmation et s'engagea dans la ceinture d'astéroïdes afin de rejoindre les vaisseaux capitaux. Il était toujours suivi par les trois chasseurs républicains. Il décida de tirer profit du terrain pour s'en débarrasser. Il s'engagea dans une vrille autour d'un astéroïde pour pouvoir mettre de la distance entre ses adversaires et lui. Il avait une idée, mais il lui fallait deux astéroïdes particulièrement proches l'un de l'autre. Pour le moment, ses adversaires semblaient ne pas être gênés par les obstacles. Mais Ahsio n'avait pas encore dévoilé tous ses atouts, loin de là. Il finit par trouver deux astéroïdes suffisamment proches l'un de l'autre pour ne laisser entre eux qu'un passage très étroit, que seul un pilote expérimenté et très chanceux pouvait espérer franchir. Il avait de l'expérience, et jusqu'ici il s'estimait plutôt chanceux d'être encore en vie. Aussi décida-t-il de tenter le coup.

-Ok, On va voir s'ils s'accrochent toujours.

Il replia les ailes de son Predator vers l'arrière afin de pouvoir s'insérer dans la faille. Les pilotes des ailes E auraient un peu plus de difficultés avec leurs ailes non mobiles.
Deux de ses adversaires le suivirent dans l'étroit passage, le dernier préféra renoncer. C'était peut-être le choix le plus raisonnable. Malheureusement pour lui, l'un des pilotes ne réussit à passer entre deux parois extrêmement proches l'une de l'autre et le nez de son chasseur se brisa en percutant la masse de l'astéroïde, puis ce fut l'appareil entier qui disparut en explosant. Seul restait le chasseur qui le poursuivait depuis le début, celui-ci arrivait à le suivre à travers l'amas. Ce pilote était définitivement très doué. Ahsio se dit qu'il devrait aller à sa rencontre une fois la simulation terminée. Mais en attendant, il avait la ferme intention de l'abattre. Il joua adroitement de ses répulseurs afin d'éviter les parois rocheuses et il augmenta sa vitesse. L'autre pilote n'oserait peut-être pas se lancer à la même vitesse dans un passage aussi étroit. Cela lui permettrait de prendre un peu d'avance. Il manœuvra en donnant de légers coups de manche-à-balai pour éviter les parois, jamais brutalement, afin d'éviter de terminer la simulation sur un accident très bête.

Il finit par sortir de la crevasse et il entama aussitôt une boucle verticale, pas tout à fait elliptique. En effet, au lieu d'un simple looping, il écrasa la trajectoire sur sa fin afin de se retrouver juste au dessus de la sortie de la faille, prêt à intercepter son adversaire à la sortie de celle-ci. Il profita de son moment de répit pour jeter un œil à ses systèmes : son bouclier avait encaissé pas mal de coups et commençait à être dangereusement affaibli. Il lui en restait 35 %, il allait devoir abréger le combat au risque de se retrouver exposé. Il devait en finir le plus vite possible. Il continua l'examen des systèmes. Ses propulseurs étaient toujours au maximum de leur capacité, mais ses lasers avaient perdu environ 20 % de leur capacité. Rien de grave de ce côté-là, il lui suffirait d'être précis. Malgré tout il préféra transférer une partie de la puissance des armes aux boucliers. Sans boucliers, il avait beau être bon pilote, il diminuait fortement ses chances de survie.

Il put observer au loin les vaisseaux capitaux impériaux s'avancer vers la planète. Les deux croiseurs étaient conçu pour repousser les chasseurs. Aussi étaient-ils en formation de chaque côté du destroyer qui avançait inexorablement vers sa cible. Ils étaient en bonne voie de gagner la partie. Mais la situation pouvait encore être renversée. Avec un minimum de technique et un peu de chance, le camp républicain pouvait se débarrasser de l'un des croiseurs, laissant un chemin de libre vers le destroyer. Si les républicains en détruisaient un, l'autre croiseur n'aurait pas le temps de venir au secours du Pellaeon pour le défendre des bombardiers.

Ahsio se prépara à accueillir son poursuivant. Il le vit apparaître hors de la faille. Il n'hésita pas et se lança à sa poursuite. Cette fois-ci il avait l'avantage. Sur son écran de contrôle de tir, il vit apparaître un rectangle jaune autour du chasseur. Celui-ci oscillait, aussi dut-il compenser en penchant son manche à balai. Il finit par verrouiller sa cible : le rectangle passa au vert. Aussitôt, Ahsio tira une salve de lasers. Touchant le bouclier... Cela aurait au moins secoué son adversaire. Celui-ci réagit en se lançant dans une nouvelle trajectoire. Ahsio se prépara à tirer à nouveau, les boucliers de l'aile E devaient être au plus bas, la prochaine fois serait la bonne...



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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Ven 20 Jan - 6:11

Bientôt, les chasseurs adverses finirent par se replier de la zone, au prix de lourdes pertes. Je ne savais pas qui était leur Leader, mais je le respectais déjà pour ne pas sacrifier inutilement la vie de ses pilotes. La zone était nettoyée pour nos chasseurs et bombardiers, et il s'en fallait de peu : les bâtiments ennemis étaient presque en position. Je reçus la confirmation que les Tigres prenaient le relai pour attaquer les croiseurs adverses, et reçu l'autorisation de continuer à harceler les chasseurs adverses, pour éviter qu'ils ne se regroupent.

En attendant, je suivais toujours le Predator ennemi, qui s'engouffra dans une ceinture d'astéroïdes pour nous semer. Personnellement, je relevais le défi qu'il nous lançait implicitement avec joie. J'avais l'impression qu'il se demandait si nous étions capables de le suivre dans cet amas de roches en vol. Et bien, qu'il ne se fasse plus d'illusions, je le rattraperais. C'en était presque devenu un affront personnel, même si dans un coin reculé de ma tête, ma conscience me soufflait de ne pas céder à l'imprudence et à rester concentrée et détachée de tous sentiments personnels perturbateurs.

Il s'engouffra soudain dans une faille dans une roche, et j'indiquais à mes ailiers mon intention de le suivre. Mon ailier gauche approuva, tandis que le droit renonça, n'ayant pas l'air tout à fait à l'aise dans ce terrain difficile. Je ne pouvais l'en blâmer, je devais être moi-même parfaitement inconsciente pour tenter le coup. Je l'avisais de rejoindre le centre des combats, et me concentrais.

Je passais tout juste entre deux parois, et le temps de penser que le suivant n'y arriverait pas, il était trop tard. J'entendis un choc sourd, puis une déflagration, dont l'onde de choc me percuta par l'arrière. Je lâchais un juron et mettais les gaz. Enfin, pas trop, le couloir étant bien trop dangereux pour y voler à pleine vitesse. Je continuais ma route, attentive aux moindres recoins. Mon esprit me hurlait de s'enfuir d'ici, et de retourner à la bataille principale, mais j'avais décidé de ne pas le laisser s'échapper après qu'il ait eu plusieurs de nos pilotes.

Je sortis à pleine vitesse, me doutant qu'il m'attendait fermement à l'extérieur. Je ne m'étais pas trompée et reçu aussitôt une salve directe. Je virevoltais pour m'engager sur une autre trajectoire, une sirène d'alarme m'indiquant que mes boucliers allaient bientôt lâcher. Je ramenais le manche contre moi, afin de piquer vers le haut, les astéroïdes m'offrant une couverture relative. Je ne pouvais pas faire grand-chose en l'état actuel, et si ça continuais ainsi, c'était lui qui allait finir par m'avoir. J'ouvris rapidement le canal général de la République, et fut aussitôt assaillie par un flot de paroles. Je dus faire le tri rapidement, tout en gardant un œil sur ma trajectoire et sur la position de mon poursuivant. A chaque fois qu'il m'avait dans son viseur, je changeais de trajectoire pour me cacher derrière un autre astéroïde. Ça ressemblait à une partie de cache-cache mortelle, où au moment où je serais découverte, je serais morte.

Le canal m'apprit qu'un croiseur avait été forcé à reculer pour éviter la destruction, et qu'un groupe de bombardiers se dirigeait sous bonne escorte vers le destroyer. J'aurais aimé être là bas pour les soutenir, l'occasion était idéale pour porter un sérieux coup au Palleon. Non. J'aurais du être là-bas. Je le savais. J'avais suivi un unique chasseur adverse, délaissant le reste de la mission. Je m'en sentais un peu coupable, mais je ne pouvais pas revenir en arrière. Pas forcément envie non plus. Enfin, en attendant, j'en avais aussi assez de jouer à la proie.

Je coupais les communications et fis demi-tour. Je le vis arriver en face de mon appareil, et fonçais tout en tirant. D'accord, ça n'était ni élégant, ni forcément très efficace, mais je voulais le surprendre par une manœuvre que tout pilote sensé avait abandonné. Après tout, j'avais autant de chance de me faire toucher que de le toucher lui, mais mes boucliers réduits et la bataille approchant rapidement à un dénouement, je pouvais bien me permettre un instant de folie et de joie pure. Et puis, si on ne teste pas ce genre de choses en simulation, on ne saurait jamais comment ça marchait... J'étais curieuse.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Sam 21 Jan - 9:42

Il était temps d'en finir. Dès qu'Ahsio avait le chasseur dans le collimateur, celui-ci se réfugiait derrière un astéroïde, ne lui laissant pas le temps de tirer. Ahsio était patient. L'autre avait déjà commis une erreur en se séparant de son groupe, il en referait certainement une bientôt. Il continuèrent ainsi ce petit jeu pendant quelques temps, avant que l'autre ne se décide à passer à l'action. Il avait compris qu'il ne s'en sortirait pas ainsi. Aussi, il ne fut guère surpris de voir son ennemi tenter le tout pour le tout.
Il arrivait, face à lui. Son intention était claire : en finir avec cette course-poursuite. C'était la seconde erreur qu'il fallait à Ahsio pour terminer ce combat. L'aile E tira de tous ses lasers. Il tira également. Il savait que ça serait inutile, mais ses salves de lasers ne servaient qu'à perturber le système de visée de son adversaire, lui faisant perdre beaucoup de précision. Lorsqu'ils furent à un klick l'un de l'autre, Ahsio se lança dans un tonneau sur la droite afin d'éviter l'attaque de son ennemi, puis il revint sur le côté de son adversaire qui lui présentait alors son flanc. Il n'attendit pas que le verrouillage se fasse avant de tirer. Non, ça lui prendrait trop de temps. Dès que la cible lui sembla bien située, il tira au nez...
Et fit mouche ! La décharge de laser toucha les réacteurs. Cela provoqua une légère explosion à l'arrière de l'aile E, secouant son pilote. Les moteurs avaient sans doute rendu l'âme. Son adversaire se retrouvait sans moteur, et sans bouclier. Il possédait sans doute encore ses armes, mais sans moyen de manœuvrer, il n'était plus qu'un pilote dans une carcasse allant à la dérive à proximité d'un amas d'astéroïdes. Il avait gagné ce combat, avec beaucoup d'efforts, mais il avait gagné.

Malheureusement, ça n'était pas le cas de la bataille. Celle-ci touchait à sa fin. De son côté, les pilotes qui lui restaient tentaient d'empêcher les chasseurs et bombardiers ennemis de se diriger vers les vaisseaux capitaux, mais beaucoup réussissaient à passer à travers les mailles du filet. Au dessus du destroyer, des bombardiers républicains exécutaient une danse mortelle, larguant leurs bombes sur les points critiques du vaisseau. L'un des croiseurs avait finalement été détruits et l'autre ne savait plus où donner de la tête, essayant de descendre les bombardiers, tout en subissant les tirs des chasseurs républicains. Les deux escadrons de Predators qui étaient restés sur place avaient perdu beaucoup de pilotes et les quelques survivants essayaient de descendre les chasseurs qui harcelaient le croiseur. Ahsio, enfin débarrassé de son adversaire avait le champ libre pour aller aider ses camarades. Il rejoignit son escadron qui était en train de lutter contre les chasseurs retardataires qui sortaient encore de la ceinture d'astéroïdes. L'un de ses hommes était en mauvaise posture, il était poursuivi et n'arrivait pas à se défaire de son adversaire. Ahsio arriva pile derrière celui-ci et le descendit en deux salves bien placées.



- Ok les Cimeterres, même si notre mission était de retarder l'arrivée des chasseurs ennemis, je crois qu'on a plus rien à faire ici. On va aider l'Ombre contre ces bombardiers.



Il se dit intérieurement que le commandant qui avait établi cette stratégie était un crétin. Certes ils les avaient retardés, mais ils avaient également subi beaucoup de pertes. Si ils avaient été avec les autres escadrons, ils auraient pu être bien plus efficaces. Enfin, cela était un entraînement, aussi il n'allait pas risquer un blâme pour remettre des ordres en question. Le but de cette simulation était avant tout de tester le niveau des bleus.
Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre le destroyer, les étoiles disparurent et l'espace devint totalement noir. Le cockpit du simulateur s'ouvrit en sifflant. Ahsio vit alors quelques camarades attendant près de son simulateur. Ahsio soupira. Le scénario était à revoir, il en parlerait au commandant. En attendant, il retira son casque et se tourna vers ses pilotes en souriant.


- Alors ? Je m'en suis sorti comment ?

- Avec brio ! Tu t'es classé troisième du groupe « Impériaux » avec 3 chasseurs abattus et un immobilisé.

- Vraiment ?
Ils se félicitèrent mutuellement pendant quelques minutes, puis Ahsio les quitta pour aller voir le tableau des scores. Il regarda les premiers noms : c'était des commandants dont la réputation n'était plus à faire. En dessous venaient les vétérans de son niveau. Il n'avait pas à se plaindre, il était plutôt bien classé. Un bon nombre de pilotes jubilaient devant les résultats, d'autres étaient clairement déçus de leur performance. Ahsio se dirigea vers le simulateur où se trouvait la personne qu'il avait eu tant de mal à immobiliser. Il voulait la féliciter car plonger à la poursuite d'un ennemi dans un champ d'astéroïdes n'était pas à la portée de tous, et le combattre en face à face était tout aussi fou ! Il attendit que le cockpit s'ouvre et que le pilote sorte. C'était une femme, plutôt fine aux cheveux bruns et aux yeux marrons. Il fit un pas vers elle :


- Vous êtes une adversaire redoutable ! Fit-il avec un grand sourire. Vous avez bien failli m'avoir à plusieurs reprises. J'ai vraiment apprécié notre petite joute, même si ça nous a fait légèrement dévier de nos objectifs.


Il était sincère, il avait bien failli y passer. Elle était vraiment douée. Il ne pouvait pas justifier cela juste par le fait qu'il était un peu rouillé et qu'il n'avait plus l'habitude des Predator. De toute évidence, la jeune femme n'en était pas à son premier essai. Il lui tendit la main :


- Je suis Ahsio Nes, de l'escadron Spectre. Ravi de vous rencontrer.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Dim 22 Jan - 8:19

Bon, d'accord, j'avais eu tort. Je sais reconnaître mes erreurs, et je sais les reconnaître vite. Par exemple, là, je sais que j'ai eu tort de foncer sur mon adversaire avant même que l'engagement soit fini. Je sais aussi que cette manœuvre est condamnée à l'échec par tous les manuels que j'ai pu consulter. Et il faut reconnaître qu'ils n'avaient pas tort, eux. Pour plusieurs raisons : la première, c'est que tous mes tirs se dispersent, et donc que je suis très, très peu efficace. Voir pas du tout. La seconde, c'est que ça aurait pu impressionner un bleu, mais mon adversaire est tout sauf un débutant, et je le savais déjà avant. La troisième, c'est que je suis bien plus en danger que lui, mes boucliers au plus bas.

Alors pourquoi je l'ai fait ? J'aurais pu dire pour tester, mais ça n'est pas forcément vrai. Je pense que vu que la bataille est en train de se terminer sans moi, j'avais envie d'essayer d'abattre une nouvelle cible, par pure rage d'avoir fait passer un engagement personnel avant les intérêts de la mission. Parce que, inutile de le nier, j'ai poursuivi ce type par pur caprice.

Et j'en paie maintenant le prix : après avoir esquivé ma charge, il me met hors-jeu en touchant mes moteurs. Une alarme résonne, mes appareils vibrent, puis s'éteignent les uns après les autres en divers crachotements et électricité statique. Mon accélération se poursuit sur quelques mètres, puis je m'immobilise dans l'espace. Immobilisé. Sans défense. Plus qu'inutile. Pire qu'abattue.

Je frappe rageusement mon panneau de commande avant de me forcer au calme. L'autre s'en va, trouvant peut-être amusant de me laisser ainsi. Je respire profondément, et me passe une main dans les cheveux en détachant mon casque. Je court-circuite le tableau de bord et parvient après plusieurs essais et autant de jurons à redémarrer ma radio. C'est déjà ça, je pourrais savoir ce qui se passe. Le signal est faible, et pas mal de parasites obscurcissent la ligne, mais je comprends le principal.

On a gagné. Heureusement, sinon, je m'en serais voulue à mort. Apparemment, les autres ont fait un bon boulot. Meilleur que le mien. Puis c'est le noir, et me revoilà dans le cockpit de simulation. Mon score doit être bien bas. Si j'ai certes abattus quelques adversaires, ma dernière prestation laissait à désirer. Et puis, j'ai été immobilisée, et si c'était moi qui comptait les points, je m'en serais plus retiré que si j'avais été tout simplement abattue.

Je soupire dans le noir et me décide à sortir. En dépit de notre victoire et le fait que ce soit un entraînement, j'ai le goût amer de la défaite. Le poste s'ouvre en un chuintement et je m'extirpe en songeant à aller boire un coup. Un type m'attend à l'extérieur, plutôt beau gosse, et l'espace d'un instant je me demande si c'est pas un officier venu m'annoncer ma rétrogradation. Du n'importe quoi ? Peut-être, mais on sait jamais, après tout, quand quelque chose ne va pas, rien ne va... Mais non.

- Vous êtes une adversaire redoutable ! commence-t-il en souriant. Vous avez bien failli m'avoir à plusieurs reprises. J'ai vraiment apprécié notre petite joute, même si ça nous a fait légèrement dévier de nos objectifs.

Son sourire est contagieux, et je souris distraitement à mon tour. C'est vrai que, mission mis à part, j'ai apprécié notre combat, même si j'en suis sortie perdante. Mais je ne suis pas une mauvaise perdante, et j'accepte ma défaite comme il se doit. Et puis, il émane de lui une joie de vivre qui m'empêche de ruminer plus longtemps mes pensées. En un sens, c'est tant mieux.

- Je suis Ahsio Nes, de l'escadron Spectre. Ravi de vous rencontrer, dit-il en me tendant une main que je serre avec vigueur.
- Nayeli Hawkins, des Phoenix, je réponds. Tout le plaisir est pour moi, je dois reconnaître que je n'avais pas croisé d'adversaires comme toi depuis pas mal de temps. Je te paie un verre ? je demande avec un clin d’œil.

C'est pas parce que j'ai terminé mon quart d'heure coup de gueule que j'ai plus envie de boire un coup. Surtout si j'ai l'occasion de rencontrer des gens aussi intéressants que cet Ahsio. C'est vrai quoi, j'ai peu de relations hors de mon escadrille, et rencontrer des pilotes talentueux qui ne se la racontent pas à tout bout de champs, c'est devenu rare.

On se dirige donc vers le bar, où déjà pas mal de pilotes sont là en train de se féliciter ou de se réconforter mutuellement. Pas mal de pilotes en train de boire pour oublier ou d'oublier pour boire, ça risque de dégénérer, aussi quelques gardes sont postés à la porte. Mais pour l'instant tout va bien, et c'est pas parce que dans presque 90% des cas les pilotes ont tendances à se taper dessus que ça va forcément recommencer aujourd'hui...

Je paie donc la première consommation comme promis, et lève mon verre.

- A la victoire de la République, dis-je en essayant de garder un ton sérieux.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Mer 25 Jan - 9:42

-Nayeli Hawkins, des Phoenix. Tout le plaisir est pour moi, je dois reconnaître que je n'avais pas croisé d'adversaires comme toi depuis pas mal de temps. Je te paie un verre ?
-Avec plaisir ! Répondit-il.


Depuis combien de temps n'avait-il pas pris le temps d'aller boire un verre avec d'autres pilotes ? Sans doute depuis sa promotion à la tête de l'escadron Spectre. Trop longtemps à son goût. Quand il n'était pas en mission ou en entraînement, il devait faire face à une tonne de paperasse. Des rapports, des enquêtes, des requêtes... Si on lui avait dit à quoi il aurait affaire, il n'aurait sans doute pas accepté cette promotion. Il passait ainsi le plus clair de son temps à remplir des papiers totalement inutiles, y compris son temps libre. Finalement, depuis son entrée à l'académie impériale, après tout le parcours qu'il avait effectué jusque là, il n'avait pourtant pas croisé beaucoup de gens avec lesquels il avait sympathisé. Au diable la paperasse ! Il était temps de corriger cela ! D'autant plus que Nayeli n'avait pas l'air d'être le genre à se prendre la tête pour des résultats, comme la plupart des pilotes le faisaient si bien. Il composait continuellement avec les pilotes et leurs égos démesurés. Discuter avec quelqu'un comme Nayeli serait certainement rafraîchissant.

Ils se rendirent donc dans le bar le plus proche de la base, dans lequel les pilotes et autres militaires avaient l'habitude d'aller se détendre lors de leurs permission. Bien sûr, ici le mot détente signifiait très souvent beuverie et donc régulièrement conflits entre pilotes trop alcoolisés. À l'intérieur certains étaient déjà dans un piteux état, et rentreraient sans doute en rampant d'ici quelques heures. Dans tous les cas, ils auraient droit à un bon mal de cheveux le lendemain matin.

Ils s'installèrent à une table, légèrement à l'écart du raffut, afin de pouvoir discuter sans avoir à hausser la voix. Nayeli leva son verre :


- A la victoire de la République !


Ahsio sourit. C'est vrai, il avait tendance à l'oublier, il était républicain. Et il l'était car il avait choisi de combattre l'Empire, surtout pour cela. Il savait que la République avait également ses failles, mais le système républicain lui semblait être le meilleur possible, du moins c'était le cas pour le moment. Et bien qu'il était républicain, son devoir allait avant tout envers son escadron et donc ses pilotes. Il était responsables d'eux et il devait faire en sorte qu'ils restent en vie. Et cela passait bien avant tout ordre provenant du Haut Commandement de la Nouvelle République.

- À nous ! Les meilleurs pilotes de la Galaxie ! Fit-il avec un grand sourire. L'Empire n'a qu'à bien se tenir !


Il but une gorgée de son whisky. Un whisky corellien. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé dans un bar, à profiter d'un instant de répit. Une alerte aurait très bien pu retentir à ce moment-là. Auquel cas il leur aurait alors fallu être aptes à décoller dans les quelques minutes, ce qui signifiait se précipiter aux hangars, enfiler la combinaison de vol, se glisser dans son chasseur et attendre les ordres. Il espérait que ça n'arriverai pas aujourd'hui. Pourtant c'était également ce qui rendait ces moments de détente encore plus agréables.
Il sentit l'alcool lui réchauffer la gorge. Il n'était plus habitué. Il laissa échapper un petit rire :

- Houla ! Je me rappelais plus que c'était aussi fort. Il faudrait peut-être que je pense à sortir de ma grotte un peu plus souvent !


Il se dit qu'il ferait attention à sa consommation ce soir. Sinon il était fort probable qu'il finisse comme la plupart des autres pilotes : avec la gueule de bois le lendemain.
Il se pencha en avant afin de couvrir les voix des hommes qui s'étaient mis à chanter de l'autre côté du bar, et reprit un air sérieux :


- Alors ? De quel coin de la Galaxie tu viens ? Fit-il en passant du vouvoiement au tutoiement. Et qu'est-ce qui t'as amené à devenir pilote de chasse ?


C'était toujours intéressant de connaître les motivations des gens. Savoir comment ils en étaient arrivés là où ils étaient. Par exemple, la plupart des membres de son escadron étaient des têtes brûlées. Des gens qui avaient de bonnes raisons d'en vouloir à l'Empire. Aussi s'étaient-ils engagés dans les rangs de la Nouvelle République, par désir de vengeance ou pour se battre pour leurs idéaux. C'était également le cas d'Ahsio.


Dernière édition par Ahsio Nes le Sam 28 Jan - 9:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Sam 28 Jan - 8:32

- À nous ! Les meilleurs pilotes de la Galaxie ! répondit-il en écho à mon ovation. L’Empire n'a qu'à bien se tenir !

Je souris à mon tour et avalais une gorgée de whisky, oubliant du même coup tout le stress accumulé, et mon début de rancœur. La détente après un combat avait cela de particulier que les pilotes, en tout cas pour ma part, oubliait totalement le danger, le fait qu'ils auraient pu mourir un quart d'heure plus tôt... Certes, il s'agissait cette fois d'une simulation, mais je trouvais que les soldats en général développent une sensibilité à la vie que n'ont pas forcément les civils. On se trouvait confrontés à la Mort si souvent que nous ne pouvions que profiter de la vie. Et ça, c'était un aspect de mon boulot que j'adorais.

Ahsio rit un peu, et l'espace d'un instant je craignis d'avoir raté quelque chose d'important. Il fallait avouer que mon regard perdu dans le vague devait être peu avenant à la conversation, il fallait que je me concentre un minimum sur ce qui se passait. Et puis il ne me connaissait pas assez pour qu'il me secoue comme un prunier comme faisaient mes amis lorsque mon cerveau partait faire un tour. Et puis, restez concentrée ne présentait que des avantages.. Ça pouvait être utile si on ne voulait pas se prendre une coup aussi. Avec tous les pilotes rassemblés et les consommations augmentant assez rapidement, une bagarre en règle pouvait éclater à tout moment maintenant.

- Houla ! Je me rappelais plus que c'était aussi fort. Il faudrait peut-être que je pense à sortir de ma grotte un peu plus souvent ! Alors ? De quel coin de la Galaxie tu viens ? Et qu'est-ce qui t'as amené à devenir pilote de chasse ?

Je bus une nouvelle gorgée en réfléchissant à ce que j'allais dire. Non, je n'allais certainement pas mentir, mais je ne voulais pas sombrer dans une sorte de mélodramatique insupportable. Il fallait alléger ce qui pouvait l'être, et ne pas plomber l'ambiance. Et puis franchement, somme toute, mon histoire était plutôt banale : j'étais sûre que pas mal de monde avait vu des proches mourir à cause de l'Empire, et on pouvait même dire que j'avais eu plus de chance que d'autres.

- Je viens de Jabiim, tu connais ? Un coin gorgé d'eau, où il pleut la plupart du temps... La planète idéale quoi, commentais-je en riant. J'en suis partie après que mes parents se soient fait exécutés par les Impériaux. Après, j'ai pas mal bougé avec des marchands, jusqu'à me arriver ici. J'ai travaillé pour payer mon entrée à l'Académie, et j'ai réussi. Remarque, c'est pas forcément par haine du système Impérial, je pensais juste que la République serait la seule apte à protéger des innocents. Et si on devait se battre contre ceux qui ont tué ma famille, tant mieux, mais je ne désires pas tant qu'on pourrait le croire me venger.

Qu'est-ce qui m'a amené à devenir pilote ? C'est plutôt évident une fois qu'on a volé pour la première fois, pas vrai ? Bon, c'est vrai que pour moi, c'était dans un cargo aussi maniable qu'une brique mais bon, on fait avec ! Enfin, c'était quand même une expérience inoubliable que de piloter un vaisseau. Et toi ? Je suis sûre que ton histoire doit être bien plus passionnante que la mienne, dis-je en souriant.


Je n'aimais pas trop parler de ma vie passée, préférant me focaliser sur le futur. Si mon passé était sombre et terne, il n'appartenait qu'à moi de modeler mon avenir pour qu'il soit radieux. Non. Plus encore que cela, ma rencontre avec Ahsio en fournissant une preuve supplémentaire. Il appartenait à nous autres, pilotes, soldats, techniciens, politiciens, Jedis, et tous les autres avides de démocratie et de liberté de changer le cours du temps, pour forger nos idéaux en quelque chose de concret.

Il ne servait à rien de se lamenter sur notre présent. Ce qui était fait, était fait. Et nul n'y pouvait plus rien à présent. En revanche, ce qui restait à faire était considérable pour changer le cours de sa vie individuelle ou collective. Le temps nous était limité, et rester assis les bras croisés était la pire chose que nous avions à faire. C'était déjà dans mon caractère : je détestais par-dessus tout l'inaction.

D'ailleurs en parlant d'inaction, le bar commençait à s'animer : déjà deux pilotes en venaient aux insultes, apparemment au sujet de la simulation, et un coup d'oeil me permit de savoir qu'ils étaient ivres, et bien comme il faut. Et leurs potes l'étaient aussi pour la plupart. Ça mettrait encore un petit moment avant de dégénérer, mais ça ne saurait tarder... Pour le meilleur, ou pour le pire.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Lun 30 Jan - 10:57

Elle n'avait clairement pas eu une enfance facile. Cela se sentait à la façon dont elle passait rapidement sur cet épisode de sa vie. Elle n'aimait sans doute pas parler de son passé. Pourtant elle s'en était bien sortie, et elle avait du mérite. Elle s'était payé elle-même ses études à l'académie Navale et avait ainsi réussi à réaliser son rêve : piloter. Et Ahsio savait à quel point l'accès au rang de pilote de chasse était restreint. Il fallait être le meilleur. Et une fois qu'on avait réussi, on était tout simplement considéré comme un bleu. Du moins c'était le cas pour la plupart des pilotes. Ahsio avait eu un parcours un peu plus... particulier. Contrairement à la plupart des pilotes, il n'était pas passé à l'Académie, du moins pas l'Académie Navale de la République...

Nayeli semblait ne pas en vouloir à l'Empire pour la mort de ses parents. Ahsio se dit qu'elle avait dû finir par passer outre cela. Lui aurait sans doute cherché la vengeance, mais là encore, il ne pouvait faire de comparaison. Mais il était d'accord sur une chose. Ils combattaient tous deux pour défendre les idéaux dont ils se sentaient le plus proches.
Elle avait également raison sur un autre point : une fois qu'on avait goûté au pilotage, on ne s'en passait plus.


- Et toi ? Je suis sûre que ton histoire doit être bien plus passionnante que la mienne.


Ahsio réfléchit un instant. Son histoire ? A quoi se résumait-elle ? Une haine profonde envers l'Empire, Et puis après ? Il avait basé toute sa vie sur cette simple chose. Il avait enchaîné mission sur mission pour le compte de la République, allant parfois jusqu'à oublier pour quelles raisons il se battait. Pourtant, il ne servait à rien de se battre, si on perdait de vue la raison pour laquelle on luttait... Il savait qu'il combattait contre l'Empire. Pourquoi ? Parce qu'il représentait un système tyrannique, régnant en imposant la crainte. Ceux qui s'opposaient au système étaient enfermés voire exécutés. Il savait qu'il avait tendance à avoir une vision un peu naïve des choses, et que la République possédait également sa dose de défauts, mais elle était ce qui lui semblait être le meilleur système possible. Il repensa aux moments clés de sa vie :

-Et bien... Mon histoire n'est pas aussi passionnante que tu peux le croire. Je suis de Corulag. Ma famille est pro-impériale comme la plus grande partie de la population en fait... Et particulièrement mon père qui fait partie du gouvernement. Mon père, et tous les autres d'ailleurs, sont des politiciens corrompu, qui trempent dans des affaires aussi puantes qu'un Hutt. J'ai vite fait comprendre à mes parents que je ne partageait pas leur point de vue, et comme ça posait des problèmes à mon père, il m'a envoyé à l'académie Impériale. J'étais plutôt bon, mais j'ai eu quelques... petits soucis pendant un permission.
Je suis passé pas loin de l'exécution mais l'Empire avait besoin de bras. Du coup je me suis retrouvé sur un chantier à galérer pendant deux mois.
Finalement, la République a lancé un assaut sur la planète, du coup on a profité de la confusion pour s'échapper et on a rejoint les vaisseaux républicains. Ils ont aimé mes compétences en pilotage, et ils m'ont affecté à un escadron de chasseur. Et depuis j'enchaîne les missions.


Il s'arrêta un court instant et conclut :

-Voilà, et tout ça m'a conduit dans ce bar, en train de discuter avec toi. Fit-il avec un sourire.

C'était une façon de voir les choses. Il avait relativisé ses « petits soucis » : il avait quand même tué quelqu'un, certes par légitime défense, mais ça restait un meurtre. Pour cela le tribunal militaire l'avait fait passer du rang de cadet à celui d'esclave. Finalement, il n'était pas à plaindre, il s'en était sorti avec une unique cicatrice sur l'épaule. Rien de grave. Et puis cela lui avait permis de rejoindre les rangs de la République, d'un certain côté, c'était un point positif. C'est ainsi qu'il voyait la chose. Il n'allait pas se lamenter sur son passé, ce qui était fait était fait. Depuis cette époque là, il était d'ailleurs du genre à se focaliser non pas sur le passé ou l'avenir, mais bel et bien sur le présent. Il avait déjà perdu trop d'années de sa vie au domicile familial et à l'académie impériale à perdre son temps. Il souhaitait désormais le rattraper.

Ils continuèrent à discuter jusqu'à ce qu'un verre vienne se briser contre le mur, derrière Nayeli. Ahsio se retourna brusquement vers l'expéditeur. C'était un pilote ivre mort qui était sur le point de se battre avec l'un de ses camarades. Le verre n'était pas destinés à eux mais à cet autre pilote. D'autres pilotes s'amassaient autour tandis que certains essayaient de raisonner les deux hommes. Ahsio regarda Nayeli et haussa un sourcil. Puis il se leva et se dirigea vers les deux pilotes. D'autres reconnurent Ahsio et le laissèrent passer vers le centre du cercle. Les deux hommes se calmèrent après avoir aperçu Ahsio. Il eut la surprise de voir que l'un d'entre eux était l'un de ses Spectres.
Lui aussi l'avait reconnu et il recula involontairement lorsqu'il vit la colère qui brillait dans les yeux d'Ahsio. Ahsio détestait se faire remarquer en public, et encore plus lorsque c'était pour engueuler l'un de des pilotes. Déjà que son escadron n'était pas le modèle parfait de discipline que l'on exigeait d'un escadron de pilotes, si ses hommes commençaient à se faire remarquer, la réputation des Spectres serait très mauvaise. Et ça, Ahsio n'y tenait pas.


-Capitaine... J'y suis pour rien ! C'est...

-Taisez-vous ! Cria Ahsio. Garde-à-vous pilote Senrev !


L'homme s'exécuta dans un garde-à-vous plutôt maladroit.


- J'espère que vous savez ce qui vous attend pour agression envers un militaire de la République Senrev ?

- Sauf votre respect Capitaine, c'est lui qui m'a agressé.

- Et c'était une raison pour lui lancer un verre dessus peut-être ? Verre qui a failli nous atteindre le commandant Hawkins et moi ?

-Je... Il m'a insulté parce que je venais de Kuat !

-Silence ! Allez décuver dans vos quartiers. D'ici demain j'aurais réfléchi à votre sanction ! Que quelqu'un de sobre l'accompagne. Maintenant rompez !

L'homme quitta le bar, accompagné d'un camarade qui le supportait afin qu'il ne tombe pas. Ahsio se retourna vers l'autre homme qui n'avait pas encore ouvert la bouche et le foudroya du regard.


- Quand-à-vous...

Il vit alors Nayeli se frayer un passage vers l'homme en question.


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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Mer 1 Fév - 6:02

Ainsi, Ahsio avait d'abord servi sous l'étendard Impérial avant de rejoindre nos rangs... Oh, je n'allais pas l'en apprécier moins. Bien au contraire : il avait pu voir les deux systèmes fonctionner, et je trouvais que ça devait lui donner un avantage par rapport aux autres. A moi, e toute honnêteté aussi. Si je connaissais dans ses grandes lignes le système Impérial, je n'y avais jamais été confrontée en tant que tel, et je me basais surtout sur des "on-dit". Tout comme les Impériaux devaient le faire avec nous. Et puis, en même temps, je n'aurais pas aimé l'avoir pour adversaire, j'y aurais peut-être laissé quelques plumes...

"Quelques petits soucis"... Je n'allais pas le questionner dessus, mais il était clair qu'il avait du être emporté dans une affaire qui aurait pu lui coûter la vie selon les standards adverses. Et c'était d'ailleurs apparemment ce qui avait failli lui arriver. Il devait avoir de l'énergie et du courage à revendre pour avoir supporté pendant deux moins les travaux forcés... Je ne sais pas comment moi j'aurais réagi, mais il était clair que j'aurais vite atteint mes limites. Et peut-être préparer une révolte ou un truc dans le genre. Le genre de chose bien inutile où on laisse sa vie à la fin, mais qui au moins montre au système que tous ne sont pas des esclaves déjà à-demi mort. Je ne disais pas qu'il fallait nécessairement faire ce genre de chose, c'était même assez stupide quand on y repensait, mais c'était dans mon caractère : je ne supportais pas de faire quelque chose que je n'aimais pas. Lui avait eu la patience, et elle avait été récompensée.

-Voilà, et tout ça m'a conduit dans ce bar, en train de discuter avec toi.

Il sourit, et je souris à mon tour, sirotant distraitement l'alcool. Après cela, la conversation s'orienta vers des sujets de moindre importance, jusqu'à ce qu'un sifflement près de mon oreille me fasse baisser instinctivement la tête. Je fis bien : le verre n'était pas passé loin, et il s'écrasa contre le mur en une explosion de morceaux brillants.

Je me retournais vivement après avoir vérifié si Ahsio allait bien, pensant qu'on nous en voulait. Mais j'avais tout faux. J'en fus même presque un peu déçue en comprenant que ce tir suivait simplement une trajectoire complètement détournée de sa cible. L'homme qui l'avait lancé à l'intention d'un autre pilote l'avait en effet manqué d'un bon mètre.

Ahsio me regarda, et haussa un sourcil, comme pour guetter silencieusement mon approbation pour aller séparer les deux hommes. Je hochais la tête, le regard sombre. Je le suivis, glissant de ma chaise en souplesse pour éviter les débris du verre, et m'avançais. Je tapotais sur l'épaule de mon ailier gauche pour lui indiquer de me suivre. Juste au cas où les hommes ne voudraient pas se laisser faire. Puis je continuais mon chemin, encadrée par celui que je considérais comme mon second dans notre escadrille de reconnaissance. Je détournais le regard d'Ahsio qui avait l'air de connaitre un des "combattant" pour observer mon ailier. Quelque chose n'allait pas, je pouvais le voir dans ses épaules voûtées et son regard bas.

Je l'interrogeais du regard pendant que les éclats de voix d'Ahsio remplissaient la pièce. Il ne me répondit pas, mais leva son bras pour désigner le second homme.

Je retins un hoquet de surprise en découvrant mon ailier droit. La colère bouillit en moi, et mon cœur accéléra dans ma poitrine. 2-3, ou Dyke Epson, était connu pour ses nombreuses infractions au règlement. Ainsi que pour son incapacité à rester sobre à terre. Je l'avais personnellement tiré de la merde parce qu'il était un pilote foutrement bon, contre sa promesse solennelle d'arrêter ses frasques. Toutes ses frasques. Je lui avais bien précisé que je ne voulais entendre parler de lui que dans un cadre strictement officiel. Qu'il fasse un seul pas de travers, et je le renvoyais d'où il venait. Je lui avais dit, et il avait marché. Je ne le surveillais pas sans arrêt, loin de là, après tout, qu'il boive un coup, je m'en fichais pas mal, même que je ne demandais à personne de me rapporter son comportement, puisque je lui avais offert ma confiance.

Confiance qu'il foulait au pied en cet instant même. Rien que par son attitude faussement désolée devant Ahsio. Bien sûr, il ne m'avait pas vu, et il était probablement trop saoul pour se rendre compte que mon nom avait été prononcé. Autrement, je doutais qu'il aurait cette tête-là.

Le pilote des Spectre quitta le bar en compagnie d'un de ses camarades, et Ahsio se tourna vers Epson.

- Quand-à-vous...
- Oh, non Ahsio, laisse le moi. On a deux-trois trucs à se dire lui et moi, dis-je en lui posant une main sur l'épaule, maîtrisant avec peine la colère dans ma voix.

Comme prévu, il se retourna à ma voix, et son visage perdit toute couleur. Même si la colère était ce que je ressentais le plus en cet instant -comme l'envie de lui donner un bon coup de poing- il y avait également, et pour beaucoup, de la déception. Dyke était bon, très bon même, et assez sympathique quand il était sobre. Mais il avait clairement dépassé les limites, et je ne chercherais pas à le couvrir, loin de là.

- Commandant, je... tenta-t-il de commencer.

Je posais un doigt sur mes lèvres, lui intimant le silence.

- Monsieur Epson, dis-je, accentuant le monsieur, notre marché était clair. Vous l'avez trahi. Niez-vous les faits ?
- .... Non.

Il avait au moins le mérite de reconnaître quand c'était foutu. Dans ses yeux, je pouvais lire une grande tristesse, et son dos se voûta un peu, et il rangea ses mains tremblantes dans ses poches pour qu'on ne les voit pas.

- Monsieur Epson, repris-je, vous êtes donc par la présente démis de toutes vos fonctions au sein non seulement de l'escadrille Phoenix, mais aussi de la Marine Républicaine. Vous êtes donc remis à la vie civile, et de nouveau sur le coup de trois actes d'accusations. C'est terminé Dyke, dis-je, adoptant un ton moins neutre. Tu as joué, et tu as perdu. Gros.

Bien sûr, je n'avais pas le pouvoir de le renvoyer de la Marine, mais celle-ci s'en était chargée pour moi. J'avais du jouer des coudes pour obtenir le marché suivant : Epson était intégré de manière exceptionnelle et provisoire à l'escadrille Phoenix. Qu'il la quitte sous n'importe quel prétexte signifierait la fin de sa carrière au sein de la République. Ce qui lui arrivait maintenant marquait son départ des forces Républicaines, et sa mise en détention en l'attente de procès civils contre lui. On lui reprochait essentiellement son alcoolisme, divers coups et blessures, et des dommages et intérêts pour destruction de bars. Ces procès qui avaient été "suspendus" officiellement allaient définitivement faire plonger Dyke.

Je fis volte-face sans lui accorder un regard supplémentaire, et me frayais un chemin pour reprendre ma place. Plus que tout autre chose, je ressentais un vide. J'avais perdu un sacré bon ailier, et le remplacement serait dur. Ahsio revint aussi, tandis que je commandais deux autres verres.

- C'était pas la meilleure façon de te présenter mes gars de l'escadrille de reco, désolée.

Dans ma voix perçait l'amertume d'avoir perdu quelqu'un de bien, enfin de compétant, comme si je l'avais perdu au combat. J'avalais une gorgée d'alcool et me retournais pour le voir sortir, escorté par un garde, gardant les yeux rivés au sol. Un silence de mort régnait dans le bar, un silence insupportable.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Sam 4 Fév - 15:04

- Oh, non Ahsio, laisse le moi. On a deux-trois trucs à se dire lui et moi, dis-je en lui posant une main sur l'épaule, maîtrisant avec peine la colère dans ma voix.

Ahsio laissa Nayeli se diriger vers l'homme en question. Apparemment il s'agissait d'un pilote des Phoenix. Ahsio en obtint la confirmation lorsque Nayeli s'adressa à lui. Il ne semblait pas en être à sa première incartade.
Le pilote qu'Ahsio avait envoyé décuver ne serait pas renvoyé. Il n'y tenait pas. Premièrement parce qu'il n'avait jusqu'alors commis aucune infraction au règlement et qu'il méritait donc une seconde chance, et deuxièmement parce qu'Ahsio avait besoin de lui au sein de l'escadron, chaque membre ayant sa spécialité. Senrev aurait donc la chance de continuer à servir dans la flotte Républicaine. Ça n'était pas le cas de l'ailier de Nayeli, qui venait de perdre tout ce qu'il avait : le pilotage.
L'engueulade finie, ils retournèrent vers leur place. Nayeli allait commander deux autres verres. Ahsio constatant son air abattu la devança :

-Laisse, c'est moi qui paye cette fois.

Il ramena les deux boissons à la table et en tendit une à Nayeli.

- C'était pas la meilleure façon de te présenter mes gars de l'escadrille de reco, désolée.
- L'autre pilote était un des miens, ça n'est pas mieux non plus. Fit-il avec un petit sourire.

Le problème des pilotes était qu'ils avaient généralement un ego démesuré. Ils se sentaient souvent au dessus des règles. Ahsio lui-même passait outre le règlement, pour de bonnes raisons, certes, mais il n'empêchait qu'il n'agissait pas comme un militaire le devrait. Mais le cas des pilotes était vraiment flagrant : ils se croyaient intouchables car ils étaient arrivés au poste envié de beaucoup.

Dans le bar, après un long instant de calme, les gens recommençaient à discuter et l'ambiance revint assez vite à la normale, avec toutefois un peu plus de vigilance de la part des pilotes.

- J'espère que tu excuseras le comportement de mon pilote. J'ai le problème d'avoir des gars encore peu formés. La plupart d'entre eux sort tout juste de l'académie de la flotte, ils se prennent tous pour Super-Twi'lek.

Son escadron étant reformé depuis peu, la plupart des pilotes n'étaient que des bleus qui n'avaient encore jamais vécu de vrais combats. Ils se croyaient invincibles car ils avaient passé les examens, difficiles certes, mais en rien comparable avec la réalité des combats spatiaux, avec succès. Les quelques autres qui connaissaient déjà la violence des batailles étaient désormais beaucoup plus calmes.
Il but son verre d'une traite et se leva.


- Tu as déjà visité Coruscant ? Il y a pas mal d'endroit intéressants. Si ça t'intéresse je peux te faire une petite visite guidée. Je commence à connaître depuis le temps qu'on m'a affecté ici. Il y a des endroits vachement sympa.

Il aurait pu lui proposer de l'emmener visiter le Musée Galactique, mais honnêtement, malgré les expositions intéressantes qu'on pouvait y trouver, il doutait que ce soit le moment pour aller se cultiver sur les propagandes impériales et républicaines. Il se souvenait de sa première visite au Musée Galactique. C'était une destination conseillée aux militaires de la République. On y retrouvait l'histoire de celle-ci. Comment l'Alliance Rebelle avait réussi à mettre l'Empire en déroute, jusqu'à se faire reconnaître en tant que gouvernement officiel. On apprenait également comment l'Empire avait justifié tous ses actes, tels que la création des Etoiles Noires, dont le but aurait été de détruire des planètes mortes afin d'en recueillir les minerais. Les expositions pullulaient d'exemples tels que celui-ci, et Ahsio avait été vraiment surpris de découvrir tout cela. Lui qui avait pu voir comment fonctionnaient les deux camps, il avait fini par constater que la propagande menée par les deux factions était parfois très peu différente. La République avait tendance à faire l’éloge des héros morts au combat, de les montrer comme des martyrs. Mais l'Empire avait fait de même près d'un siècle plus tôt en présentant l'Empereur Palpatine comme un martyr, qui avait emporté une partie de la flotte rebelle dans sa mort afin de sauver la planète Endor de la destruction.

Non, il comptait plutôt lui montrer les Jardins Botaniques du Skydome. Ces jardins étaient luxuriants toute l'année. On y trouvait des plantes de toute la Galaxie, assurant un mélange très étrange, mais très beau, dans lequel les promeneurs aimaient s'arrêter. Ahsio se doutait que Nayeli n'avait pas encore visité ce coin de Coruscant. La planète était tellement terne, toujours en activité, qu'on y ressentait une sensation d'oppression constante. Il était sûr qu'un instant de répit au milieu de la végétation devrait leur reposer un peu les nerfs.

Ils sortirent du bar et empruntèrent un speeder à la base afin de se diriger vers leur destination.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Mer 8 Fév - 3:16

C'était assez ironique si on y repensait. La probabilité que les deux officiers commandants de deux escadrilles différentes se rencontrent, et trouvent dans un bar anonyme une bagarre entre deux de leurs hommes était faible. Mais elle existait, il n'y avait pas de doute. Sale affaire en tout cas. Le Commandement en entendrait forcément parlé, me sortirait un "on vous l'avez bien dit..." (sous-entendu qu'il n'était pas fiable, et que je m'étais donné du mal pour rien, etc, etc.) et me donnerait une liste de remplaçants possibles.

Une liste que je n'étudierais pas bien entendu. Tous les noms seraient des pilotes peu talentueux, à peine promu, ou encore des pilotes qui n'obtenaient leur rang que grâce à maman et papa. Je finirais bien par en dénicher un. C'est pas que je n'aimais pas prendre de bleus, au contraire, mais nos missions de reconnaissances nous menaient souvent à prendre plus de risques que les autres... et je détestais perdre des pilotes. Mais j'en avais besoin de bons, peu importait d'où ils venaient. Proche de l'expulsion ou s'étant fait particulièrement remarqué lors d'une mission, et je jouerais des coudes pour l'avoir. Comme toujours.

Le bar regagnât peu à peu en activité, mais je sentais des coups d’œil méfiants dans ma direction. Évidemment. Ils devaient penser que je l'avais expulsé pour une broutille et devaient par conséquent se méfier de moi. Je n'allais pas les en dissuader, mais le fait qu'on puisse penser que j'étais injuste me révoltait. J'avais toujours été juste avec mes pilotes. Je ne les pouponnais pas non plus, mais je leur donnais tout mon savoir-faire, toute mon expérience, tout ce que je pouvais. En échange, je ne leur demandais que de faire leur boulot au maximum de leurs capacités, et de ne pas s'attirer d'ennui. Un marché simple, et gratifiant pour qui savais en profiter.

- J'espère que tu excuseras le comportement de mon pilote. J'ai le problème d'avoir des gars encore peu formés. La plupart d'entre eux sort tout juste de l'académie de la flotte, ils se prennent tous pour Super-Twi'lek.

J'eus un petit rire de gorge en songeant à quel point Ahsio avait raison. Les nouvelles recrues étaient pour la plupart tellement sûres d'elles ! Comme si, une fois le diplôme acquis, ils avaient tous les droits. Comme si ils étaient devenus des vétérans sur simulateur. Ils tombaient de haut en arrivant dans une escadrille. Enfin bon. Heureusement qu'il était là. Si j'avais été la seule à engueuler les pilotes, je me serais sentie un peu mal... Pas d'avoir peur que les autres me tombent dessus, bien sûr que non, quand même ! Mais au moins, qu'il ait été avec moi me confortais dans le fait que j'avais eu raison. Je le savais, mais j'avais besoin d'un soutien.

- Je vois ce que tu veux dire... dis-je en souriant.
- Tu as déjà visité Coruscant ? Il y a pas mal d'endroit intéressants. Si ça t'intéresse je peux te faire une petite visite guidée. Je commence à connaître depuis le temps qu'on m'a affecté ici. Il y a des endroits vachement sympa.

Visiter Coruscant ? C'est vrai qu'à part mon petit quartier que je connaissais comme ma poche, je n'avais pas vu grand-chose. Enfin, les lieux les plus importants quoi. Genre le Sénat, ou l'ancien Temple Jedi. Des trucs comme ça, vu de loin, histoire de faire comme les autres touristes. Mais si les touristes étaient toujours en groupe, moi je les visitais seule. C'est sympa, mais lassant. Alors, pourquoi pas ? Surtout que vu l'ambiance ici, je n'allais sûrement pas me faire que des amis. Et puis, sortir me ferait du bien. Ça faisait un bail. Je hochais la tête pour dire que j'approuvais, et finis ma boisson.

Une fois hors de l'atmosphère enfumée du bar, que je quittais sans un regard en arrière, nous empruntâmes un speeder à la base pour nous rendre... nous rendre où ? Je n'interrogeais pas Ahsio là-dessus, lui laissant me faire la surprise. Je m'installais dons derrière lui, détachant mes cheveux d'une main afin qu'ils profitent de la vitesse autant que moi.

Ma circulation à Coruscant, si vous l'avez jamais testé, vous pouvez pas comprendre. Soit il y a des embouteillages monstre et on attend pendant des heures (si on ne pique pas sur une autre file quand les flics ne sont pas dans le coin), soit ça va vite, et vraiment vite.

Là, on avait de la chance, ça allait vite. De toutes façons, sinon, on aurait changé de file, on est des pilotes quand même ! Je fermais les yeux pendant une bonne partie du trajet, appréciant sentir le vent me fouetter le visage, accrochée d'une main à Ahsio.

Lorsque nous arrivâmes à destination, je dois avouer que je reconnaissais pas du tout. En grosse lettres, "SKYDOME. Jardins Botaniques. " J'en avais entendu parlé, de loin, mais l'idée de voir des plantes m'avait toujours fait un peu rire. Voire beaucoup. Les plantes qui m’intéressaient étaient celles qu'on pouvait manger ou qui pouvaient guérir.

Autrement dit, j'étais foutrement loin de la réalité. Je ne saurais pas trop le décrire, mais les Jardins étaient impressionnants de sérénité et de beauté. On aurait dit une forêt tropicale en plein Coruscant. Une forêt à la fois pleine de vie, mais aussi calme. Les bruits étaient étouffés, peu nombreux, espacés. Les couleurs, multiples. Incroyables. J'en oubliais Dyke. J'en oubliais la simulation. Grands Dieux ! J'en aurais presque oublié mon nom ! Je dus me forcer pour m'arracher à la contemplation du Skydome. Je me retournais vers Ahsio (je constatais au passage que nous nous étions bien enfoncés dans la forêt, alors que je ne me rappelais pas avoir marché...) pour le remercier.

- Merci, dis-je en souriant. C'est magnifique. Ça change de l'art abstrait des musées, c'est... grandiose. Et reposant aussi! Je regrette d'avoir eu des préjugés sur la Nature du coup. Comment t'as découvert ça ?


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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Sam 11 Fév - 3:08

Le speeder filait à toute vitesse dans les couloirs de circulation aérienne de Coruscant. Ahsio fit osciller l'engin entre les autres speeders afin d'éviter les ralentissements. La circulation était fluide, ce qui était une chose rare sur Coruscant. Quand on était pris dans un embouteillage, il ne fallait pas espérer en sortir vite et avoir beaucoup, beaucoup de patience.
Mais Ahsio connaissait les couloirs à emprunter et ceux à éviter par coeur. À chaque permission sur Coruscant, il s'accordait toujours au moins une journée afin d'aller se changer les idées, et généralement il se rendait au Skydome.

Finalement, ils déboulèrent sur une plate-forme sur laquelle stationnaient de nombreux airspeeders. Ahsio posa délicatement le speeder et sauta au sol.


- Bienvenue au Skydome ! Fit-il d'un air enjoué.

Il pointa du doigt l'énorme bâtiment qui surplombait la plate-forme. Il portait bien son nom. Au milieu de la bâtisse, une énorme sphère de transparacier émergeait. On pouvait discerner à travers celle-ci de grands arbres, certes pas de la taille de ceux de Kashyyyk, mais ceux-ci n'en restaient pas moins imposants.

- Si mademoiselle veut bien me suivre. Lança-t-il avec un petit sourire.


Ils entrèrent dans le bâtiment et longèrent une longue galerie en direction du Dôme. La galerie était extrêmement longue, et étrangement très basse de plafond. Dans celle-ci la lumière était très atténuée et on ne pouvait s'empêcher de penser que la direction rognait sur le budget de l'éclairage. Pourtant tout cela était voulu, et c'était là que l'architecte avait fait preuve de génie : lorsqu'ils déboulèrent dans le dôme, ils furent aveuglés par la lumière du Soleil filtrant à travers les feuillages des plus hauts arbres. On avait l'impression d'avoir affaire à un lever de Soleil unique dans la Galaxie, sauf que celui-ci était bel et bien présent en permanence grâce à un ingénieux système basé sur des miroirs rotatifs. On se sentait ridiculement petit, passant d'une galerie très basse de plafond à l'intérieur d'une serre géante, augmentant ainsi l'impression d'immensité déjà bien mise en valeur par la taille monstrueuse de la demi-sphère en transparacier. De toute évidence, les constructeurs de ce jardin botanique géant avait atteint leurs objectifs : immerger le visiteur dans une forêt géante.
Et quelle forêt ! Des plantes venant des quatre coins de la Galaxie s'alliaient dans un mélange de couleurs exotiques, donnant l'impression d'être dans un monde fantaisiste. D'autres coins du jardin botanique étaient plus classiques : on pouvait se promener aux milieu de grands arbres, se reposer sur l'herbe, face à un grand lac, ou encore contempler le panorama depuis l'entrée, là où se trouvaient Ahsio et Nayeli. Décidément, Ahsio ne se lassait pas de ce spectacle.

Ils descendirent de la falaise artificielle – mais très réaliste malgré tout – par de petits escaliers et arpentèrent les allées dans un silence extrèmement reposant. Seuls les cris de certains animaux et de certains oiseaux vivant au sommet des arbres étaient audibles, accompagnés d'une brise soufflant dans les feuillages. Visiblement Nayeli était émerveillée. Elle lui rappelait la première fois qu'il s'était rendu en cet endroit. Elle se retourna vers lui :


- Merci. C'est magnifique. Ça change de l'art abstrait des musées, c'est... grandiose. Et reposant aussi! Je regrette d'avoir eu des préjugés sur la Nature du coup. Comment t'as découvert ça ?

Comment avait-il découvert cela ? Après une mission qui s'était très mal déroulé alors qu'il n'était encore que pilote. Il avait ressenti le besoin de décrocher de tout cela pendant quelques temps. Il avait décidé de quitter la base, à la recherche d'un bar où d'un endroit où oublier tout ce qui s'était passé. Finalement il n'avait pas trouvé de bar et s'était perdu dans les couloirs aériens de Coruscant. Il s'était retrouvé face au fameux Dôme et avait décidé de se poser. Ouvert de jour comme de nuit, Ahsio avait pu rentrer à l'intérieur. Et le SkyDome déjà très impressionnant de jour, n'était rien comparé au SkyDome de nuit. Seules les lumières naturelles des végétaux permettaient d'en éclairer l'intérieur. Il s'était perdu dans la profonde forêt, à contempler les lueurs des feuilles de certains arbres. Il n'avait même pas vu le temps passer et était resté jusqu'au petit matin où son comlink l'avait tiré de sa contemplation. Il s'était juré d'y retourner.
Et c'est ce qu'il avait fait, à chaque passage sur Coruscant, il se gardait un moment pour aller se détendre dans les jardins luxuriants, et oublier tous les malheurs de la Galaxie.


- Un jour où j'avais besoin de boire un coup, je me suis perdu. Admit-il avec un petit sourire. Finalement je suis tombé ici, et à côté de ça, même le meilleur whisky corellien me paraît bien peu.

Ils continuèrent à marcher pendant quelques instants jusqu'à arriver au bord du grand lac qui se situait à l'ouest des jardins. Là ils se posèrent au bord de l'eau. Au loin, on entendait une le grondement d'une cascade.

- Avoue que ça t'a fait sourire lorsque tu as vu l'endroit où je t'emmenais.


Il marqua une pause puis reprit :

- J'admet que voir des plantes, ça me branchait pas plus que ça, mais j'ai vite été convaincu du contraire. Maintenant, dès que j'ai le temps de souffler je viens ici. C'est tellement reposant que je m'y étais endormi la première fois.
Je ne sais pas si ça t'arrive, mais à force de missions, j'en oublie la raison pour laquelle j'ai décidé de rejoindre l'armée. Surtout qu'en tant qu'agent des Renseignements, j'ai parfois l'impression que mon boulot n'est pas toujours honorable.
En fait je trouve ça un peu contradictoire : je me bat pour la paix, et pourtant, si je monte pas dans mon chasseur pendant deux jours, je dors plus. À croire que j'aime descendre des impériaux. Ça m'effraye parfois.
Mais quand je viens ici, je me souviens très vite pourquoi j'ai fait ce choix, et je sais que je ne le regretterai pas.


Dernière édition par Ahsio Nes le Sam 10 Mar - 13:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Mer 15 Fév - 5:17

Nous marchâmes encore quelque peu sur l'étroit sentier, avant de parvenir auprès d'un grand lac. L'eau était claire, le vent soufflant doucement, on aurait pu se croire à la plage un jour de perm'. Ce qui n'était pas désagréable. C'est donc ici qu'on s'installa quelques minutes, profitant d'un repos bien mérité après notre exercice de haute voltige le matin même.

Ahsio me raconta sa découverte du Skydome, due totalement au hasard, ce dont à quoi je riais. Tellement de choses étaient dues au hasard... Certaines bonnes, d'autres, moins. Mais le hasard étant par définition plein de surprises, je ne m'en faisais pas tant que ça. Quoi qu'il puisse me réserver, je l'attendais de pied ferme. je pouvais tout encaisser.

- Avoue que ça t'a fait sourire lorsque tu as vu l'endroit où je t'emmenais.

Je dois reconnaître que le lieu me paraissait sur le papier tout ce qu'il y avait de plus banal... Une forêt ? Et alors ? C'est juste pour les citadins en manque de ruralité. Enfin, c'était ce que je me disais avant. Là, c'est clair, je n'en avais pas du tout la même vision. Forcément, quand on est pétri de préjugés débiles dans ce genre là, on arrive pas à grand-chose. Alors, oui, je le reconnaissais, je croyais vraiment qu'on allait voir une forêt ennuyeuse au possible.

Pas de honte à reconnaître ses erreurs. Au contraire, elles nous définissent, et nous permettent de nous en débarrasser ! Enfin, c'était comme ça que je voyais la chose. Je lui fis un clin d’œil avant de répondre.

- J'avoue, j'ai presque cru que tu te fichais de moi... Comme quoi, je peux être une parfaite idiote de temps à autres. Mais bon, c'est bien, au moins j'aurais découvert un autre endroit de repos dans Coruscant que mon bar miteux !


Ça ne m'étonnait pas qu'il s'y soit endormi. Moi-même, je me serais volontiers roulée en boule pour y faire la sieste. Ce que je ferais peut-être un jour. Venir dans un endroit pour y dormir... ce serait une première ! Enfin, il y a des premières à tout, me direz-vous.

Ahsio commença après à me raconter ses périodes de doutes, périodes que tous les soldats ont. Enfin, faut croire. J'en avais eu aussi, bien sûr, et j'en aurais encore beaucoup. Mais je me disais que ça n'était que dans ce genre de moments de réflexion qu'on se disait qu'on avait fait le bon choix. Après, on pouvait dire ce qu'on voulait, mais la guerre n'était jamais quelque chose de complètement honorable et beau à voir. Non, la guerre, c'était moche, on prenait des vies, on brisait des destinées, tout ça au nom d'idéaux...

Personnellement, toutes ces conceptions de l'honneur au combat, je m'en fichais un peu... Abattre un ennemi dans le dos ou de face, on pouvait dire ce qu'on voulait, le résultat était le même. Sauf que dans un cas, on avait pris plus de risques que dans l'autre. Après, je dis pas, prendre des risques, c'est sympa, mais si tu te fais tuer, t'as tout perdu. Alors, des fois, fallait juste tirer là où ça faisait mal, et tant pis pour l'honneur.

Après, se battre au nom de la paix m'avait toujours paru un peu contradictoire, mais bon, c'était l'unique moyen qu'on avait de pas se faire écraser. Par l'Empire, en particulier. La République était là justement pour préserver un semblant d'ordre, d'égalité. Protéger les faibles et les minorités, et ne pas s'appuyer sur des travaux forcés esclavagistes comme dans le système Impérial.

Et il avait raison quand il disait qu'ici, on retrouvait nos promesses et nos serments de fidélité. Aussi étrange que cela puisse paraître, le calme ambiant nous poussait à vouloir le protéger, à protéger cet havre de paix. Je pense qu'on aurait été prêts à se battre pour que ce coin de la planète-monde reste intact.

- Ouais, je connais ces moments-là, je répondis. Des moments où je doute de tout, y compris de savoir si je me bats du bon côté. Mais à mon avis, si on les avait pas, serait comme des robots. C'est notre capacité à réfléchir qui fait qu'on puisse se rendre compte par nous-mêmes qu'on ce qu'on fait est bien. Et si un jour on s'aperçoit que non... alors faudra évoluer. J'espère ne pas en arriver là tout de même. Mais j'y suis prête. Si la République ne suit plus ses propres idéaux, comment pourrait-elle nous y faire croire ?


Je soupirais doucement en étirant mes jambes. Faire de la philosophie ne me réussissait pas. J'en arrivais à ne même plus comprendre ce que je racontais. J'étais douée pour agir... Réfléchir aussi, mais je savais que si je réfléchissais trop, je finirais par exploser.

En attendant, c'était mon ventre qui me tiraillait par des élancements aigus. Je regardais l'heure, pour m'apercevoir que l'heure du déjeuner était déjà passée. Je me relevais et m'étirais en faisant craquer mes articulations.

- Je t'invite à déjeuner ou on peut pêcher des poissons dans ton lac ? je demandais en riant.


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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Ven 17 Fév - 6:19

- Ouais, je connais ces moments-là. Des moments où je doute de tout, y compris de savoir si je me bats du bon côté. Mais à mon avis, si on les avait pas, serait comme des robots. C'est notre capacité à réfléchir qui fait qu'on puisse se rendre compte par nous-mêmes qu'on ce qu'on fait est bien. Et si un jour on s'aperçoit que non... alors faudra évoluer. J'espère ne pas en arriver là tout de même. Mais j'y suis prête. Si la République ne suit plus ses propres idéaux, comment pourrait-elle nous y faire croire ?


Elle marquait un point, voire plus. Dans l'Empire, on vous formait pour être de parfaits robots, obéissant au doigt et à l'oeil, sans poser de questions. Ahsio était bien placé pour le savoir. Dans les forces républicaines, si l'on ne vous demandait pas d'être un grand philosophe, on attendait de vous au moins un minimum de jugeote ! C'était cette jugeote qui les faisaient également réfléchir à ce qu'ils étaient, quels buts ils poursuivaient, bref, qui leur permettait de se remettre en question. Qui les permettaient de savoir à quel moment les choses n'allaient plus.
Enfin l'heure n'était pas aux réflexions philosophiques, et Nayeli le lui rappela :



- Je t'invite à déjeuner ou on peut pêcher des poissons dans ton lac ?

-Hmm, j'ai peur que l'on ne meure de faim avant de pêcher quelque chose de mangeable là-dedans. Fit-il en riant à son tour. Alors, va pour le resto !


Ils quittèrent les jardins et regagnèrent le brouhaha perpétuel de Coruscant. Ils furent choqué par le contraste entre le calme régnant à l'intérieur du dôme et l'atmosphère pesante de l'extérieur. Ce fut un peu comme un dur retour à la réalité, amplifié par la faim qui tiraillait le ventre d'Ahsio.
Ils retournèrent au speeder et quittèrent le skydôme en direction d'un quartier où l'on pouvait dénicher quelques petites restos où l'on vous sert des vrais plats pour pas trop cher. Vous savez ? Ceux qui ressemblent vraiment à de la vraie nourriture, ceux où l'on peut reconnaître ce qu'on mange, et non cette infâme bouillie verdâtre qu'on vous sert à la cantine des officier. Parce qu'en plus d'être nourris à coup de bouffe pour animaux, les pilotes recevaient un salaire de misère. Il fallait le dire : on ne s'engageait pas dans la flotte républicaine pour gagner des sous. Non, pour cela, il était plus conseillé d'envisager une carrière au sénat ou plus modeste : en tant que commerçant. Même un agent de maintenance des couloirs du Palais Impérial gagnait plus que le meilleur des pilotes. Bon, en fait c'était un peu exagéré, mais très proche de la réalité. Cependant, l'heure n'était pas à penser à comment gagner de l'argent, mais à savoir où le dépenser. Ahsio, sur le conseil de Nayeli, finit par se poser devant les fenêtres d'un petit restaurant qui ne payait pas de mine. Ils mirent pied à terre.


La façade faisait penser à un ancien module d'habitation posé là on ne sait trop pour quelles raisons. Des vitres en transpacier avaient été salement éprouvées par le temps : une épaisse couche de poussière rendait l'intérieur indiscernable. Le restaurant faisait l'impression d'un Bantha perdu dans les plaines enneigées de Hoth. Mais c'était Nayeli qui lui avait indiqué ce restaurant, il espérait pouvoir lui faire confiance. En fait, lui faire confiance n'était pas un problème, il espérait plutôt qu'elle avait de bons goûts culinaires. Il le saurait bientôt. Ils entrèrent dans la bicoque. Contrairement à ce qu'Ahsio s'était imaginé, la lumière du jour filtrait à travers la poussière qui adhérait aux vitres, rendant étrangement l'endroit très lumineux. De nombreux clients étaient attablés, attendant leur commande ou bien dégustant une succulente escalope de ... de quoi ? de Rancor ? Ahsio n'aurait su dire de quoi il s'agissait. Il lança un regard interrogateur à Nayeli pour lui signifier quelque chose du genre « où est-ce que tu m'as emmené ? » Ils se dirigèrent vers une table de libre entre celle de deux humains qui semblaient être des hommes d'affaires pressés, et celle d'un Huralok et d'un Rybet. Tandis que l'Huralok semblait pressé de finir son repas et guettait les environs d'un air hargneux, le Rybet, tout en parlant, laisser tomber un mince filet de bave dans son assiette.


*Sympa...* se dit intérieurement Ahsio.


Ils s'installèrent à la table et n'eurent pas à attendre : un serveur Nosaurian vint à leur rencontre. Tandis que Nayeli passait sa commande, Ahsio consulta la carte : Au menu on trouvait de tout : du filet de Nuna, du requin de Mon Calamari, du steak de Bantha, des escalopes de Roba, des boulettes de Gullipud, et de nombreux autres plats dont les noms ne parlaient absolument pas à Ahsio. Il finit par choisir une valeur sûre : du Roba, un plat très répandu dans toute la galaxie, car il ne souhaitait pas manger quelque chose que son estomac d'humain ne pourrait supporter. Lorsque le serveur partit s'occuper de la commande, Ahsio se pencha vers Nayeli comme pour lui faire une confidence :


-Ok... Tu es sûre que c'était là que tu voulais m'emmener ? Je soupçonne cet endroit d'être une couverture. Rajouta-t-il pour montrer qu'il plaisantait.



Ahsio, malgré le fait qu'il était en permission, n'avait pas perdu ses habitudes de commando et profita de l'attente pour observer un peu l'intérieur de la salle. Ils se situaient vers le fond, à la droite de l'entrée, à côté de la vitre devant laquelle ils étaient stationnés. Derrière lui se trouvaient les deux humains qu'il avait aperçu en entrant. Derrière encore se situait l'entrée, et face à l'entrée, une autre rangée de tables, placées également contre le mur. Au milieu du restaurant : un long bar agrémenté de tâches pas très nettes. Une porte derrière le comptoir donnait sûrement dans la cuisine du restaurant. L'autre rangée était remplie de clients de provenances diverses. Ahsio n'aurait su déterminer leur activité. Lorsque le serveur revint avec leurs plats, l'odeur du Roba fit évanouir toutes les craintes d'Ahsio concernant la cuisine du chef. Il fut ravi de constater que le plat était tout à fait correct. Mieux encore, il était délicieux ! Il avait surpris Nayeli avec les jardins, mais elle l'avait également bien eu en l'emmenant ici. Il avait laissé les préjugés prendre le dessus, et finalement, la nourriture était délicieuse. Après avoir avalé quelques bouchées afin d'apaiser son estomac, il reprit la parole :


- Pardon, je retire ce que j'ai dit tout-à l'heure, c'est délicieux !


Ils continuèrent à parler pendant leur repas. Ils parlèrent de tout et de rien à la fois. Surtout de rien. Ils finirent par dériver sur les problèmes que rencontraient la Nouvelle République.



- Le problème, à mon avis, c'est que la machine politique de la République ralentit considérablement ses actions. Bon, la nouvelle chancelière m'a l'air plutôt prometteuse, mais pour le reste : on est entourés de politiciens véreux qui pensent d'abord à leur carrière. J'en viens parfois à penser qu'il faudrait un sérieux remaniement du gouvernement actuel...


L'un des deux hommes, qui étaient auparavant assis à la table derrière Ahsio vint vers eux :



- Excusez-moi de vous interrompre, je vous ai entendu parler, et j'ai cru comprendre que vous aimeriez voir des changements dans la République ? Dit-il en s'asseyant à côté de Nayeli.



Son camarade étant à quelques pas de là, au comptoir, en train de payer leur repas. Ahsio observa l'allure du nouveau venu de plus près. Les cheveux bruns, courts, en bataille, plutôt grand et costaud, il semblait avoir pas mal voyagé déjà. Il devait faire dans la trentaine, pas beaucoup plus en tout cas. Son regard, fatigué mais vif, semblait percer les pensées des gens auxquels il s'adressait. À part ces yeux presque effrayants, rien ne semblait le distinguer du reste des humains. Le genre de personne qu'on pouvait croiser partout donc. Ahsio jeta un regard rapide à son camarade. Plus petit, mais non moins baraque que l'autre, il avait l'air d'un crétin... Il dansait d'un pied sur l'autre, faisant de drôles de mimiques, en attendant de payer.



- Je me présente Davin Belisk, marchand galactique, de passage sur Coruscant. Vous êtes ?
- Neviz Eper.
- Et vous ravissante créature, que faites-vous ici ? Demanda-t-il à Nayeli en se rapprochant un peu trop près d'elle.



Ahsio se prit la tête entre les mains, l'air dépité. Dans toute la Galaxie, sur toute l'étendue de Coruscant, sur les millions de restaurants que l'on trouvait sur la planète, il avait fallu qu'ils tombent sur le seul fréquenté par le pire des dragueurs. Mais Ahsio décida finalement de voir la chose autrement, et il regarda Nayeli avec un petit sourire d'amusement signifiant « voyons comment tu vas t'en débarrasser ? » Il observa l'homme dévorer Nayeli des yeux et il dut faire un effort surhumain pour ne pas ricaner bêtement.


- Sachez que je partage votre point de vue sur la Nouvelle République. Nous sommes gouvernés par des incapables qui préfèrent se payer des vacances à l'autre bout de la Galaxie, plutôt que de s'occuper du bien-être de leurs concitoyens. Je trouve ça tout simplement... révoltant ! Personnellement, je pense qu'une bonne révolution pourrait faire bouger les choses, on devrait ensuite mettre quelqu'un de fort au pouvoir, capable de faire régner la paix de manière définitive.


Ahsio se contenta de répondre par un simple « oui... ». Ce discours n'était pas sans rappeler celui des impériaux qui s'occupaient de la propagande. Un régime faisant régner la paix : ça pouvait sembler vendeur comme ça, et c'était grâce à cela que l'Empire avait réussi à régner. Alors pourquoi cet homme, qui avait l'air loin d'être alcoolisé, prononçait ce genre de discours en plein cœur de la capitale républicaine ?
Mais son attention fut détourné de la scène lorsqu'il vit à travers le store baissé, un petit groupe : entre trois et cinq hommes se regrouper dehors, devant l'entrée du restaurant. Ils semblaient tous tenir quelque chose dans les mains. Des choses qui avaient étrangement l'apparence de blasters ou de matraques...

Ahsio se demanda quel idiots pouvait se balader en plein jour avec des armes, à la vue de tous, puis il compris lorsque le marchand se pencha pour poser la main sur la cuisse de Nayeli. Ahsio put voir la forme d'un blaster miniature accroché à sa ceinture, qui était jusqu'alors caché sous ses vêtements amples. Il se maudit intérieurement. Il venait de comprendre. Non, il ne prononçait pas ce discours pour exprimer son avis, il les testait ! Et il avait dû les juger mûrs pour être embarqués par des pro-impériaux. Ils ne jouaient qu'un rôle : le marchand tape-sur-les-nerfs devait être beaucoup plus futé que ça, tout comme son compagnon aux grimace étranges.
C'était la procédure standard de recrutement du COMPNOR, le comité de préservation de l'Ordre Nouveau, autrement dit, la machine de propagande impériale. Du moins la procédure standard qui existait il y avait quelques années. Ils travaillaient de concert avec le Bureau de la Sécurité Impériale pour recruter des taupes sur tous les mondes, et engager de nouvelles recrues déçues par le gouvernement actuel. La tactique consistait à aborder une ou deux personnes dans un bar, un restaurant, une boîte ou n'importe quel autre lieu public de ce genre et voir s'ils étaient des éléments intéressants. Dans ce cas, on leur proposait un petit poste pour gagner plus de sous dans une boîte et ils finissaient par se retrouver dans les rangs de l'Empire. Dans le cas où les deux personnes étaient réticentes ou découvraient la supercherie, d'autres camarades attendaient à l'extérieur histoire de se débarrasser une fois pour toute des éléments gênants. Ici l'homme devait ne pas trop savoir quoi décider. Aussi avait-il envisagé les deux solutions.
Il jeta un regard à son camarade. Ahsio regretta que Nayeli ne connaisse pas le langage codé des commandos, ce qui lui aurait permis de la prévenir du problème. Il la regarda dans les yeux et fit un infime mouvement de la tête, comme s'il voulait dire « non ». Il espéra qu'elle comprenne, sinon, elle devrait lui faire confiance.
Ahsio se leva doucement, pour ne pas provoquer de mauvaise réaction chez les deux espions impériaux, et adressa la parole à Davin :


- Excusez-nous, mais il se trouve que nous sommes là pour raisons professionnelles, nous devons contrôler ce restaurant. Nous revenons prendre le café d'ici 10 minutes, si vous souhaitez nous attendre ici...

- Bien, j'attendrai alors.


Ahsio fit un geste à Nayeli pour qu'elle le suive. Ils se rendirent derrière le comptoir. Le serveur commença à s'insurger car ils n'avaient rien à faire ici. Ahsio lui montra très rapidement ses papiers de pilote, tellement vite pour qu'il ne puisse pas voir de quoi il s'agissait :


- Nous sommes des contrôleurs accrédités, envoyés pour évaluer l'hygiène de votre restaurant.
- Ah, allez-y alors, le patron est dans les cuisines.


Ils entrèrent dans la cuisine du restaurant. De nombreux plats étaient en préparation, la fumée montait jusqu'au plafond pour se condenser et retomber dans de petites flaques au sol. Deux cusiniers étaient affairés face à des morceaux de viandes qu'Ahsio n'aurait su identifier. Ils levèrent à peine la tête en les voyant entrer, et se recentrèrent aussitôt sur leur travail. Le patron, un homme à la bedaine impressionnante se retourna, mais avant même qu'il puisse leur demander ce qu'ils faisaient ici. Ahsio entraîna Nayeli par le bras vers la porte de derrière.


- On ne fait que passer ! Fit-il pour rassurer le propriétaire.



Ahsio referma la porte et prit une pause pour expliquer la situation à Nayeli.



- On a quelques petits soucis... Ces gars-là sont des agents du BSI. Je sais pas si tu as vu, mais dans le cas où on aurait refusé de passer quelques minutes de plus avec notre ami, un petit comité nous attendait à la sortie... Tu as un blaster ? Une arme ? Quelque chose qui fait mal ? J'ai laissé le mien à la base.



Il n'eut pas le temps d'en dire plus car le fameux comité vint à leur rencontre. Le deuxième homme avait dû comprendre leur feinte et transmettre le message aux autres. Ils braquèrent leurs armes sur les deux républicains.



- Ok, là on est mal barrés.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Dim 19 Fév - 23:04

Bien que pêcher aurait été amusant, les chances de se mettre quelque chose sous la dent étant ce qu'elles étaient, c'est avec une certaine sagesse que nous repartîmes vers le chaos de la ville. Je dois admettre que je fus un instant choquée, me demandant presque si j'habitais vraiment ici, tant la sérénité du Skydome contrastait avec la folie de Coruscant. Nous reprîmes donc le speeder, nous faufilant entre les files de véhicules, en direction d'un restaurant que je connaissais bien, et dont j'indiquais la route par des signes, car se faire entendre relevait du miracle.

C'était un petit endroit sympa, la nourriture étant excellente, et le patron assez aimable dans ses bons jours. Enfin, ça payait pas de mine, mais il valait mieux qu'un de ces stupides restaurants de luxe où l'on vous servait deux petits pois se battant en duel et vous les facturant comme trois mois de salaire, au bas mot. Je détestais ce genre de gaspillage inutile, alors que ce petit coin était parfait pour vous remplir l'estomac. On se posa donc, et entrâmes dans la place.

Si de dehors le restaurant ne ressemblait à rien, et bien, de dedans non plus. A voir la tête d'Ahsio, il devait penser que je l'avais amené dans un trou-à-rat, et non pas dans un restaurant digne de ce nom. Je lui souris, me forçant à ne pas rire, sachant par avance qu'il changerait d'avis en goûtant à la nourriture. Du moins, j’espérais. Mais, normalement, pas de soucis de ce point de vue là. Le cuisinier était un artiste dans ce qu'il faisait, et il le faisait rudement bien.

Une fois une table libre repérée, je m'assis en face d'Ahsio et commandais directement la même chose qu'à mon habitude, c'est-à-dire un filet de Nuna. Pas trop gros, mais suffisant pour me faire tenir toute la journée, c'était délicieusement préparé. Ahsio n'avait pas l'air très sûr de lui, et finit par commander un plat excellent aussi, mais pas très original. Enfin, je ne pouvais pas lui en vouloir, j'avais commandé la même chose la première fois ! Il se pencha vers moi pour me dire quelque chose, et je l'imitais en souriant.

-Ok... Tu es sûre que c'était là que tu voulais m'emmener ? Je soupçonne cet endroit d'être une couverture.
- Oui, oui, c'est un repère de malfrat, et j'espérais que tu pourrais m'aider à descendre la parrain local, répondis-je en riant.

Bon, je ne disais pas cela uniquement pour rire, il était vrai que cet endroit était généralement assez mal fréquenté, et il n'était pas rare que des bagarres se déclenchent, auxquels cas le patron sortait son arme en demandant de payer les consommations et les dégâts, et que les types règlent leurs affaires dehors. Je me dois d'avouer que j'avais assez souvent participé dans ce genre de conflit, parce qu'une femme seule attirait bien trop souvent une attention... non-désirée.

Les repas servis, Ahsio révisa son opinion sur le restaurant, à mon grand plaisir. Si il ressemblait à tout sauf à un restaurant vue de dehors ou de dedans, la nourriture était excellente en toutes choses. La conversation s'orienta bientôt sur la politique de la République, et je m'aperçus que je partageais l'opinion d'Ahsio en général, surtout en ce qui concernait les pots-de-vins, et la corruption au sein de l'appareil de direction. J'en avais eu la preuve avec le chef de l'escadrille de soutien des Phoenix, qui n'avait clairement obtenu et son diplôme et son commandement que grâce à sa famille. Du moins, avant qu'il ne connaisse... une mise à la retraite anticipée.

- Excusez-moi de vous interrompre, je vous ai entendu parler, et j'ai cru comprendre que vous aimeriez voir des changements dans la République ?

Je relevais la tête pour voir un type s'asseoir à côté de moi. Je soupirais en pensant que je détestais ce genre d'inconnus qui venaient s'incruster dans une conversation qui ne les concernaient en rien, et qui après allait parler pendant des heures. Si ça ne tenait qu'à moi, et si Ahsio n'avait pas été là, je lui aurais sûrement dit de déguerpir. Ou je lui aurais collé mon poing à la tête si il insistait trop.

- Je me présente Davin Belisk, marchand galactique, de passage sur Coruscant. Vous êtes ?
- Neviz Eper.
- Et vous ravissante créature, que faites-vous ici ?

Je lâchais un deuxième soupir, un peu plus amusé en voyant Ahsio se prendre la tête entre les mains. Déjà, je détestais qu'un inconnu me qualifie de "ravissante", mais si il ajoutait "créature" en plus, ça dépassait les bornes. Je fis un effort surhumain pour ne pas lui coller une paire de claques. Comme il avait l'air de me demander comment j'allais m'en sortir, je répondis à ce marchand :

- Si ça ne se voit pas, je déjeunais avec mon ami ici présent. Mais je pourrais vous retourner la question, je ne me souviens qu'on vous ait invité à notre table...

Mon ton restait courtois, mais mes yeux brûlaient d'envie de le faire tomber de sa chaise. Dans ma tête défilait tous les scénarios possibles où je pourrais lui faire comprendre que sa présence n'était pas désirée. Je levais les yeux au plafond en tentant de me calmer. Si Ahsio parvint à ne pas rire devant son air de franche contemplation devant moi, ce ne fut pas mon cas. Je lâchais un rire méprisant en le regardant en face. J'affichais un regard neutre, mais ma bouche se tordait en une expression de parfaite hostilité.

Le marchant je-sais-plus-quoi continua la conversation seul, puisque d'une part je cessais de l'écouter pour compter le nombre de tâches au plafond, et d'autre part l'attention d'Ahsio semblait être prise par autre chose. J'en étais à vingt-quatre quand je tressaillis lorsque je sentis une main étrangère se poser sur ma cuisse. Je pâlis instantanément, en regardant l'homme qui avait l'audace de poser ses mains sur moi.

- Retirez votre main tout de suite, ou je vais la fait manger!


Ma voix était calme, mais chargée de colère retenue. Il retira sa main sous mon regard acéré, que je tournais ensuite vers Ahsio, histoire de lui demander ou l'autorisation de me jeter sur le marchand, ou de partir d'ici. Mes préoccupations personnelles s'arrêtèrent instantanément devant son regard à lui. Un regard qui voulait me dire quelque chose, m'avertir de ce qu'il avait vu peut-être...

Je baissais les yeux sur le marchand et vis une bosse sous ses vêtements amples, que je compris tout de suite comme étant une arme. Dès lors, je suivis le jeu d'Ahsio, qui nous fit passer pour des inspecteurs de l'hygiène. Ce qui nous fit partir et aller dans les cuisines, sous le regard stupéfait du chef. Je ne savais pas trop ce qui se passait, mais je m'en remettais totalement à mon instinct, et mon instinct me disait de suivre et de faire confiance à Ahsio. La suite viendrait après. Une fois sorti par la porte de service, il prit le temps de m'expliquer un peu ce qui se passait, ce que j'appréciais, même si on perdait peut-être du temps par la même occasion.

- On a quelques petits soucis... Ces gars-là sont des agents du BSI. Je sais pas si tu as vu, mais dans le cas où on aurait refusé de passer quelques minutes de plus avec notre ami, un petit comité nous attendait à la sortie... Tu as un blaster ? Une arme ? Quelque chose qui fait mal ? J'ai laissé le mien à la base.
- Merde, dis-je en me passant une main dans les cheveux. Non, j'ai rien du tout sur moi.

Évidemment. Tous les jours, je me balade avec mon petit DL-22. Tous les jours. Mais, pour cette fois, je m'étais dit que le prendre pour une simulation, pour l'affaire de quelques heures tout au plus était une précaution inutile. Comme me le répétait le sergent instructeur, Nayeli Hawkins, toujours au mauvais endroit au mauvais moment...

Un mouvement derrière moi me fit me retourner, et je vis le fameux comité arriver et lever leurs armes sur nous. Mon instinct reprit le dessus et j'entraînais Ahsio dans une ruelle proche, me mettant à courir. J'entendis derrière des bruits de course, et je changeais de direction, prenant une autre rue, dans un itinéraire défini. Heureusement pour nous, je connaissais bien le quartier, et je savais où aller. On était pas très loin de chez moi, mais je n'avais aucune arme dans mon petit studio. Mais je connaissais quelqu'un qui en avait. Je sortis mon comlink et composais frénétiquement un numéro.

- Tykio ! C'est Nayeli, j'arrive bientôt avec quelqu'un on a besoin d'armes et d'une planque, ouvre la porte !


Le bar de Tykio était celui où j'avais travaillé étant étudiante, et j'étais rapidement devenue une amie du patron, plus qu'une simple habituée. Je savais qu'il remisait deux ou trois armes dans son bar en cas de pépin avec un client. Je savais aussi qu'il nous aiderait. Le truc était d'y arriver avant de se faire tuer. Un déluge de tirs retentit derrière nous, et je baissais instinctivement la tête en continuant de courir. Ces types ne reculaient devant rien, puisqu'il n'y avait rigoureusement personne dans ce quartier susceptible de nous aider. Ou les gens avaient trop peur, ou ils étaient trop ivres, ou ils n'en avaient rien à faire. Les règlements de compte n'étant pas rares, les passants étaient rentrés chez eux le temps que ça se calme.

Je m'engouffrais dans le bar de Tykio, Ahsio à ma suite. La porte se referma derrière nous, aussitôt arrosée de tirs. Tykio ne dit pas un mot, et nous indiqua la table où trônait deux fusils et deux pistolets moins volumineux. Je pris un pistolet qui ressemblait fortement au mien, et me tournait vers Ahsio en récupérant mon souffle.

- Et maintenant, on fait quoi ?


On avait pas beaucoup de temps, les Impériaux pourraient défoncer la porte d'un moment à un autre, mais ils étaient nombreux, et il nous fallait un semblant de plan... Mais c'était Ahsio le commando, moi je n'étais que pilote, et l'expérience des combats réguliers au sol me faisait cruellement défaut. Je me promis que si on s'en sortait, je prendrais des cours chez les "rampants", histoire de pas être prise au dépourvu dans des situations extrêmes dans le genre.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Jeu 23 Fév - 9:54

- Ok, là on est mal barrés.

Il n'eut pas le temps de dire un mot de plus que Nayeli l'entraîna dans une ruelle. Juste à temps. Le sol à l'endroit auquel ils se tenaient quelques secondes auparavant fut calciné sous le feu des lasers. Ahsio remercia intérieurement Nayeli pour avoir eu le bon réflexe. Lorsqu'il avait vu les impériaux débouler derrière le restaurant, il s'était dit qu'ils pourraient peut-être parlementer. Visiblement c'était mal parti, et seule l'intervention de sa camarade leur avaient permis de ne pas se faire carboniser. Mais il la remercierait plus tard, là, ils n'avaient pas vraiment le temps de discuter.


Ils courraient dans les ruelles, baissant instinctivement la tête pour éviter les tirs de blaster de leurs poursuivants. Nayeli semblait savoir où elle allait et Ahsio savait qu'il pouvait lui faire confiance. Il la suivit donc. Il renversa quelques poubelles, de vieilles caisses qui traînaient sur le côté, en travers du passage. Il savait que cela ne ralentirait guère leurs poursuivants, mais chaque seconde de gagnée leur était précieuse, augmentant la distance les séparant des impériaux. Ahsio entendit prononcer quelques mots dans ce qui semblait être un comlink.
Mais oui ! Elle était là la solution ! Il pouvait appeler la base et demander de l'aide ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé ? Il sortit son comlink à son tour...

... Pour constater que les communications étaient brouillées, sans doute par les impériaux. Ils avaient dû capter l'émission de Nayeli et prendre les mesures nécessaires pour qu'ils ne contactent pas la base pour avoir des renforts. Ahsio se dit que la situation ne pouvait pas être pire. Heureusement, Nayeli finit par l'entraîner dans ce qui semblait être un bar. Ahsio n'en aurait jamais deviné l'existence en passant simplement dans la rue. Ahsio referma la porte en toute hâte et la verrouilla. Il entendit le son des tirs de blasters ricochant contre celle-ci. Dans le bar les attendait un homme, le patron de toute évidence, qui ne dit pas un mot, mais leur désigna quelques armes étalées sur la table. Soit l'homme était tellement paniqué qu'il en était devenu muet, soit il faisait tout pour ne rien montrer de son inquiétude. Nayeli, haletante, prit la parole :

- Et maintenant, on fait quoi ?

Elle comptait sur son expérience de commando pour prendre la situation en main. Le problème était que les plans conçus à la va-vite comportaient souvent de nombreuses failles. Mais un plan, c'était mieux que rien, à moins bien sûr qu'il ne soit complètement foireux. Il commença par saisir le pistolet blaster pour le glisser à sa ceinture. Il prit l'un des fusils blasters et la recharge de l'autre.

- On risque d'en avoir besoin. Je vous remercie, on vous dédommagera. Fit-il à l'attention du propriétaire du bar pour le rassurer. Ne vous inquiétez pas, il ne s'en prendront pas à vous, cachez juste votre blaster sous votre bar pour qu'ils ne vous suspectent pas quand ils entreront. Vous avez une porte de derrière ?

L'homme lui en indiqua la direction de la main.

- Bien, vous leur direz précisément par où on est sorti d'ici quand ils entreront... On y va, merci pour votre aide !


L'homme murmura quelque chose mais Ahsio n'y prêta pas attention. Il se dirigea vers la porte de derrière, suivi par Nayeli. Ils sortirent et débouchèrent sur une petite ruelle sombre, humide et mal éclairée. De nombreux déchets en jonchaient le sol, quand ce n'était pas des flaques d'eau croupissante dans lesquelles ils risquaient de glisser. Ahsio se dirigea vers la sortie de la ruelle, invitant Nayeli à faire de même. La ruelle donnait sur une rue déjà plus grande et plus lumineuse. Celle-ci était plutôt fréquentée, et de nombreux speeders étaient stationnés sur les côtés. Ils entendirent des cris, du côté de la porte de service du bar. Ils devaient faire vite s'ils ne voulaient pas à nouveau se trouver dans une mauvaise situation. Un speeder était garé à deux pas de la sortie de la ruelle. C'était un modèle de course, sans toit. Si l'absence de toit les exposait directement aux tirs de blaster, le type de speeder leur conférait un avantage non négligeable : la vitesse.

* Parfait ! *

Il se tourna vers Nayeli :


- Tu as déjà volé... pardon... emprunté un speeder ? Non ? Et bien il faut une première fois à tout ! Fit-il en souriant. Couvre moi le temps que je le démarre.

Il sauta dans le speeder, jeta le fusil blaster à l'arrière, s'assit sur le siège du pilote et ouvrit le compartiment dans lequel se situaient les câbles de contact. Il entreprit de démarrer le speeder. Il chercha pendant de précieuses secondes. Il entendit des tirs de blasters. Nayeli était à couvert, cherchant à ralentir l'avancée de leurs ennemis. Il l'entendait tirer dans la ruelle, mais n'avait pas le temps de regarder ce qui se passer. Il réussit finalement à démarrer le speeder. Il ne lui fallut que quelques instants pour l'amener à hauteur de Nayeli.

- Le carrosse de madame est avancé ! Fit-il à l'adresse de Nayeli, qui était toujours en train de tirer.

Dès qu'elle fut à peu près entrée dans le speeder, il mit les gaz. Il entendit un homme s'élancer vers eux, en hurlant sans doute au voleur.

- La Chancelière vous remboursera !! Envoya-t-il à l'homme.


Ils se dégagèrent de la rue et Ahsio lança l'engin dans les airs. Il put voir en bas, à la sortie de la rue, leurs adversaires désemparés, tenter de les abattre. Ils avaient réussi à se débarasser d'eux, mais pour combien de temps ? Ils contacteraient sans doute des collègues tout aussi peu fréquentables qui se mettraient à leurs trousses. Et il faut dire qu'ils n'étaient pas très discrets : le speeder était d'un rose fluo qui ferait pâlir un Zeltron ! Les impériaux auraient tôt fait de les retrouver. Il fallait d'abord qu'ils trouvent un endroit où ils seraient en sécurité puis qu'ils contactent des renforts. Ahsio fit voler le speeder entre les bâtiments et essaya de gagner les zones de forte circulation. S'ils rejoignaient l'une des principales artères, leurs adversaires ne pourraient pas se permettre de leur tirer dessus sans faire de dégâts, et ainsi se retrouver avec les forces de sécurité de Coruscant aux trousses. Il leur fallut peu de temps pour se retrouver dans les embouteillages. Là ils seraient plus difficiles à déceler, malgré le rose extrêmement voyant de leur speeder.
Pourtant, le sentiment qu'ils étaient suivis demeurait dans l'esprit d'Ahsio. Il s'arrangea pour doubler un maximum d'airspeeders, manœuvrant parfois dangereusement. Mais il n'avait pas le temps de faire dans la dentelle, tant qu'il ne provoquait pas d'accident, ça passait. Malheureusement, il avait beau aller à toutes vitesses et piloter comme Wedge Antilles l'aurait fait, il constata deux speeders se rapprocher dans son rétroviseur. Il n'eut pas le temps de crier gare qu'un troisième vint les bousculer du côté de Nayeli, cherchant à les faire percuter un griffe-ciel.
Mais Ahsio n'avait pas envie de se retrouver encastré dans un mur. Il répliqua en gagnant en hauteur puis en se positionnant au dessus du speeder ennemi. Puis il écrasa le capot de ce dernier en redescendant dessus. Le pilote impérial comprit l'avertissement et se décala vers le bas et sur la droite afin d'en sortir entier. Il ne lâcha pas pour autant. Mais cette manœuvre avait diminué la distance entre les deux autres speeders et celui des deux républicains. Ils réussirent à se hisser à sa hauteur et entreprirent de prendre le speeder rose en sandwich. Ahsio réussit à éviter de se retrouver piéger en changeant brusquement d'altitude, se retrouvant d'un seul coup cinq mètres plus bas. Les espions impériaux furent déstabilisés un instant mais revinrent à la charge, retentant la même technique. Cette fois-ci ils réussirent à bloquer le speeder d'Ahsio entre eux.
Ahsio donna un coup brusque vers la gauche pour essayer de se tirer de là... en vain. Il sortit alors le blaster qu'il avait délicatement déposé sur la banquette arrière, ou plutôt négligemment jeté à l'arrière de l'engin et confia les commandes à Nayeli. Il tira dans la vitre du speeder de gauche, il loupa le pilote mais lui causa une sacré peur, lui faisant faire une embardée sur la gauche. Ahsio avait désormais le champ libre pour distancer leurs poursuivants.
Ils survolaient depuis quelques minutes un quartier peu fréquenté, étant donné qu'on y trouvait davantage d'usines entièrement automatisés, ou comportant très peu de personnel, que d'habitations. Ahsio lança le speeder dans un virage serré sur la droite, qui donnerait même des nausées à un wookie, afin de se débarrasser du dernier poursuivant. Ils étaient tirés d'affaire !

Enfin, c'est ce qu'il croyait, jusqu'à ce que le speeder soit brusquement secoué par une décharge ionique. Ahsio eut le temps de voir d'où venait le tir : un canon, sans doute une tourelle fixe, venait de toucher l'engin. Ahsio vit les voyants s'éteindre un à un sur le tableau de bord. Ils s'écrasaient ! Ahsio redressa le nez de l'appareil afin d'en reprendre le contrôle. Il essaya tant bien que mal de le faire planer, mais la tâche était dure. Le sol se rapprochait dangereusement vite...


- Prépare-toi au choc.

Son sourire avait disparut, laissant place à une grimace de crispation. Il voulait réduire au maximum le risque d'encastrer le speeder, et Nayeli et lui par la même occasion, dans un mur. L'airspeeder atterrit dans un bruit assourdissant de tôle pliée et de métal fondu. Ahsio sentit l'engin glisser sur le permabéton, jusqu'à ce que celui-ci se fracasse contre ce qui semblait être un énorme pilier. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Son premier réflexe fut de vérifier si Nayeli était blessée.


- Rien de cassé ? Fit-il en se tournant vers elle.


Si elle semblait un peu sonnée, un rapide examen visuel le rassura, elle avait l'air en bon état. Ce n'était pas son cas : son bras gauche était ensanglanté. La portière lui avait entaillé l'épaule et une bonne partie du bras. Il lui semblait que la blessure était plutôt profonde, pourtant, il ne sentait pas la douleur. Du moins, pas encore. Cela devait être du à l'adrénaline qui s'était propagée dans son sang lors de la chute. Il découvrit également une autre blessure, plus légère, à la jambe. Il lui fallut beaucoup de temps pour se dégager du speeder en prenant soin de ne pas enfoncer davantage le bout de métal qui lui rentrait dans le bras. Il réussit à s'en débarrasser mais la douleur commença à affluer dans son bras lorsqu'il se laissa glisser sur le sol, à côté du speeder, pendant que Nayeli essayer de débloquer sa portière. Lorsqu'il se releva, s'appuyant sur le bord du speeder, il prit enfin conscience de ce qui les entourait.
... Une troupe d'humains pointant leurs blasters vers eux. Ils étaient au moins 15, suréquipés, l'air plutôt furieux... Bref, aucun échappatoire possible ne se profilait aux yeux d'Ahsio. Il leva les mains loin de sa ceinture à laquelle était encore accroché le blaster. Nayeli fit de même. L'un des hommes vint les débarrasser de leurs armes et comlinks. Ils se situaient dans un grand hangar, capable d'abriter un vaisseau de transport Mon Calamari. Une grande arche permettait aux vaisseaux d'y entrer. Le speeder était entré par le côté dans le hangar, passant dans un trou béant dans le mur, sans doute laissé là par une explosion datant de la guerre contre les Yuuzhan Vongs. Au dessus d'eux : une infinité de passerelles se croisaient, permettant d'accéder à de nombreux locaux. Au sol on trouvait deux antiques TR-TT; des caisses de matériel à perte de vue, et un vieux cargo correllien de type YT-1300. Un homme brisa le cercle des impériaux surveillant les deux pilotes. Il était de taille moyenne, blond, le visage plutôt jeune, et sa démarche suggérait qu'il sortait tout juste de l'académie.
Nayeli avait alors été amenée à côté d'Ahsio par l'un des gardes. Ahsio dévisagea l'homme... Il le connaissait... Il l'avait déjà vu, mais où ? Puis la mémoire lui revint ! A l'académie !


- Tiens, mais qui voilà ... Ahsio ! Heureux de te revoir !

- Tiens, comme la Galaxie est petite Ners ! Dommage que le plaisir ne soit pas partagé !

Ahsio avait rencontré Ners lors de sa première année à l'académie. Si Ahsio avait trimé pour obtenir d'excellents résultats, Ners n'en avait eu nullement besoin, sa famille versant régulièrement des pots-de-vin à l'administration. Ners avait toujours été un cadet lamentable. Il s'écrasait à presque chaque simulation. Aussi en deuxième année avait-il préféré rejoindre la section armée de terre, espérant sans doute obtenir de meilleurs résultats. Là aussi ça avait était l'échec total. Ahsio et Ners se détestaient cordialement depuis leur première rencontre. Et cela se ressentait encore dans les paroles de l'un comme de l'autre.


- Moi qui te croyait mort au fin fond d'un trou sur ce chantier. Te voilà maintenant devenu un traître à la solde de cette... République.

Son intonation reflétait tout le mépris que l'impérial éprouvait pour les républicains.

- Malheureusement pour toi, je suis bien vivant. Oh ! Et les coups de fouet pendant deux mois m'ont donné encore plus envie de descendre les abrutis dans ton genre !

Ners qui été arrivé à sa hauteur le frappa d'un puissant coup de point au visage. Ahsio ne lui laissa pas voir sa douleur, certain que ça lui ferait trop plaisir. Il se tourna vers Nayeli :


- Je t'ai dis que j'avais été à l'académie impériale... Et bien voilà Ners, un ancien camarade qui était plutôt médiocre à vrai dire...

Il se retourna alors vers l'homme en question :


- D'ailleurs te voilà désormais contraint à mener des actions de guérilla sur Coruscant... Fit-il en désignant l'accumulation d'armes et d'équipement dans le hangar. Ils n'ont voulu de toi nulle part ?
- Nous en reparlerons lorsque toutes les personnalités du Conseil auront été assassinées mon cher...

Ahsio eut du mal à dissimuler sa surprise. Un complot afin d'éliminer la Chancelière... N'était-ce pas un peu énorme ? Si l'Empire faisait cela, il était clair qu'il perdrait le soutien de nombreuses planètes et se verrait diminué. Non, ça n'était pas possible. Il devait agir par lui-même...
L'homme demanda à l'un de ses soldats de lui apporter leurs papiers.


- Capitaine de l'escadron Spectre ? Jamais entendu parler... Et vous ? Commandant des Phoenix... Des pilotes hein ?

Il se retourna vers ses hommes.

- Débarrassez-moi d'eux.

Alors qu'il partait, Ahsio saisit la recharge de blaster qu'ils n'avaient pas jugé bon de lui enlever. Il s'était arrangé pour glisser doucement la main vers sa ceinture où il était encore accroché, pendant qu'ils discutaient. Il avait provoqué son ancien rival par plaisir de le voir rougir de fureur, certes, mais surtout pour lui faire perdre son sang froid et sa concentration. Ça avait marché. Il en avait profité pour dérégler les branchements de la recharge afin que celle-ci se mette à chauffer, il lui fallait être extrêmement précis sur le minutage. L'objet devrait exploser peu de temps après le début de la surchauffe.
Puis il lança la recharge dans un chariot contenant des bonbonnes de gaz tibanna, servant à alimenter en énergie de nombreux vaisseaux. Un homme réagit :

- Couchez-vous !


Ils s'exécutèrent, et Ahsio profita de l'occasion. Il saisit le bras de Nayeli et l'entraîna à couvert derrière un autre chariot transportant des blasters. C'était parfait. L'explosion ravagea le hangar sur un diamètre de la taille d'un cargo moyen. Des débris métalliques volèrent sur une vingtaine de mètres derrière Ahsio. Il risqua un regard par dessus le chariot. Les espions s'étaient déjà relevés et étaient en position de combat. Visiblement il ne s'agissait pas de simple recrues, mais de commandos ayant déjà de l'expérience. Ahsio saisit un petit fusil blaster et en tendit un à Nayeli.

- Ils bloquent la sortie. Par contre l'accès à ce YT-2400 est libre. Tu vois où je veux en venir ? Fit-il en retrouvant enfin son sourire. À mon signal tu fonces et tu déclenches l'ouverture de la rampe d'accès.

Il se leva derrière le chariot de façon à ce que seule sa tête et son arme dépassent, et arrosa les ennemis avec son blaster. Il en vit deux s'affaler.

- Cours !!

Il canarda ses ennemis afin que ceux-ci soient trop occupés pour apercevoir Nayeli se diriger vers le cargo corellien. Ceux-ci se mirent à couvert puis ripostèrent. Ahsio avait eu le temps d'en descendre cinq avant qu'ils ne réagissent. Ils ne s'étaient sans doute pas attendus à une action aussi osée. Lorsqu'il tourna la tête vers le cargo, la rampe d'accès était déployée et Nayeli s'était mise au bas de celle-ci afin de pouvoir couvrir son arrivée. Il attendit le moment propice pour se lancer, lorsque la plupart des impériaux rechargeaient leur arme. Il se lança vers le cargo, courant comme s'il avait le feu aux fesses, baissant instinctivement la tête sous les tirs de blaster, comme si cela lui conférait plus de protection. Sauf qu'il était complètement à découvert sous le feu des ennemis. Finalement, il arriva au niveau de la rampe et se jeta sur celle-ci, atterrissant dessus comme un poids mort, lui coupant le souffle. Il s'adressa à Nayeli :

- C'est bon, je prend le relai ! Va faire les contrôles de décollage !


Il reprit son tir incessant en direction des impériaux. Ceux-ci avaient décidé de passer à l'action Un tir passa extrêmement près de lui, manquant de peu son visage. Mais il ne manqua pas Nayeli qui s'écroula sur la passerelle.

- Merde !

Il se tourna vers elle, et la tira en sécurité, à l'intérieur, puis ferma le sas d'entrée du vaisseau et le verrouilla. Il observa la plaie. Elle avait été touché au ventre. Rien de mortel, mais la blessure était grave. Il chercha ce qui pourrait l'aider à soigner la blessure de Nayeli. Il se précipita dans la coursive en direction d'un compartiment où il trouva du matériel de soins d'urgence. Il saisit la caisse et retourna auprès de Nayeli.

- Ça va faire mal, mais tu iras mieux après. Lui fit-il.

Il ne souriait plus, elle avait failli y rester, à quelques demi-secondes d'écart, le coup aurait été fatal. Il sortit de la mallette un désinfectant et des bandages de bacta. Il passa le désinfectant sur la plaie, arrachant un cri à la pilote. Lorsqu'il eut fini, il posa deux bandages de bacta côte-à-côte sur toute la largeur de la plaie. Cela devait permettre à Nayeli de survivre au moins jusqu'à ce qu'elle soit prise en charge par des médecins compétents. Ahsio la porta jusqu'au poste de pilotage et l'installa dans le siège du copilote.

- Je te demanderai juste d'essayer de joindre des renforts, on va en avoir besoin, on est pas encore sûrs de sortir de là vivant.

Il s'assit face aux commandes et lança la procédure de décollage. Il entendait les commandos tirer sur la rampe d'accès, voulant sans doute la faire fondre pour les attraper. Mais Ahsio ne s'inquiétait pas trop de cela. Les vaisseaux corelliens étaient connus pour leur résistance, et il ne lui fallut pas longtemps pour lancer les répulseurs. Le vaisseau décolla sous le feu des impériaux.
Ahsio lança le cargo dans une montée fulgurante dès qu'il fut sorti du hangar. Il espérait que les impériaux abandonneraient la partie, mais ayant vu des Z-95 Headhunters dans le hangar, il en doutait. Ils n'étaient pas encore tirés d'affaire.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Lun 27 Fév - 2:08

Ahsio prit deux des armes restantes, et nous fit partir par la porte de service, que Tykio venait de lui indiquer sans un mot. Au moment où je passais près de lui, il me posa une main sur l'épaule en me disant de faire attention à moi. Il avait toujours eu ce côté un peu paternel, et ça me touchait. Je hochais donc la tête, incapable de parler, et suivis Ahsio. J'espérais vraiment qu'il ne lui arriverait rien, les Impériaux n'étant pas spécialement connus pour faire dans la dentelle. La ruelle était sombre et pleine de "pièges" mais je la connaissais par cœur, et évitait souplement toutes les ornières du chemin.

Le leader des Spectres s'arrêta devant les speeder sagement rangés sur le bas-côté, et je compris avant qu'il ne le dise. Un mince sourire se dessina sur mon visage tandis qu'il me demandait si j'avais déjà "emprunté" un speeder. Je secouais la tête avec amusement, et je pris position dans la ruelle pendant qu'il nous préparait notre moyen de transport. J'étais accroupie derrière une benne, mon arme tenue à deux mains, ne laissant apparaître que le haut de mon corps. Au moins, si j'étais touchée, je ne sentirais rien. Le premier Impérial qui déboula dans la ruelle reçut aussitôt deux décharges, le blessant au bras. Le second, un tir à la jambe le stoppa. Je continuais de tirer ainsi, pendant quelques minutes, qui me parurent des heures. J'économisais mes tirs, pour ne pas avoir à recharger trop vite, ce qui aurait scellé mon arrêt de mort, les Impériaux étant trop près pour que je puisse les faire reculer de nouveau.

Je n'en eus heureusement pas besoin, Ahsio arrivant à ma rencontre dans un speeder rose (rose ?!), dans lequel je me jetais contre la banquette arrière, l'impact me coupant momentanément le souffle. Quelques instants plus tard, nous filions dans les airs, sous les tirs impuissants des Impériaux restés en bas. Je poussais un discret soupir de soulagement. On s'en était sorti, du moins pour l'instant. Au moins, les airs étaient un domaine que j'appréhendais mieux que les combats au sol. On trouve des consolations où on peux. Je m'avançais jusqu'à la place passager, en tentant de refouler la phrase que nous sort à chaque fois notre esprit mais qu'on écarte sans y prêter attention : "La place du mort !"

Je rechargeais mon pistolet, quand un véhicule adverse vint percuter ma portière. Je m’agrippai à mon siège pour ne pas tomber sur Ahsio, et tirai au jugé sur le speeder. Heureusement pour moi, le pilote eut une meilleure idée, nous faisant prendre de l'altitude pour revenir l'écraser en contrebas. Ce dernier se dégagea, mais n'abandonna pas pour autant. Ses collègues prirent la relève, venant nous encercler entre leur deux speeder. Ahsio réussit à éviter le premier assaut en nous faisant brutalement descendre, mais la seconde fois, ils parvinrent à nous bloquer entre eux. En dépit des manœuvres d'Ahsio et de mes tirs (plutôt aléatoires), il nous était impossible de nous dégager.

Il me confia alors les commandes, et je tentais directement plusieurs esquives, sans succès. Il n'y avait pas de radio, alors à part tenir le manche, je n'avais pas grand-chose à faire. Ahsio tira alors sur la verrière du pilote de gauche. Je ne pus voir d'où j'étais si il l'avait touché, toujours est-il qu'il décrocha, nous laissant notre marge de manœuvre. Je cédais ma place pour tenter de voir où nous étions, mais cela ne m'apprit pas grand-chose, mis à part le fait qu'on se trouvait assez loin de la Base. Ahsio nous fit faire un virage serré qui me donna l'envie de rendre une partie de mon déjeuner et que je retins à grand-peine.

Enfin, je n'allais pas me plaindre non plus. On les avait semé, et c'était ce qui comptait. Je m'autorisais un nouveau soupir de soulagement... que je n'eus même pas le temps d'achever. Un bruit sourd contre la coque, et des grésillements provenant de tous nos appareils électroniques. Un canon à ion. Je ne savais où il était, mais ça n'était pas le plus important. Il nous avait touché, et bien touché. Je regardais Ahsio d'un air paniqué tandis que le speeder piqua du nez pour se rapprocher du sol.

- Prépare-toi au choc.

Je me souvins toutes mes simulations de crash, et retins ma respiration. La situation était très différente d'un crash aérien. Si encore j'étais dans mon cockpit, j'aurais su quoi faire. Là, je ne pouvais qu'attendre l'impact, et remettre toute ma confiance en Ahsio.

Le choc fut terrible. J'eus beau m'accrocher comme je le pouvais, ma tête fut projetée en avant et percuta ce qui restait de la verrière, me causant une douleur sourde et me faisant momentanément perdre connaissance. Le trou noir disparut bien vite, et j'émergeais juste à temps pour entendre la voix d'Ahsio. Des douleurs émergèrent en même temps un peu partout sur mon corps, mais, au moins, j'étais vivante.

- Rien de cassé ?
- N..Non. Ça va.

Je me passais une main sur la bouche, constatant que je devais m'être fendu la lèvre, puis dans mes cheveux, que je trouvais poisseux de sang. Du mien, apparemment. Merde. Je devais m'être ouvert, mais ça n'était pas trop grave. Du moins, j'espérais. Enfin, j'étais toujours capable de me concentrer et de réfléchir correctement, ce qui m'indiquait que je n'étais pas en état de choc. Je m'étais juste coupé, rien d'affolant, même si c'était relativement impressionnant.

Je cherchais vainement à débloquer ma portière, oubliant le fait qu'elle était probablement bloquée ou encastrée, mais on fait des choses stupides quand on est sonné. J'avais déjà vu-au travers de mon cockpit lors d'une mission d'assistance au sol- un soldat ramasser son bras arraché par une explosion. C'était totalement inutile, mais sur le coup, je suis sûre que ça lui avait paru tout naturel. Je n'ai pas assisté à sa fin par contre, mais l'image était restée. Et c'était comme ça que je cherchais à ouvrir ma porte, butant stupidement dessus, ne comprenant pas pourquoi celle-ci refusait de s'ouvrir.

Je finis par l'escalader (comme quoi, une partie de mon cerveau fonctionnait toujours), et me retrouvais hors de ce speeder d'une couleur infâme. Allez savoir pourquoi seule la couleur de notre véhicule me semblait en cet instant d'une prime importance.

Je hoquetais en voyant des hommes approcher, et pendant une demi-seconde, je crus que c'était des renforts républicains. Mon cerveau commença à m'envoyer un signal d'alarme quand je m'aperçus qu'ils levaient leurs armes sur nous. Ma vision s'éclairant peu à peu, je commençais à peine à comprendre dans quelle merde nous étions. Dans un quartier industriel très peu peuplé, entourés d'Impériaux, sans espoirs de renforts.

Instinctivement, j'aurais sorti mon arme, parce que je m'étais juré que jamais on ne me ferait prisonnière. Je préférais mourir. Mais Ahsio levant les bras, je ne pouvais légitimement le condamner pour mes convictions personnelles. Je l'imitais donc, à contrecœur. Je crachais négligemment par terre un mélange de salive et de sang. Mes lèvres fendues se tordirent en un sourire mauvais lorsqu'un Impérial vint nous fouiller (en profitant allégrement, le salaud!). L'endroit ressemblait au vieux hangar où je retapais un cargo, moins les deux TR-TT (comme quoi ces machins existaient toujours), les passerelles innombrables au-dessus de nous, et les Impériaux, bien sûr. Sinon, ça concordait : les caisses de matériels un peu partout, l'odeur d'huile de moteur, et la poussière mêlée de suie recouvrant les véhicules aussi bien que les hommes.

Un Impérial me conduisit près d'Ahsio, sous la garde menaçante des blasters de ses petits copains, et j'adoptais une posture fière, de défi, alors que moi-même je n'en menais pas large. Un type se démarqua du cercle, le genre de bleus que l'on croise à la sortie de l'Académie, pas à la tête d'une escouade Impériale. Je fis mine de me désintéresser de lui en regardant en l'air, jusqu'à ce qu'il parle.

- Tiens, mais qui voilà ... Ahsio ! Heureux de te revoir !
- Tiens, comme la Galaxie est petite Ners ! Dommage que le plaisir ne soit pas partagé !

Je regardais successivement Ahsio et le dénommé Ners en dissimulant ma surprise. Ma surprise et mon sentiment de malchance. Sur tous les Impériaux que l'on pouvait croiser sur cette foutue planète, il avait fallu qu'on tombe sur une (mauvaise) connaissance d'Ahsio. Ce qui ne pouvait nous attirer que des ennuis supplémentaires. Enfin, je ne m'en faisais pas spécialement, la situation était déjà mauvaise quand nous avions perdu nos armes, et qu'on ne me parle pas de Charybde ou de Scylla. En tout cas, les deux hommes se détestaient, cela pouvait se voir dans leur posture agressive, et leur ton franchement hostile.

- Moi qui te croyait mort au fin fond d'un trou sur ce chantier. Te voilà maintenant devenu un traître à la solde de cette... République.
- Malheureusement pour toi, je suis bien vivant. Oh ! Et les coups de fouet pendant deux mois m'ont donné encore plus envie de descendre les abrutis dans ton genre !

Ners frappa alors Ahsio au visage, et je sentis tous mes muscles se crisper, ainsi que mon bras droit se détendre... mais je fus stopper par un garde qui me donna un violent coup de crosse dans les côtes. Je grognais, mais parvins à me contenir. Je jetais un regard noir au garde tandis qu'Ahsio se tournait vers moi.

- Je t'ai dis que j'avais été à l'académie impériale... Et bien voilà Ners, un ancien camarade qui était plutôt médiocre à vrai dire...

Un Impérial pur jus donc. Même si le "médiocre" semblait un trop grand euphémisme dans la bouche d'Asio. L’académie Impériale. La situation aurait pu être inversée... Mais non. Jamais je ne me serais abaissée à des opérations de guérilla urbaine de ce genre. Si il ne volait présentement pas dans un chasseur, il avait certainement du être recalé.

- D'ailleurs te voilà désormais contraint à mener des actions de guérilla sur Coruscant... Ils n'ont voulu de toi nulle part ?
- Nous en reparlerons lorsque toutes les personnalités du Conseil auront été assassinées mon cher...

Là, je perdis tout mon sens de la répartie. Certes, ils semblaient avoir les moyens pour mener des actions de sabotages au sein de la capitale, mais en avaient-ils assez pour un complot de ce genre ? En même temps, lâcherait-il une information pareille si il n'était pas sûr ou de leur réussite, ou de notre silence ? Une sueur froide me coula dans le dos. Nous n'allions pas être torturés, juste éliminés. Comme des anonymes, personne au sein de la République ne comprendraient ce qui s'était passé. Ou alors trop tard. Il fallait à tout prix les avertir de ce qui se tramait, ou stopper ces types !

Mais, je dois avouer que pour le moment la situation n'était pas idéale pour tenter quoi que ce soit.

- Capitaine de l'escadron Spectre ? Jamais entendu parler... Et vous ? Commandant des Phoenix... Des pilotes hein ?

Mon regard se fixa de nouveau sur Ners, en train de lire nos papiers. Je fronçais les sourcils, ne pouvant m'empêcher de répliquer.

- Oui, contrairement à toi, on a pu devenir pilotes.

Je lâchais ça d'un ton amusé, et reçus aussitôt un coup dans le dos. J'avançais de deux pas, mais ne m'effondrais pas. Ners ne répliqua pas, me tournant délibérément le dos. Si j'avais pu, je lui aurais sauté dessus pour lui fracasser sa tête d'abruti sur le sol.

- Débarrassez-moi d'eux.

Nous allions donc mourir ici, dans ce hangar miteux, sans espoir quelconque d'avertir la République. Du moins, avant qu'Ahsio ne balance quelque chose, et me saisisse par le bras au moment où une voix hurlait un "Couchez-vous" des plus éloquents. Il m'entraîna derrière un chariot transportant des armes, pendant que l'enfer ravageait une partie du hangar. Il me tendit une arme après avoir jeté un œil sur ce qui se passait.

- Ils bloquent la sortie. Par contre l'accès à ce YT-2400 est libre. Tu vois où je veux en venir ? À mon signal tu fonces et tu déclenches l'ouverture de la rampe d'accès.

J’acquiesçais en sentant mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine. On avait une chance de s'en tirer finalement. Une chance, une petite chance, mais c'était mieux que rien. Je sentis une bouffée d'excitation remonter le long de ma gorge, et me préparais.

- Cours !!

Il y a de ces moments où le cerveau ne fonctionne plus, seuls les muscles répondent et agissent d'eux-mêmes. Ce fut le cas. Je me mis à courir en slalomant entre des objets invisibles, baissant la tête, et gardant mon fusil près de mon corps. Je ne ressentais rien, je ne voyais rien d'autre que le vaisseau corellien. Je connaissais le modèle, il devait s'agir à peu de choses près le même que celui que je réparais. Je ne perdis donc pas de temps à chercher le mécanisme d'ouverture, que je déclenchais immédiatement, m'accroupissant près de la rampe, et ouvrant le feu.

Ahsio me rejoignit, profitant d'un instant de répit, sans doute du au fait que les ennemis rechargeaient, et me demanda de m'occuper des contrôles de décollage. Je grimpais le long de la passerelle, en songeant que j'allais enfin aborder quelque chose dans mon domaine d'expertise. Enfin, la situation allait mieux se passer !

Soudain, j'eus l'impression d'entendre mon nom derrière moi. Je me retournais vivement, pensant qu'Ahsio m'appelait, mais je me pris un coup de poing qui me cueillit en plein dans l'estomac. Le coup me coupa le souffle, et je regardais autour de moi sans comprendre d'où il venait. J'entendis mon souffle au ralenti, sans entendre quoi que ce soit d'autre.

Le temps se ralentit encore, et l'instant d'après je contemplais le plafond. Que se passait-il ? J'étais allongée sur le sol dur du vaisseau, et je n'avais conscience de rien. Au loin j'entendais des bruits indéfinissables, et je fronçais les sourcils pour tenter d'en comprendre le sens. Une ombre passa près de moi, et me tira vers l'arrière. J'eus envie de lui crier de me lâcher, de lutter, mais plus aucun muscle ne m'obéissait.

L'ombre finit par me lâcher, et je soupirais de contentement. Qu'on me laisse tranquille histoire que je sache qui m'a frappé ! Et aussi que je comprenne pourquoi je ne pouvais plus bouger. Mais l'ombre revint, mais je ne la reconnus pas, ses traits étant comme floutés.

Et d'un coup, tout s'éclaira. Le visage d'Ahsio apparut au-dessus de moi, les bruits de combats devinrent nets, l'odeur de chair brûlée s'insinua en moi, et la douleur dans mon ventre éclata brutalement. Je gémis en voulant me rouler en boule, comme si cela pouvait de quelques manière contenir la douleur, mais ne fit rien. Je ne sais pas si c'était parce que je ne pouvais plus bouger, ou si parce que mon cerveau embrumé savait qu'il valait mieux pour moi que je bouge pas. Je n'en savais foutrement rien. J'avais mal, et la douleur occultait toutes mes autres pensées. Je haletais en sentant du sang couler de mes lèvres, et en crachotais quelques gouttes en l'air, celles-ci retombant en pluie sur mon visage.

- Ça va faire mal, mais tu iras mieux après.

Il désinfecta la plaie, et je ne pus retenir un cri de douleur. Mais je serrais les poings et les dents en me retenant, fermant les yeux comme si cela pouvait atténuer la souffrance. Ahsio me transporta délicatement jusqu'au siège du copilote, où je m'installais précautionneusement. Mon ventre me brûlais, et soudain, j'eus une pensée panique. Une sueur froide s'insinua dans mon dos pendant que je passais délicatement une main sur mon ventre...

- Je te demanderai juste d'essayer de joindre des renforts, on va en avoir besoin, on est pas encore sûrs de sortir de là vivant.

Je n'arrivais plus à parler, ni à respirer correctement. J'avais un gros problème. J'avais peur, et cette peur me paralysais. Je me forçais à réfléchir calmement, mais n'y parvint pas. Une peur primitive, un besoin de protéger, je ne savais ce que c'était, mais c'était vital.

J'étais enceinte. J'étais enceinte, et le tir avait frappé mon enfant. Je ne savais comment il allait, mais une chose était sûre : il n'allait pas bien. Conçu avec ce qui devait être mon grand amour [NDLR: Gra'an, même si Nayeli ne sait pas qu'il est Impérial], je n'en avais encore parlé à personne. Et je n'avais modifié en rien mon style de vie, en attendant de prendre une décision à son sujet, même si le père restait injoignable en l’occurrence.

Je maîtrisais les tremblements de mes mains, en en gardant une posée sur mon ventre, et décrochais le micro. Chaque chose, en son temps. D'abord, se sortir de ce merdier. Ensuite, s'occuper de lui. J'ouvrais fébrilement toutes les fréquences.

- Phoenix 2-1 à Base One, vous me recevez ?, à vous !

Ma voix était blanche et méconnaissable. Une voix couverte de parasite me répondit.

- Base One, Phoenix 2-1, identification.

Bon sang. On avait pas le temps pour ça!

- On a pas le temps ! Je suis avec le Leader de l'escadrille Spectre, on a besoin d'aide, des Impériaux sont sur Coruscant et...!
- Le code 2-1.
- Merde ! Votre foutu code est...

Ma voix était incontrôlée, et mon esprit déjà pas très au clair n'arrivait pas à se focaliser sur plusieurs choses en même temps, et pour l'heure, toutes mes pensées tournaient autour de la vie qui mourrait peut-être en moi. Je ne trouvais plus le code, je le connaissais par cœur, mais je ne m'en souvenais plus.

- Situation Blanche Quarantaine ! je hurlais, proche de l'hystérie.

La situation Blanche Quarantaine était un nom de code secret, que seuls connaissaient les chefs d'escadrilles, destiné à informer qu'un vaisseau était sous le coup d'un abordage discret par les forces adverses. Évidemment, la situation en tant que telle ne s'appliquait pas ici, mais elle désignait bien ce qui se passait : les Impériaux étaient dans la capitale.

Il y eut un instant de flottement, et la voix me répondit.

- Reçu 2-1, on vous voit sur nos radars, vous avez des chasseurs aux trousses, les escadrilles de sécurité sont en route, temps d'arrivée, dix minutes, tenez le coup!

Il y eut un grondement sourd, et je fus projetée vers l'avant quand une salve de laser nous frappa le bouclier arrière. Je larguais une vague de contremesures électroniques pour brouiller les senseurs de nos poursuivants, et tentais de reprendre mon calme. Tandis qu'on volait tant bien que mal en direction de la Base, je me passais nerveusement une main sur mon ventre, sous ma veste pour palper et tenter de sentir la douce chaleur qui s'y était nichée depuis quelques semaines.

Je ne sentis rien. J'eus un regard paniqué à Ahsio, et refoulais mon envie de tout lui dire. Pas maintenant. Une fois qu'on sera hors de danger. Chaque chose en son temps Nayeli. Chaque chose en son temps. Pour le moment, il fallait juste éviter ces chasseurs, et déjouer le complot impérial. Faire tout ça avec un enfant dans le ventre n'aurait pas été faisable si je n'avais pas l'intime conviction qu'il n'était pas déjà trop tard. Enfin, bien sûr, j'espérais toujours, mais mes pensées étaient un peu éteintes, et j'évitais de réfléchir trop. Pas en ce moment. Surtout pas en ce moment.

Un chasseur nous verrouilla et lança un missile à concussion contre nous. Je larguais aussitôt une paire de leurres, n'ayant presque pas conscience de ce qui se déroulait en ce moment. Mon cerveau moulinait à toute allure pour donner un sens à ce qui venait de se passer. Une simulation. Un jardin luxuriant. Un déjeuner inachevé. Une course-poursuite. Un complot contre la Chancelière. Une mère qui perd son enfant...

Je ne pus retenir mes larmes en pressant une main contre mon ventre. Je me tournais vers Ahsio.

- Ils vont attaquer la Chancelière bientôt... C'est à prévoir, nous avons bouleversé leurs plans, hoquetais-je. Ahsio, j'étais enceinte...

Je me sentis m'évanouir au moment où les alarmes signalant que nous avions été verrouillées hurlaient de nouveau. J'eus un sursaut, et je repoussais les assauts de mon corps me répétant inlassablement de me laisser aller au trou noir.

- Ahsio, je murmurais en lui agrippant violemment le bras. Contacte... Gil Ekoren. Je t'en prie! C'est un marchand originaire de Bespin. Gil Ekoren. Trouve-le, je t'en supplie, dis-lui ce qui s'est passé... Dis-lui que je l'aime... Trouve-le...


Ma voix s'éteignit lentement, tandis que la pression de mes doigts sur le bras d'Ahsio se relâcha peu à peu, tandis que mes paupières se fermaient... Et puis, ce fut l'obscurité totale.



Dernière édition par Nayeli Hawkins le Mer 14 Mar - 9:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Sam 10 Mar - 13:40

Ahsio aurait aimé pouvoir installer Nayeli dans un coin plus confortable que le cockpit du cargo, mais il préférait l’avoir à l’œil si jamais son état s’aggravait. Il n’était pas médecin et ne pouvait donc pas faire grand-chose de plus que les premiers soins de base : autrement dit, se contenter de poser des bandes de bacta sur la plaie. Une chance qu’il ait trouvé une trousse de survie dans le cargo. Cela permettrait au moins que la blessure de Nayeli ne s’aggrave pas.
Le cargo fonçait entre les gigantesques structures des usines et des entrepôts. Il bascula sur l’écran tactique et poussa les senseurs au maximum de leur capacité. Des tâches lumineuses qui les suivaient d’assez loin apparurent. Les impériaux s’étaient lancés à leur poursuite. Certes ils étaient à bord de chasseurs de têtes, des antiquités, mais des antiquités qui restaient dangereuses pour un cargo tout aussi vieux et il fallait le préciser : complètement déglingué. Il fallait absolument qu’il les distance. Il effectua quelques modifications sur l’écran tactique pour que les Z-95 Headhunters s’illuminent en rouge.

À côté de lui, Nayeli était dans un état second, elle hurlait dans le comlink et semblait sur le point d’insulter l’officier qui était à l’autre bout. Bon d’accord, sur ce dernier point, il aurait fait pareil. Mais son état de panique apparent convainquit Ahsio qu’ils devaient faire vite. Si elle n’était pas vitre prise en charge, elle risquait d’y rester. Finalement, l’air affolé de Nayeli dut réussir à convaincre les forces de défense planétaire de leur envoyer des renforts.


- Reçu 2-1, on vous voit sur nos radars, vous avez des chasseurs aux trousses, les escadrilles de sécurité sont en route, temps d'arrivée, dix minutes, tenez le coup!

Tenir le coup, dix minutes, dix longues minutes. Ahsio aurait espéré un peu plus de rapidité de la part des escadrons de défense de Coruscant, mais le temps de se rendre à leurs chasseurs, de faire les contrôles de décollage, décoller puis venir à leur rencontre, ça mettait bien dix minutes. Tant pis, ils allaient devoir tenir, c’était ça ou finir en bouillie… Et Ahsio n’avait clairement pas l’intention d’avoir une fin aussi minable ! Il manœuvra le cargo au travers des couloirs aériens, regagnant bientôt la circulation des quartiers résidentiels et commerciaux.
Les chasseurs ennemis finirent par les rattraper et un choc terriblement puissant secoua le vaisseau. Ahsio fit de son mieux pour compenser le mouvement de l’engin. Un tir de laser venait de toucher l’un des moteurs. Sur l’écran de diagnostics, Ahsio constata que la puissance était descendue à 40 % de sa capacité. Il entreprit de passer l’énergie des armements au bouclier arrière, afin de compenser les coups qu’ils venaient d’essuyer.
Alors que des torpilles à protons les poursuivaient, menaçant de réduire le débris volant en miettes, Nayeli, malgré sa blessure, eut le bon réflexe et lâcha des contre-mesures, leur évitant une mort prématurée. Les ennemis ne lâchèrent pas prise et répliquèrent en renvoyant une salve de missiles. Quasiment tous percutèrent le coin d’un griffe-ciel, créant un trou béant dans la structure de celui-ci sur au moins 4 niveaux. Le dernier fut évité grâce à un leurre lâché par Nayeli. Ahsio jeta un regard dans sa direction. Elle semblait perdue. Normal après avoir reçu un tel coup. Des larmes coulaient sur son visage. Elle se tourna à son tour vers lui.

- Ils vont attaquer la Chancelière bientôt... C'est à prévoir, nous avons bouleversé leurs plans. Ahsio, j'étais enceinte...

Il sentit quelque chose lui agripper le bras. C'était la main de Nayeli. Ses ongles s'enfonçaient dans la peau d'Ahsio, avec une telle force qu'il était fort probable qu'il en garde les marques un certain temps. Mais celui-ci se garda de faire toute remarque. Après tout si ça pouvait l'aider à supporter un peu plus la douleur...

- Ahsio. Contacte... Gil Ekoren. Je t'en prie! C'est un marchand
originaire de Bespin. Gil Ekoren. Trouve-le, je t'en supplie, dis-lui ce
qui s'est passé... Dis-lui que je l'aime... Trouve-le...


Ahsio en resta sans voix. Il ne savait que dire, ni que faire face à cela. Elle était enceinte, et elle s’était faite tirer dans le ventre par des impériaux. Et si elle s’était faite tirer dessus, c’était parce qu’il n’avait pas été capable de la couvrir convenablement. Il sentit d’un seul coup une vague de culpabilité l’envahir. Il se sentait responsable de la mort de l’enfant de Nayeli. Il ne savait plus quoi penser.
Mais le moment ne se prêtait pas à la réflexion, et les alarmes de verrouillage rappelèrent Ahsio aux commandes. Un missile avait réussi à déjouer les obstacles que le pilote avait pris soin d’interposer entre le cargo et ses poursuivants, en zigzaguant entre les passerelles et autres structures reliant les différents bâtiments de la ville-monde. Il s’adressa à Nayeli :


- Calme-toi, chaque chose en son temps. Il y a encore des chances qu’il s’en sorte… Mais on va d'abord se tirer de là…

Ahsio se voulait rassurant, mais il sentit à sa voix qu’il n’était pas très crédible. Aucun écho ne vint répondre à ses paroles. Il se tourna alors, pour voir Nayeli affalée dans son siège, inconsciente.

- Je vais d’abord nous tirer de là… Corrigea-t-il.

Le missile se rapprochait dangereusement. Ahsio lança le cargo corellien dans des manœuvres d’évasion. L’occasion de se débarrasser une bonne fois pour toute du missile arriva peu de temps après. Un passage, très étroit entre deux bâtiments s’ouvrait face à eux. Le cargo ne pouvait pas y passer en restant à l’horizontale, mais si Ahsio le faisait pivoter sur lui-même de 90 degrés, il pourrait s’y engager, et il y aurait de fortes chances pour que le missile s’écrase contre le permabéton des bâtiments. C’est ce qu’il fit. La manœuvre fut un succès puisque comme prévu la torpille explosa au contact de l’une des structures en permabéton, et l’un des chasseurs ennemis, fit de même. Il en restait malgré tout assez pour les descendre.
Le cargo émergea dans une grande artère et rétablit le vaisseau à l’horizontale. Il poussa le compensateur d’inertie à fond, fit un large virage sur la droite et entreprit un demi-looping très serré. Le compensateur d’inertie étant réglé à 100 % lui évita de ressentir l’accélération que subissait le vaisseau, si ça n’avait pas été le cas, il aurait sans doute perdu connaissance à son tour. Alors qu’il finissait la deuxième partie de sa manœuvre : un demi-tonneau afin d’avoir à nouveau la tête à l’endroit, deux des chasseurs quittaient le passage. Ahsio bascula les boucliers à l’avant et en dirigea une partie de l’énergie vers l’armement du vaisseau. Il tira, et fit mouche. Le laser traversa la verrière et le vaisseau alla s’écraser contre un griffe-ciel. Tandis que l’autre arrivait face à lui, le canardant, Ahsio se lança dans un tonneau légèrement incliné sur le côté afin de ne pas percuter le Z-95 et mit les gaz afin de mettre un maximum de distance entre lui et les impériaux.
Alors qu’Ahsio croyait enfin avoir distancé leurs poursuivants, il vit une salve de lasers vert passer un peu trop près de la verrière à son goût. Le rayon ne frappa pas le cargo, mais abattit l’un des poursuivants, le faisant exploser. Ahsio distingua alors trois ailes E venir à leur rencontre. Les chasseurs républicains dépassèrent le vaisseau et allèrent à la rencontre des Z-95. Même un as du pilotage risquait d’y passer face à des E-wing. Et effectivement, il ne leur fallut pas plus de 2 minutes pour se débarrasser définitivement des pilotes impériaux.

- Cargo non identifié, ici Vol Mynock de la Nouvelle République. Veuillez nous transmettre vos identifications.
- Ici Ahsio Nes, Leader Spectre, et Nayeli Hawkins, Phoenix 2-1, merci du coup de main !
- Leader Spectre, nous vous escortons jusqu’à la base. Vous pensez pouvoir être capable de poser ce tas de ferraille ?
- Négatif Mynock, le commandant Hawkins est inconscient et a besoin de soins immédiatement.

Un silence de quelques secondes lui répondit, puis le leader du vol Mynock reprit la parole.

-Bien compris Leader Spectre, rejoignez l’hôpital militaire de Coruscant. Une équipe vous accueillera.
-Merci. Leader Spectre, terminé.

Ahsio évita les grands couloirs aériens trop fréquentés afin de se rendre au plus vite au centre médical de l’armée. Il arriva sur une plate-forme en durabéton et y posa délicatement le cargo. Malgré cela, il entendit une pièce se détacher à l’arrière, et tomber lourdement sur le sol. Il était temps qu’ils arrivent… Ahsio déboucla Nayeli et la saisit délicatement, afin d’éviter d’aggraver la blessure. Il la porta à travers la coursive du vaisseau, et d’un coup de coude sur l’interrupteur, déclencha l’ouverture de la rampe. Il sortit, et se hâta en direction de l’entrée de l’hôpital. Des hommes vêtus de blouses couraient vers lui avec du matériel. Ils déployèrent une civière sur laquel Ahsio déposa Nayeli.

- Elle a reçu un coup de blaster dans le ventre. J’ai posé des bandes de bacta, j’avais que ça sous la main. Elle est enceinte, et elle a été salement touchée…
- On se charge d’elle. Pour son enfant, on va voir ce qu’on peut faire, mais en voyant ça, je suis pas sûr de pouvoir faire grand-chose.
- Essayez quand même ! Fit Ahsio, d’un ton proche de l’indignation.

Les médecins emmenèrent Nayeli à l’intérieur. Elle aurait droit à la totale : se retrouver plongée dans une cuve de bacta pendant plusieurs jours. Ahsio eut alors le temps de repenser à ce qui s’était passé. Ils étaient au restaurant, ils avaient démasqué des agents impériaux lorsque ceux-ci s’étaient intéressés d’un peu trop près à eux. S’en était suivi une course-poursuite à travers Coruscant, pour finalement atterrir dans une planque d’espions impériaux. Ils avaient failli y rester, s’il n’avait pas repensé à l’astuce de la recharge pour faire diversion et s’emparer d’un vaisseau. Pourtant toutes les décisions qu’il avait prises lui semblaient mauvaises. N’auraient-ils pas pu être diplomates avec l’homme du restaurant, pour éviter tout cela ? N’auraient-ils pas pu prévenir des gens lors de leur course dans la ville ? Ahsio aurait aimé les suivre, mais un officier des renseignements, suivi de deux agents l’interceptèrent.

- Capitaine Nes, étant donné les circonstances, vous vous doutez sans doute que nous ne pouvons pas attendre votre rapport, pourriez-vous nous suivre ? Le chef des Renseignements voudrait vous débriefer.
- Bien sûr Lieutenant. Mais avant j’aimerai panser ces blessures. Il désigna la plaie béante sur son bras et la blessure, moins impressionnante qu’il avait sur la jambe.
- Bien entendu, rejoignez-nous aux bureaux des Renseignements dès que vous en aurez fini. Et profitez-en pour changer ces haillons.
- Heu... Oui...

Il regarda ses vêtements. Il n'était pas beau à voir... On avait l’impression, avec le sang séché et la poussière qui recouvrait ses bras et son corps, qu’il sortait de plusieurs jours passés dans l’environnement le plus hostile qui soit, ce qu n’était pas si loin de la réalité, si on pouvait considérer un entrepôt pleins d’impériaux comme étant hostile et qu’il n’y avait même pas passé une heure... Des lambeaux de tissu pendaient au niveau de ses manches. Il se passa une main sur le visage, plein de transpiration...
Ahsio jeta un regard vers les deux médecins et Nayeli, sentant la culpabilité reprendre le dessus. Les deux agents montèrent dans un speeder et quittèrent les lieu. Ahsio entra à son tour dans le bâtiment.






Quatre jours plus tard...


Ahsio n’avait guère eu le temps de se reposer depuis la confrontation avec les espions impériaux dans les bas-fonds de Coruscant. Et quand ont lui avait accordé quelques heures pour dormir, il n’avait tout simplement pas trouvé le sommeil et avait alors passé ses heures à effectuer des recherches sur l'homme dont avait parlé Nayeli. De toute évidence, il s'agissait du père. Au début, il n'avait tout simplement rien trouvé, personne n'avait enregistré de traces provenant d'un certain Gil Ekoren. Il avait passé de nombreuses heures à éplucher les bases de données des Renseignements, celles qui lui étaient accessibles du moins. Mais s'il se trouvait dedans, il y avait de fortes chances qu'il puisse le trouver, ce genre d'information n'étant pas confidentielle. Il avait finalement fini par trouver un enregistrement répondant à ce nom dans un petit spatioport de Coruscant. Le cargo venait apparemment de Bespin, mais un contrôleur du spatioport avait signalé un élément anormal pour un vaisseau commercial dessus. Le vaisseau avait alors fait l'objet d'une enquête plus approfondie, en toute discrétion bien entendu.
Les agents des Renseignements avaient fini par trouver une identité correspondant à celle de l'homme en question, malheureusement, longtemps après son départ de Coruscant...
En lisant ce nom, Ahsio eut un frisson. L'homme en question était tout sauf un simple marchand. il s'agissait d'un haut gradé de l'Empire : Gra'an Fel.

Ahsio avait alors stoppé toute recherche pour réfléchir à la chose. De toutes les personnes sur Coruscant, Nayeli était tombée folle dingue d'un impérial, et pas n'importe lequel... Une autre question lui était alors venu à l'esprit : pourquoi était-il venu sur Coruscant ? Y-avait-il un rapport avec leur affrontement avec les espions impériaux ? Ahsio avait décidé qu'il pouvait faire confiance à Nayeli, aussi la mit-il hors de tout doute. Pour le reste... Il ne savait plus trop où donnait de la tête.

Mais il s’inquiétait avant tout de l’état de santé de Nayeli. Et même si ses jours étaient désormais hors de danger, ça n’était pas le cas pour son enfant. Les médecins avaient prévenus Ahsio qu’ils n’avaient rien pu faire. Il y avait repensé à chaque temps libre. Comment amènerait-il la chose lorsqu’elle serait réveillée ? Il n’avait toujours pas trouvé.

Les jours suivant l’incident étaient passés à une vitesse ahurissante. Le débriefing avait duré plusieurs heures, pendant lesquelles Ahsio et son supérieur avaient essayé d’interpréter chaque détails qu’il avait relevé dans la course-poursuite : le nombre de poursuivants, la taille du hangar, le nombre de vaisseaux, de caisses de munitions et d’armes...
Certains des espions avaient finalement été arrêtés. L’un des chasseurs abattus s’était écrasé, mais le pilote avait survécu. très vite appréhendé par les forces de sécurité, il avait été interrogé. D’abord peu bavard, il avait, par on ne sait quel moyen, finalement été très loquace. Ahsio soupçonnait le service des Interrogatoires d’avoir fait usage de sérum de vérité ou plus brutal : la torture. Puis il avait du faire son rapport. Récapituler une nouvelle fois les évènements, exactement comme ils s’étaient passés. Il devait inscrire absolument chaque détail qu’il avait en mémoire et y ajouter ses impressions personnelles. Cela lui avait pris une nuit entière, et ses paupières commençaient donc à être lourdes. Il avait l’impression d’être de retour sur ce chantier où l’on le lui laissait que très peu de temps de sommeil contre énormément d’heures à porter des charges excessivement lourdes. Son état de fatigue était comparable à cette situation. Il n’avait même pas eu le temps de recevoir un traitement digne de ce nom pour l’entaille qu’il avait eu au bras. Elle le faisait souffrir, étant profonde. Les médecins s’étaient contenté de poser quelques bandages de bacta afin de cautériser la plaie. Le reste se ferait naturellement.

L’hôpital militaire venait de le contacter, car Nayeli était enfin sortie de sa cuve bacta. Et il voulait être là à son réveil, pour la soutenir. Elle en aurait besoin. Dès qu’il eut fini sa n-ième rencontre avec ses supérieurs de la journée, il quitta la base et se rendit à l’hôpital. Quand il arriva, Nayeli était déjà réveillée. Il afficha un grand sourire en entrant dans la pièce et se dirigea vers Nayeli. Il s’assit à côté d’elle.

- Je venais voir comment ça allait. Je suis venu dès que j'ai appris ton réveil. Mais avec mes supérieurs sur le dos, ça n'a pas été facile... J'ai même réussi à t'éviter la visite du chef des Renseignements dès ton réveil. Rajouta-t-il avec un petit sourire.

Il marqua une pause. Cherchant ses mots, mais rien ne lui vint à l’esprit. De toute façon, elle n'était peut-être pas prête à parler. Peut-être n'appréciait-elle pas sa présence. Aussi se contenta-t-il de rester assis à côté d'elle, attendant qu'elle dise quelque chose, ou qu'elle lui demande de partir. Dans ce genre de situation, certains préféraient avoir du monde à qui parler,d 'autres du monde mais sans parler, d'autres enfin préféraient être seuls. Ahsio ne savait pas à quelle catégorie appartenait Nayeli.
Mais lorsque celle-ci tourna la tête vers lui, il prit la résolution de lui faire part de sa trouvaille. Il afficha un air sombre et sévère, qui n'apparaissait que rarement sur son visage.


- Comme tu me l'as demandé, j'ai essayé de trouver la personne dont tu m'as parlé

Il ne prononça aucun nom, car il se pouvait qu'ils soient enregistrés par un dispositif espion.

- J'ai finalement retrouvé sa trace, après pas mal d'heures de recherches.

Il lui tendit alors son datapad, afin qu'elle lise et découvre la vérité sur l'homme qu'elle aimait. Ahsio avait décidé de ne pas en parler à ses supérieurs, et ainsi de couvrir Nayeli, au moins jusqu'à ce qu'elle lui fournisse des explications, si du moins elle était en mesure d'expliquer cela...
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Ven 16 Mar - 9:17

Je fonçais à travers les étoiles et le firmament. J'étais libre. A une vitesse vertigineuse, je voyais défiler autour de moi planètes et galaxies, sans jamais m'arrêter. Ni hublot de cockpit, ni verrière comme obstacle devant mes yeux. Ma vue était effroyablement perçante, je pouvais voir les petits êtres vivants s'agitant sur les planètes si je le voulais. J'entendais le vide de l'espace ronronner et murmurer des mots doux, des menaces, des prières. Je me nourrissais de poussière d'étoiles, rompant de mes doigts le calme de l'Univers en filant telle une Filante. Je ne respirais pas, et ma connaissance était infinie. J'étais ivre de bonheur et d'excitation, comme si j'étais en chasse de quelque chose. Je pouvais dévorer des soleils, m'attaquer à des vaisseaux ridicules sans jamais être inquiétée.

Qui étais-je ?

Et puis, un cri vint de l'extérieur. Un cri de terreur, d'incompréhension, et de dépit. Ce cri déchira la trame de l'Univers, et je sombrais dans le Néant, qui m'aspiras en une bouchée. Dans ses entrailles, je hurlais, mais seul le silence me répondait. Dans l'obscurité, je continuais de tomber, tomber, et tomber encore. J'avais beau me débattre et tenter de reprendre mon envol, rien ne se passait.

Où étais-je ?

J’atterris brutalement dans une pièce aux murs si blancs qu'ils me firent mal. Je plissais les yeux, tentant de toucher une des parois, sans succès, celle-ci semblant se dérober sous mes doigts. Quelqu'un apparu devant moi, une femme brune qui pointa du doigt quelque chose derrière moi. Je regardais dans la direction et y découvris le cadavre d'un enfant en bas âge. Aussitôt, une intense douleur éclata dans mon ventre, me faisant hurler de douleur. Je haletai, le corps en feu, et tombai à genoux.

Que se passait-il ?

Je fermai les yeux et restai prostrée ainsi comme une enfant en pleurant des larmes de souffrance. J'entendis des bruits de pas, et vis un grand homme aux cheveux blancs s'avancer vers moi. Je levais sur lui des yeux apeurés, mais son sourire me mit du baume au cœur et m'inspira aussitôt confiance. Il me posa une main sur l'épaule, sans rien dire, avant de me toucher l'abdomen.


Tout me revint d'un coup. Je m'appelais Nayeli Hawkins, commandante de l'escadron de reconnaissance Phoenix 2, je servais les Forces Armées Républicaines, j'étais amie avec la mercenaire Tyria Zann, avec le capitaine Ahsio Nes, amante et amoureuse du marchand Gil Ekoren, et mon enfant avait encaissé un tir de blaster lors d'une escarmouche sur Coruscant.

Des flashs, aussi. Des voix autour de moi. Certaines étaient monstrueuses, un peu comme quand on passe un film au ralenti. Je ne comprenais pas ce qu'elles disaient. Je vis plusieurs visages, certains étant couverts selon les standards médicaux. D'autres, en passage. Je vis le visage de ma mère assassinée. Celui de Gil me souriant. Et la douleur revint brutalement, me tirant de mon inconscience.

~

Lorsque je rouvris des yeux paniqués, j'aspirais l'air à grande goulées, et de l'oxygène pur emplit mes poumons. Autour de moi, de l'eau avec des bulles. J'avançai un bras pour y trouver une verrière. Des bip réguliers trompaient le silence. Régnait une grande lumière, qui m'obligea à plisser les yeux. Je flottais dans une cuve de bacta, et une alarme retentit pour prévenir les médecins de mon retour à la conscience.

Je regardais une de mes mains, palpais mon visage, pour y trouver sans grand étonnement un masque à oxygène, et touchais mon ventre. J'avais froid. Un homme en blouse blanche apparut, me sourit et parla. Honnêtement, je ne l'écoutais pas. Il devait répéter le même charabia que font tous les docteurs : "Tout va bien se passer". Je fus sortie de ma cuve, on me sécha, m'allongea, me brancha des appareils étranges. Je ne parlais pas, gardant mon regard fixement pointé devant moi.

Un homme revint bientôt, et je ne pus ne pas l'entendre. Il semblait vouloir me parler de quelque chose vraiment important, aussi fus-je forcée de l'écouter.

- Bonjour. Nous sommes tous soulagés que vous soyez sortie du coma, quatre jours, tout de même...! Je dois vous poser quelques questions, pour être sûr que vous allez bien, d'accord ? (devant mon manque de réaction, il poursuivit). Vous rappelez-vous comment vous vous appelez ?
- Je suis la Commandante Nayeli Hawkins, Phoenix 2-1, dis-je d'une voix pâteuse.
- Bien. Mademoiselle Hawkins...
- C'est Commandante Hawkins, corrigeais-je par habitude des hommes ne voyant pas en une femme une militaire.
- Bien sûr, Commandante Hawkins. Vous rappelez-vous ce qui s'est passé ?
- ...Oui.
- Vous savez donc que vous avez pris un tir de laser dans la poitrine ?
- J'ai dit oui. Je veux la vérité docteur, et ne faite pas l'innocent. Est-il ... ?

Je ne finis pas ma phrase. Impossible. Je connaissais la réponse. Mais, étant par nature humaine, un petit, petit bout d'espoir était encore accroché. Un tout petit morceau, s'accrochant contre vent et marées, alors même que tout mon corps avait accepté la disparition du petit être vivant en moi. Le médecin parut gêné, comme si il n'avait pas prévu d'en parler.

- Comprenez qu'on a fait tout ce qu'on a pu Commandante... je suis désolé.

Je n'écoutais déjà plus. J'avais eu tort. Si mon corps avait accepté sa mort, ce n'était pas le cas de mon esprit. Je sentis une goutte se former, en entendant le docteur baragouiner un "Je vais vous laisser vous reposer" .

Mon cœur se serra en une boule glacée, me comprimant la poitrine. Pendant quelques secondes, j'avais beau happer l'air, rien ne venait, mes poumons hurlaient grâce lorsque je recommençais à respirer, par à-coups. Je me retournais sur le côté, pleurant à chaude larmes. Quelque chose se brisa au fond de moi, et je ne savais pas si ça cicatriserais aussi facilement que mon corps.

Je me surpris à contempler le plafond, les bras le long du corps, ne pensant à rien. Mon esprit fonctionnait à vide.

Je suis un désert. Les déserts ne pensent pas.

Je respirais par intermittence, comme si j'avais besoin de m'obliger à respirer, mon corps n'assurant même plus cette fonction vitale. Je ne sus jamais combien de temps je restais ainsi allongée, mais bientôt, le bruit de la porte s'ouvrant me tira de ma léthargie. Avant que je ne puisse balancer mon coussin sur le nouvel arrivant, je reconnus Ahsio Nes, et m'imposais de ne pas le faire.

Sa réplique sur la "visite" du chef des Renseignements me tira un sourire fatigué, mais sincère. Je tentais de me relever pour m'asseoir, mais mes muscles ankylosés protestèrent vigoureusement, me tirant un gémissement de dépit. Je restais donc là, dans cette position plutôt dérangeante. J'avais l'impression désagréable de passer pour faible.

Un silence s'installa, et je toussais pour masquer ma gêne. Je ne savais pas exactement quoi dire, et je pense que lui non plus. Je lui pris la main pour tenter de lui communiquer ma reconnaissance, mon amitié et ma confiance. Par dessus tout, je ne voulais pas qu'il se sente coupable que je sois allongée là, mais je ne savais comment m'exprimer. Je n'étais pas vraiment douée à l'oral, et je m'en voulais de ne pas lui dire.

- Comme tu me l'as demandé, j'ai essayé de trouver la personne dont tu m'as parlé. J'ai finalement retrouvé sa trace, après pas mal d'heures de recherches.

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine blessée. Gil ! Il fallait que je lui parles. Il saura quoi faire. Ahsio était très fort, et je ne l'en remercierais jamais assez. Je ne remarquais même pas sa mine sérieuse, tant mon impatience à l'idée de le revoir était grande. Il me tendit un datapad, et le pris d'une main, gardant l'autre posée sur celle d'Ahsio.

Lorsque je vis l'image de Gil, mon cœur accéléra. C'était lui. Aucun doute possible. J'en aurais hurlé de joie.

Cependant, je me retins, et pas parce que Ahsio était à côté. Je tiquais en voyant l'uniforme arboré fièrement par le marchand. Qui, assurément, n'était pas un marchand sur cette image. Une sueur froide s'insinua dans mon dos en lisant le nom, qui n'était pas celui que je connaissais.

Gra'an Fel. Un nom que j'avais déjà entendu, lors de conférences sur le Haut Commandement Impérial actuel. Qu'est-ce que cela voulait dire ?

Ma main quitta aussitôt celle d'Ahsio pour prendre le datapad à deux mains, m'adossant au mur en reculant mes couvertures. Je parcourus rapidement ce qu'il y avait à lire, en ne retenant que quelques mots.

Espionnage. Fausse identité. Fidèle à l'Empire...

C'était impossible... Ahsio s'était trompé. Il n'y avait pas d'autres explications. Mais la photographie correspondait en tous points... Non, non ! C'était un cauchemar. J'étais encore en train de délirer. Ça n'était pas possible. Mes mains se crispèrent sur le datapad, si fort que je me fis mal... ce qui me convainquit que je n'étais pas en train de rêver.

Toute notre rencontre défila devant mes yeux, ses plaisanteries sur ses activités d'espionnages, sa façon méfiante de se comporter dans la rue... Et je n'avais rien vu. Enfin, si, mais je n'avais rien relevé, tellement j'étais confiante dans cet homme que je ne connaissais pas. Et décidément, non, je ne le connaissais pas. A propos de ses plaisanteries, je m'étais dit que de toutes façons, ça n'était pas possible. Que je ne pouvais pas être toujours au mauvais endroit au mauvais moment.... Mais apparemment si.

Mon visage perdit toutes les couleurs que j'avais pu reprendre. Je me sentais au bord de l'évanouissement, ma tête tournoyait, les contours perdaient de leur netteté... Tout semblait me tomber dessus en même temps. Je n'avais qu'une envie, celle de mourir. Que le ciel me foudroie. Je ne pouvais pas perdre et mon enfant et son père...

Je ne pleurerai pas. Pas devant Ahsio. Je suis un désert. Les déserts ne pleurent pas.

- Oh, non.... parvins-je à articuler.

Je levais les yeux vers lui. Son air sombre me revint d'un coup en mémoire, et prit tout son sens. Ces infimes petits détails que je ne cessais de rater... Je devais être la pire fonctionnaire de toute l'Histoire de la République. Je lui tendis son datapad en tremblant. Je forçais mon esprit à fonctionner. Ahsio attendait des explications. Il pouvait penser que je lui avais délibérément menti, ne pensant qu'il trouverait la véritable identité de Gil. Ou de Gra'an. Je ne savais plus. Mais je n'avais pas d'explications à fournir...

- Ahsio... commençais-je, hésitante. Je te jure que je ne savais pas. Je te le jure sur ce que j'ai de plus cher... Oh, Dieu.

J'inspirais brutalement de l'air, à bout de souffle, comme si je venais de courir un marathon. Comment avais-je pu être aussi bête ? J'étais amoureuse d'un Impérial. L'étais-je seulement encore ? Il m'avait menti, et bien menti. Certes, je n'avais pas été un modèle à côté, mais le mien était bien plus proche de la réalité...

Comment avais-je pu être aussi naïve ? Et pourquoi cela tombait-il toujours sur moi ? Sur tous les hommes de la Galaxie, pourquoi être tombée amoureuse d'un Impérial ?

Ces questionnements stériles ne me mèneraient à rien, je le savais. Mais je ne pouvais m'en empêcher. J'avais l'impression désagréable que mon monde s'écroulait autour de moi, et que ce qui restait n'allait pas tarder à tomber également.

Parce que bien sûr, dès que le Commandement serait au courant, je pouvais dire adieu à ma carrière. Je finirais à la rue, sans travail. Peut-être que le privé pourrait m'engager. Ou bien je rejoindrais Tyria, à temps plein. Ça me semblait la meilleure des solutions. Je levais de nouveau les yeux sur Ahsio.

- Bien sûr, je vais poser ma démission. Si tu pouvais ne le signaler qu'après que je l'ai fait, histoire de m'éviter la Court Martiale, ça serait gentil. Mais je comprendrais très bien si tu ne le ferais pas. J'ai été idiote. J'aurais du vérifier moi-même, mais j'espère que tu me crois quand je te dis que je ne savais pas. Je ne m'en suis pas douté un seul instant.

Il devait m'en avoir voulu en pensant que je me moquais de lui en lui donnant le faux nom de Fel. Mais il fallait qu'il me croit ! Il était la seule personne dans la République capable de me faire confiance, et en qui je savais que je pouvais avoir confiance.

- Il faut que je prenne l'air. Tu m'accordes le droit d'une dernière ballade avant de m'arrêter ? demandais-je d'une petite voix.

Je ne savais pas si cela lui ferait particulièrement plaisir de m'arrêter, mais je ne lui en voulais pas. Il ne faisait que son boulot, et si ça n'était pas lui, ç'aurait été un gars des Renseignements qui m'aurait déjà enchaîné pour "intelligence avec l'ennemi". Au moins Ahsio avait plus de délicatesse.

-Est-ce qu'on a gagné au moins ? je demandais en parlant des saboteurs.

Est-ce qu'au moins tout ça en aura valu le coup ?

Le visage de Gil -Gra'an- apparut devant mes yeux. je détournais le regard. je ne voulais plus le revoir! Je ne savais pas si je l'aimais encore, mais une chose était sûre : plus rien ne serait pareil désormais. Si mes sentiments étaient encore obscurs, j'avais deux certitudes : la première, c'est que si on se revoyait un jour, ce que je ne souhaitais pas, j'aurais deux mots à lui dire. La seconde, c'est que je ne me laisserais plus jamais avoir aussi facilement.
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Sam 17 Mar - 7:37

La nouvelle fit l'effet d'un ascenseur émotionnel à Nayeli. Lorsqu'Ahsio lui tendit le datapad, elle jubilait et le saisit impatiemment. La tristesse qu'il avait pu lire sur son visage quelques minutes plus tôt s'éclipsa pour laisse place à la joie. Mais lorsqu'elle vit les informations défiler sur l'écran, son visage se figea. Elle enleva sa main de la sienne pour s'accrocher au datapad, afin d'être certaine de ce qu'elle lisait. Son expression mêla, en quelques secondes seulement surprise, dégoût,peur, déception…

Il reprit le datapad lorsqu'elle le luit tendit et le glissa négligemment dans sa poche. Il avait longtemps hésité avant de lui révéler ce qu'il avait découvert, mais il lui semblait qu'il n'avait pas le droit de la faire attendre. Sinon elle aurait continué à vivre dans l'erreur, croyant que son grand amour était un simple marchand. Ahsio ne savait pas trop que faire lui-même : devait-il informer ses supérieurs que le commandeur des forces impériales s'était rendu sur un monde républicain incognito (car il se doutait que Nayeli l'avait rencontré sur son temps libre, et donc en permission), déjouant ainsi tous les systèmes de sécurité ?

Il s'était finalement dit qu'il garderait le silence. Son instinct avait poussé Ahsio à faire confiance plus d'une fois en quelques heures à Nayeli, et il avait eu raison, pourquoi le contredire maintenant ? Il avait le sentiment profond qu'elle était digne de confiance. D'autant plus qu'elle-même semblait lui faire confiance. De plus l'homme était reparti, et il était donc trop tard pour que les Renseignements tirent quelque chose de ces informations. Quand à la question de la sécurité, elle serait de toute façon renforcée, suite à leur mésaventure quelques jours plus tôt. Alors à quoi bon ? La seule chose qui risquerait d'arriver, ce serait la mise en examen de Nayeli, l'empêchant de piloter pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Et cela, Ahsio n'y tenait pas, elle ne tiendrait pas le coup : apprendre la mort de son enfant et la véritable identité de son grand amour en une seule journée ça faisait déjà beaucoup… Si en plus elle était suspendue, même temporairement, elle ne s'en remettrait pas.

Ahsio vit ses yeux briller, elle se retenait de pleurer.


- Oh, non.... Ahsio... Je te jure que je ne savais pas. Je te le jure sur ce que j'ai de plus cher... Oh, Dieu.


Elle avait le souffle court, aussi Ahsio ne répondit rien, lui laissant le temps de respirer. Elle regarda dans le vide un instant, réfléchissant sans doute à ce qu'elle avait vécu, essayant de prendre du recul pour comprendre ce qui s'était passé. Mais Ahsio savait que ça ne servirait à rien, seul le temps lui permettrait de faire le point. Finalement, elle leva les yeux vers lui, ayant sans doute compris cela.


- Bien sûr, je vais poser ma démission. Si tu pouvais ne le signaler qu'après que je l'ai fait, histoire de m'éviter la Court Martiale, ça serait gentil. Mais je comprendrais très bien si tu ne le ferais pas. J'ai été idiote. J'aurais du vérifier moi-même, mais j'espère que tu me crois quand je te dis que je ne savais pas. Je ne m'en suis pas douté un seul instant.


Ahsio retint un mouvement de surprise. Nayeli s'apprêtait à laisser tomber ce pourquoi elle vivait depuis son entrée à l'académie de la Flotte. Plus encore, elle pensait qu'il la mettrai aux arrêts. Il n'en avait absolument pas l'intention. Ahsio lui saisit les mains pour la rassurer mais prit une expression sévère et lui adressa la parole à son tour :


- Non. Je ne te laisserai pas démissionner. Fit-il d'une voix ferme. Le pilotage, c'est ta vie, ne le nie pas. Ce qui fait de quelqu'un un bon pilote, c'est ses nerfs d'aciers, et je sais que tu es une bonne pilote. Tu seras capable de surmonter tout ça. Et si tu en as besoin, je serais là.

Il marqua une pause, avant de reprendre, avec cette fois un léger sourire :

- Quand à ta rencontre, je me doute que tu ne savais pas. Sache que je ne te considère pas comme une espionne. Si ça avait été le cas, tu aurais eu de nombreuses occasions de te débarrasser de moi et de ma curiosité il y a quelques jours… Et jamais tu ne m'aurais demandé de retrouver cet homme. Tu n'as pas à te justifier, tu ne connaissais pas son identité. Tu as été trompée, ça aurait pu arriver à n'importe qui d'autre.
Donc non, je ne dirai rien sur cette affaire au commandement. De toute façon, il n'y a rien à dire là-dessus. De toute façon l'homme que tu as rencontré n'était qu'un marchant, n'est-ce pas ?



Il sourit. La vérité n'était qu'une question de point de vue. Nayeli avait longtemps cru avoir rencontré un simple marchand de Bespin, c'était la vérité jusqu'à ce qu'elle découvre qui il était vraiment. Mais en dehors de ce "marchand", de Nayeli et de lui-même, personne n'était au courant de son identité véritable. Alors il était inutile de crier cela sur les toits.
Nayeli se redressa difficilement sur son lit.


- Il faut que je prenne l'air. Tu m'accordes le droit d'une dernière ballade avant de m'arrêter ?



- Bien sûr ! Par contre j'ai bien peur de ne pas pouvoir t'arrêter… Je n'ai pas le pouvoir de mettre de personnel républicain aux arrêts, juste celui de descendre des impériaux. Rajouta-t-il.


Ahsio l'aida à se lever, et ils se dirigèrent vers la sortie de la pièce. Il ne lui fit pas l'affront de lui proposer un fauteuil à répulseurs. Il savait qu'elle voudrait marcher avec ses propres jambes. Et même si ça n'était pas conseillé, comme elle l'avait dit elle-même, elle en avait besoin. Ils se dirigèrent vers les jardins du centre médical, loin derrière ceux qu'ils avaient visité quelques jours auparavant, avant que les impériaux ne leur tombent dessus. Malgré tout, il s'agissait du seul coin où l'on pouvait un peu de tranquillité dans cet hôpital, et où l'odeur de bacta ou de désinfectants en tous genres ne régnait pas. Elle lui posa une question alors qu'ils marchaient :



-Est-ce qu'on a gagné au moins ?

- Oui… Je dirais que oui… L'un de nos poursuivants s'est écrasé mais en est sorti indemne. Jusqu'à ce que les agents des Renseignements le retrouvent. Ils n'ont pas eu à le cuisiner longtemps avant qu'il donne des noms et on a arrêté plusieurs des espions. Mon vieux rival est apparemment mort dans l'explosion que j'ai provoquée dans le hangar. Le Conseil ne risque plus rien, ils ont même grandement renforcé les procédures de sécurité.


Après une ballade au calme dans la végétation, ils se posèrent à la cafétéria, où Ahsio offrit un vrai repas avec de la vraie nourriture à Nayeli, et pas le concentré qu'on faisait avaler aux patients.


- Je suis désolé pour ce qui s'est passé, pour… ton enfant. Je me sens responsable de ce qui t'es arrivé. Désolé… je ne suis pas très doué pour les paroles réconfortantes, mais si je peux faire quoi que ce soit pour t'aider, je veux que tu me le dises.

Il était sincère, il souhaitait faire tout son possible pour aider Nayeli à surmonter cette double-épreuve.
Peu de temps après, un homme s'avança vers leur table. Ahsio avait tout fait pour éviter de le croiser ce jour-ci. Il s'agissait du directeur des Renseignements de la Nouvelle République. Il arborait un uniforme de général républicain : une veste grise sur laquelle on pouvait compter des dizaines de poches pouvant contenir de nombreuses datacartes, des datablocs, divers comlinks, et sans doute un pistolet blaster.L'homme s'arrêta face aux deux pilotes.


- Capitaine Nes, je vous ai cherché aujourd'hui.

- Général. Désolé, je vous ai évité. Trois jours à répéter les mêmes choses m'ont un peu fatigué. Comment m'avez-vous trouvé ?
- Je suis le chef des Renseignements, ne l'oubliez pas. Fit-il en souriant. Est-ce vous qui avez dit à l'accueil de me dire que le commandant Hawkins était à l'autre bout du complexe ?
- Oui monsieur, j'aimais l'idée de vous voir arpenter un kilomètre de couloirs avant que vous ne trouviez finalement.
- Je vous ferai exécuter capitaine Nes.
- D'accord, mais laissez-moi finir mon déjeuner… Plus sérieusement, j'imagine que vous souhaitez parler au commandant Hawkins.
- Effectivement. Il se tourna vers Nayeli. Si toutefois vous vous sentez en forme bien entendu.

Ahsio se tourna vers Nayeli. Comme il s'en doutait, son visage montrait qu'elle était contrariée. À peine sortie du bacta, à peine réveillée, à peine lui avait-on annoncé deux nouvelles graves, qu'on venait l'harceler pour obtenir des réponses. Et les seules informations qu'elle donnerait, seraient exactement les mêmes que celles qu'Ahsio avait déjà données.
Cela l'exaspérait. Il savait que le chef des Renseignements se pliait aux règles, mais il trouvait cela stupide. C'était une perte de temps que de demander à ce qu'une autre personne lui livre exactement les mêmes informations, même si cela permettait de les confronter.


- Bien j'imagine que vous n'avez pas besoin de moi alors ? Fit Ahsio en se levant. Nayeli, je reviens te voir d'ici peu. Repose-toi bien surtout.

Il se tourna vers son supérieur.

- Général.


Il se retira et quitta l'hôpital en direction de la base militaire, où il pourrait enfin se détendre un peu dans ses quartiers. Nayeli, malgré sa faiblesse apparente, allait mieux, et il retournerait la voir régulièrement pour la soutenir. Mais tant qu'elle était prise par son interrogatoire, il comptait bien redécouvrir la chose qu'on appelait le sommeil...
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MessageSujet: Re: Dans la peau des pilotes... [PV Nayeli] [SUJET CLOS] Sam 24 Mar - 4:33

Ahsio refusa tout net que je démissionne. Il me prit les mains en m'affirmant son soutien moral, ce à quoi je répondis en lui pressant doucement les mains, ne sachant quoi répondre. Je lui jetais un regard surpris et plein de gratitude. Si tout semblait s'arranger pour mon avenir à long terme, Ahsio ayant apparemment décidé de me couvrir auprès du Commandement, m'évitant ainsi une enquête pour le moins dérangeante, je ne m'en sentais pas pour autant blanchie.

J'avais en effet l'impression d'être sale, comme si être tombée stupidement amoureuse d'un Impérial m'avait entaché, marqué au fer rouge. Comme si j'allais devoir arborer les marques de la honte pendant un temps indéterminé encore. Je savais que cette histoire me poursuivrait. Si ce n'était pas par le Commandement ou les Services Secrets, ce serait aussi et surtout par moi-même. La honte de m'être faite avoir aussi facilement. De l'avoir laissé abuser de moi. Qui sait, peut-être savait-il que j'étais dans la République et avait volé des secrets ? Certes, je n'en savais pas beaucoup, mais je possédais tous les codes et autres protocoles de la Marine. Je représentais une brèche dans la sécurité, et cette idée me déplaisait au plus haut point.

Il m'aida à sortir de mon lit, puis de ma chambre pour me conduire dehors. Mes jambes n'étaient pas très stables, et je dus fréquemment m'appuyer sur son épaule pour ne pas tomber ou lorsque je ressentis quelques brèves mais intenses sensations de vertiges. Une fois sortis, j'inspirais à grandes goulées l'air frais et pur. Si il régnait dans l'hôpital une immonde senteur de bacta et de médicament, odeurs désagréables car rappelant inévitablement notre fin, ils avaient fait du bon travail en proposant dans l'atmosphère extérieur immédiat un air pur et oxygéné.

Au moins, nous avions réussi à démanteler un des réseaux Impériaux sur Coruscant. Les méthodes utilisées n'avaient apparemment pas été totalement cadrées dans les normes prônées par la République et ses belles conventions, mais au fond, je m'en fichais. C'était des terroristes, et j'avais appris jeune qu'on ne négociait pas avec ces gens-là. Si on les avait laissé agir, ils auraient assassinés la Chancelière. Ils auraient tué des innocents. On ne pouvait pas rester sans rien faire.

La fin justifiait les moyens... En quelque sorte. Quoi qu'en dise les autres, nous n'étions pas comme eux. Nous ne tuons pas les civils. Nous étions précis, méticuleux au possible, et nous faisions attention aux populations opprimées. Quand à ceux qui combattaient pour l'adversaire, ils méritaient ce qui leur arrivait. Nous étions des soldats. Je n'avais rien contre ceux d'en face, mais ils étaient l'adversaire. Ils représentaient le système que nous voulions abattre, ils en étaient les servants, et c'était notre devoir de les abattre.

Ahsio m'invita ensuite à prendre un véritable repas, pas le genre de nourriture déshydratée et sans goût qu'offrent les hôpitaux. Nous quittâmes donc les plantes vertes et aromatisées de ce parfum délicieux qu'est la chlorophylle pour nous diriger vers la cafeteria, avec ses odeurs variées de nourritures et de cuissons. C'était amusant de constater à quel points mes sensations étaient comme exacerbées depuis ma sortie de la cuve. J'entendais distinctement, voyais mieux, sentais en différenciant les odeurs, touchais avec précision, et même le goût de la nourriture semblait différent. J'en étais à là dans mes réflexions quand Ahsio poursuivit.

- Je suis désolé pour ce qui s'est passé, pour… ton enfant. Je me sens responsable de ce qui t'es arrivé. Désolé… je ne suis pas très doué pour les paroles réconfortantes, mais si je peux faire quoi que ce soit pour t'aider, je veux que tu me le dises.
- Oh, Ahsio... Tu n'as pas à t'en vouloir, dis-je en lui prenant la main. Tu ne dois pas t'en vouloir. C'est la faute des Impériaux. Je n'ai pas su me mettre à couvert comme il fallait, c'est entièrement ma responsabilité. Tu es là, et ça me suffit.

Un homme s'avança vers notre table, et j'eus aussitôt le réflexe de vouloir prendre une arme, compte tenu de notre expérience précédente. En voyant Ahsio reconnaître le nouveau venu, je relâchais ma pression sur le couteau et le laissais dans l'assiette pour tenter de comprendre qui cet homme pouvait être. Habillé en uniforme de la République, je faillis me lever pour un salut réglementaire en voyant les galons de général. De fait, ce fut surtout les protestations de mes jambes qui m'en empêchèrent.

Je saluais quand même de la main, sans pour autant réussir à me lever. Je grimaçais de douleur en sentant me blessure au ventre se réveiller, mais passait outre. L'homme possédait dans ses poches tellement d'appareils électroniques qu'il m'était difficilement concevable de se rappeler le but précis de chacun. Je souris en imaginant la scène de ce général se trompant entre ses comlinks.

Après quelques paroles échangées avec Ahsio, il se tourna vers moi, son regard inquisiteur semblant fouiller chaque recoin de ma tête. Je me sentis aussitôt mal à l'aise. Heureusement qu'Ahsio était avec moi, je n'aurais pas apprécié l'idée de me retrouver seule face au Chef des Renseignements d'après ce que j'avais compris. Ce qui ne me surprenait pas trop, Ahsio m'ayant déjà prévenue qu'il passerait.

- J'imagine que vous souhaitez parler au commandant Hawkins.
- Effectivement. Si toutefois vous vous sentez en forme bien entendu.

J'acquiesçais doucement, prétextant de devoir boire pour ne pas avoir à parler. Après tout, qu'on en finisse. Ce qui n'enlevait rien au caractère barbant et déplacé de la chose. Je savais que la République n'attendait pas, mais je venais tout juste de sortir du coma quoi !

- Bien j'imagine que vous n'avez pas besoin de moi alors ? dit Ahsio en se levant. Nayeli, je reviens te voir d'ici peu. Repose-toi bien surtout.

Je le regardais partir avec un regard de chien battu, tandis qu'il me laissait en tête à tête avec cet homme. Je lui adressais un faible signe de la main, me retenant de lui demander de ne pas me laisser seule. Après avoir salué le général, il s'en fut. Je reportais mon attention sur le général, qui s'assit à la place d'Ahsio.

- Bon très bien Commandant. Veuillez accepter tout d'abord nos plus profondes sympathies vis-à-vis de la perte de votre enfant. Voulez-vous que nous prévenions le père ?


Vide intersidéral dans ma tête. Je m'humectais les lèvres et répondis d'une voix blanche.

- Merci. Ça ira, je.... préfère m'en occuper moi-même.

- Comme vous le voulez. Bien, passons au côté administratif de la chose. Vous rappelez-vous les événements ? (J’acquiesçais.) Bien. Pouvez-vous me les raconter je vous prie ?

- Je sortais d'une simulation d'entraînement lorsque j'ai rencontré le capitaine Nes. Après quelques verres, nous sommes partis visiter les Jardins de Coruscant. Puis nous sommes allés dans un restaurant que je connaissais.
- Et c'est là que les choses se sont un peu... compliquées ?

- Oui monsieur. Des agents recruteurs Impériaux en civils ont cherchés à nous recruter, et nous leur avons faussé compagnie.
- Très bien. Continuez.
- Des soldats ont alors cherchés à nous abattre, puisque nous avions "déclinés" l'offre. Nous nous sommes échappés, un tenancier que je connais nous a prêté des armes et nous avons du voler un speeder pour nous enfuir. Le speeder a été touché et nous nous sommes écrasés sur une plateforme.


Je repris mon souffle pendant que le Général prenait ses notes.

- Là nous avons été capturés par des Impériaux, qui nous ont communiqués leur plan d'assassinat de la Chancelière. Ahsio... Le capitaine Nes a réussi à provoquer une diversion en provoquant une explosion, et nous avons rejoint un cargo. C'est là où je me suis prit un tir, et, honnêtement, je ne me souviens pas du reste.

- Je vois.


Il semblait déçu. Il me posa ensuite quelques questions techniques, sur lesquelles j'eus du mal à répondre, étant principalement concentrée sur la survie que sur la cartographie des lieux, des armes et du personnel. Au bout d'un moment, il s'installa confortablement sur son siège en posant ses notes.

- Bien, tout cela me semble correct. Avez-vous quelque chose à ajouter ? Quelque chose qui pourrait servir à la République ?


Pourquoi cette question ? Etait-il au courant pour Gra'an et moi ? Savait-il déjà ? Je pris peur, mais me forçais au calme.

- Non monsieur.


Il se renfrogna un peu plus, et je crus qu'il allait me dire quelque chose du genre "Inutile de nier, je sais." Rien de la sorte. Il se leva, me tendis une main que je serrais doucement, et repris.

- Ce sera tout commandant. Merci de votre patience. Je vais demander à vous faire raccompagner jusqu'à votre chambre. Au revoir.


Je restais assise là, me demandant encore si je ne venais pas de sceller ma carrière. Puis, avant que les medecins n'arrivent pour me ramener, je me relavais avec difficulté, et partis.

Je m'installais à l'ombre d'un bosquet, posant me tête contre l'écorce dure, et respirais.

J'étais en vie.

J'étais libre.

Plus rien ne m'arrêterais.


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